Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

09/08/2021

Lecture

J'ai commencé à lire Le pari français de Michel Albert. Il fait son analyse en 1981, voire 1982.

 

Pour lui Les trente glorieuses (pas de chômage à partir de la Libération jusque dans l'année 1974), les trente glorieuses se sont terminées peu après la guerre du Kippour en 1973, et avec le premier choc pétrolier qui s'en est suivi. Décision politique des pays arabes d'augmenter le prix du pétrole pour soutenir la Palestine ? 

 

Michel Albert raisonne à partir du système en place comme le font encore aujourd'hui les politiques. L'OCDE suit une même politique de croissance et l'on essaie d'éviter le protectionnisme.

 

 La France est pauvre en ressources naturelles dit-il, et surtout en source d'énergie, n'ayant ni le pétrole anglais, ni le gaz hollandais, ni le charbon allemand. Il estime que, à l'époque où le prix de l'énergie baissait en permanence ce n'était pas si grave, mais en revanche, à partir de 1974, les choses se sont gâtées (hostilité conséquente à cette guerre du Kippour notamment selon lui). Notre coefficient de dépendance énergétique dit-il page 34, en 1975, était le plus élevé avec celui de l'Italie pour les membres de la CEE.

 

Était-il possible d'imaginer d'autres modes de vie que celui dont il parle : "nos bureaux et nos usines", un monde  beaucoup moins compétitif, qui n'aurait pas été dans la course à la croissance ? On était dans le contexte de la guerre froide, des inimitiés donc, de la loi du plus fort ou du plus rusé et à partir de cette base qui n'en n'est pas une, rechercher avant toute chose une qualité de vie pour tous devait être compliqué.

 

La planète va sûrement nous obliger à devenir pacifiques et respectueux les uns des autres... cela passera par une nouvelle économie. Mais ça ne sera pas sans mal d'après la non préparation à d'autres paradigmes pour un monde meilleur. Comme si l'humanité intoxiquée, réclamait toujours et encore des modes de vie toxiques qu'elle sera pourtant bien obligée d'abandonner.   

12:28 Publié dans Note | Lien permanent | Commentaires (0)

07/08/2021

"Le monde du Moyen Âge est rejeté, la porte qui y donne accès est murée" ♣♣♣ La haine procède de la peur parfois

"« […] Don Quichotte commence comme une bouffonnerie, une dérision, qui n’est absolument pas œuvre imaginaire ou simple divertissement littéraire. Le plaisant autodafé des livres du pauvre hobereau, que font, au chapitre VI, le curé et le barbier, est un geste très réel : le monde du Moyen Âge est rejeté, la porte qui y donne accès est murée ; il appartient irrévocablement au passé. En la personne de Don Quichotte, une époque nouvelle persifle l'ancienne. Le chevalier est devenu un fou ; réveillée des rêves de jadis, une nouvelle génération se dresse en face de la réalité, sans déguisements ni embellissements. Dans la raillerie plaisante du premier chapitre, il y a quelque chose de l'entrée en scène d'une nouvelle époque, confiante en elle-même, qui a désappris le rêve et découvert la réalité, et qui en est fière. […] Quelle noble folie est-ce donc que celle que Don Quichotte s'est choisie comme vocation : « être chaste en ses pensées, honnête en ses paroles, vrai dans ses actions, patient dans l'adversité, miséricordieux à l'égard de ceux qui sont dans la nécessité, et enfin, combattant de la vérité, même si sa défense devait coûter la vie ». Les traits de folie sont devenus un jeu qui mérite d'être aimé car on perçoit, par-delà, un cœur pur. […] L'assurance orgueilleuse avec laquelle Cervantès avait brûlé les ponts derrière lui et s'était moqué du vieux temps, est devenue maintenant mélancolie sur ce qui était désormais perdu. Ceci n'est pas un retour au monde des romans de chevalerie, mais un éveil à ce qui doit absolument demeurer, et la prise de conscience du danger qui menace l'homme quand, dans l'incendie qui détruit le passé, il perd la totalité de lui-même. »

— Joseph Ratzinger, Les Principes de la théologie catholique, 1982"

 

 

Relire Don Quichotte 30 années après la première lecture que j'en ai faite change la perception que j'ai du livre. Je vois désormais plus un Cervantès qui se cherche à travers Don Quichotte et Sancho, à travers leur dialogue et qui sûrement aime en secret l'idéalisme de Don Quichotte, son sens de l'absolu fût-il jusqu'à la déraison. Ceux qui rient de lui, ont sans doute "bien raison" de rire. Mais n'a-t-on pas perdu la pureté en route... l'amour fou n'est-il pas à regretter ? Lla sagesse est-elle vraiment à ce prix ?

 

 

♣♣♣

 

 

Il faut savoir gérer sa peur tout le monde sera d'accord avec cela. D'autant plus que, concernant le virus Covid, pour d'aucuns, il y a de quoi avoir peur, mais il n'empêche, il faut se contrôler.

 

Hier je pense avoir eu affaire à un homme peureux, mais étant donné la colère soudaine qu'il a déversée sur moi, je ne l'ai pas compris tout de suite, ayant eu l'impression de recevoir un coup de bambou sur la tête.

 

 

 

Ce qu'il s'est passé : j'étais à la caisse, derrière un grand monsieur plutôt gros, j'avais l'air d'une épinoche à ses côtés en dépit de souffrir moi-même d'un surpoids. Ce client avait étalé ses quelques courses sur le tapis, prenant tout ce tapis pour lui. C'est rare qu'un client agisse ainsi. D'ordinaire on regroupe ses courses afin que celui ou celle qui arrive derrière ne soit pas obligé, de tout déballer au dernier moment face à la caissière, créant ainsi une sorte d'accumulation de travail pour le client qui se voit contraint de récupérer ses articles bipés à toute vitesse, à peine a-t-il déposé ses articles.

 

 

J'ai eu la mauvaise idée de déposer quelques articles sur le peu de tapis qui restait, croyant que le bonhomme du coup, comprendrait et regrouperait ses courses.

 

 

Pas de réaction de sa part. J'aurais pu donner des signes d'impatience, mais je reste zen. Évidemment il ne met pas de barre,  à laquelle je ne pouvais pas accéder de là où j'étais.

 

 

 

Le quidam d'un coup m'engueule. Manque d'égards absolu. Je n'ai pas eu peur de lui mais je me suis sentie trembler, en fait de fatigue.

 

 

 

Ensuite, le gars, droit dans ses bottes, salue la caissière, lui parle avec force amabilité comme pour marquer la différence de traitement qu'il faisait entre elle et moi. Je repère alors un atavisme. Certains villageois que décrit ma vieille mère en sont atteint. Les riches du coin, qu'elle nomme "les xxx", pratiquent le culte de l'odieux de cette façon.

 

 

Quand mon tour arrive, la caissière me dit : "j'ai rêvé ou ce monsieur vous a crié dessus ?" (il était parti quand elle a dit cela). 

 

Elle m'explique alors que depuis le début de la pandémie beaucoup de scènes de ce genre ont lieu. On est un peu dans Gorsland ou Gros land. Je comprends  alors, ("tilt !") que j'ai  eu simplement affaire à un peureux, si cela se trouve.

 

 

Consolation le soir quand je vais regonfler les pneus de mon vélo à la station essence. Un sportif athlétique arrive au même moment que nous pour gonfler les pneus de son cycle, il sourit, nous laisse passer. Physique agréable : cheveux gris argentés, œil rieur marron foncé sur visage harmonieux. Il prend gentiment le gonfleur en main pour nous aider car il estime que nous ne gonflons pas assez les pneus.

 

 

Sans mauvais jeu de mots, me voilà le moral regonflé à bloc.  

05:50 Publié dans Lecture, Note | Lien permanent | Commentaires (0)

04/08/2021

Le Télérama de cette semaine

J'ai lu l'interview du philosophe qui a renoncé à être banquier après avoir ressenti de l'angoisse en tant que futur employé, à être badgé... je retiendrai le nom du philosophe dès demain matin, en allant le vérifier dans la revue. Celui-ci se rappelle de sa lecture de l'Étranger, de Camus, de l'indifférence aux cris de haine du héros de Camus au moment de son exécution. Ce doit être pourtant pénible d'entendre autrui crier sa haine à son encontre. Comment rétablir l'amour initial ? Jésus n'y a pas réussi le jour de son passage en croix, où le public réclamait que l'on sauve un tueur avéré et qu'on le tue, lui, qui avait guéri tant de monde auparavant, en guise de signe du Royaume de Dieu. Pourquoi n'a t-il pas voulu tenter quoi que ce soit pour inverser le cours des choses ce jour-là, cela reste à méditer.

 

La revue Télérama parle de rencontres dans ce numéro. Elles sont toutes peu ou prou essentielles entend-on.  Il y a cette rencontre d'un anthropologue du Nord de la France, avec une nouvelle tribu de Papouasie. Dans cette tribu, ils sont cannibales, mangent les ennemis qu'ils ont vaincus, même les bébés. Y a-t-il quelque chose à comprendre ? On n'est plus dans la haine dans ce cas de figure, mais dans quoi exactement ?

Le vaincu devient la viande nourricière par on ne sait quel tour de passe passe de l'esprit. L'anthropologue dit qu'il n'a pas à juger mais à comprendre.

"Pas à juger", dans le sens "je n'ai pas à leur faire la morale, à condamner cette pratique..."

Cela fait partie de leur culture depuis toujours. Alors, qui dit culture dit acceptation des choses telles qu'elles sont. Et donc, pas de jugement. Cela pose tout de même question, non ? D'ailleurs cette pratique cannibale ne se fait plus chez eux je pense depuis belle lurette.

 

 

 

En fait, on ne peut s'empêcher de trouver cette pratique incompréhensible malgré les efforts pour ne pas juger. Incompréhension aussi côté catholiques pratiquants quand il s'agit "du corps du Christ". Le rituel "prenez et mangez car ceci est mon corps, prenez et buvez car ceci est mon sang" pose question.

 

Aimer l'autre, c'est justement ne pas le manger, le consommer. Le faire vivre en soi, en son cœur, telle est la demande de Jésus à retenir à mon sens. J'ai rencontré des gens qui ont la foi chrétienne, comme le moine, l'autre jour, à l'aspect oriental. Brève rencontre, mais qui m'a permis de comprendre tout de suite qu'il le portait en lui, bien vivant. Il ne l'avait donc pas mangé, tout au contraire.

 

Télérama de cette semaine parle aussi des gens qui ont vu des OVNI. Je lirai cet article demain.

 

 

 

   

01:51 Publié dans Note | Lien permanent | Commentaires (0)