Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

09/06/2020

Le bon coin

Je me retrouve ici volontiers. Je livre parfois ici, non pas des états d'âmes mais de la pensée. Aujourd'hui j'ai envie de m'exprimer sur le racisme, vu de la France via la télévision et les médias de France. On entend quelques voix originales, qui en même temps ne manquent pas d'intérêt. Pour le reste il me semble que certains porte-parole, que les médias invitent tout le temps et que l'on voit se plaindre à longueur de temps sont un peu gonflés, tels des enfants gâtés qui ne veulent décidément pas avoir la moindre pensée pour ceux qui sont toujours cachés, dans des centres réservés aux handicapés notamment ou sensés l'être. Ceux-là seront d'autant mieux oubliés qu'une mastodonte des médias ou une autre s'ingénieront à inviter de façon récurrente sur leur plateau télé qui ressemblent de plus en plus à des cabinets réservés, tel "autiste surdoué ou trisomique surdoué" pour, à mon sens mieux ne pas parler de ceux qui croupissent, tels Louis 17, dans tels ou tels mouroir. La télé en ce sens, parlant du racisme parle toujours des mêmes victimes d'un seul racisme et oublient toujours les mêmes autres victimes d'autres racismes.

Voilà, ma foi, cela fait du bien de se faire son petit plateau ici, en toute discrétion. La consolation : pour  les cas majoritaires, vivre caché, à l'abri du tapage fou des médias, c'est garantir son bonheur, une possibilité de recueillement qui est si précieux. Il n'empêche que les médias devraient avoir plus de courage pour se confronter à l'oubli. Oublier des personnes, finit par passer à la trappe une part de soi-même et à mon sens cela vous reviendra dans la tronche à un moment ou un autre. Pensons-y.  

 

05:03 Publié dans Note | Lien permanent | Commentaires (0)

04/06/2020

Petit extrait de l'interview récente de Donna J. Haraway

 

L'intégral de l'interview se trouve dans le Télérama n° 3673, celui de la semaine du 8 au 12 Juin.

 

 

Weronika Zarachowicz demande à Donna J. Haraway :

 

 

Comment vivez-vous ces temps de pandémie ?

 

 

Sa réponse  :

 

 

Le trouble a commencé bien avant le Covid-19. Nous vivons tous au milieu d'un monde abîmé par les extractions et les exterminations du vivant, en plein dans la sixième extinction de masse que connaît la Terre. Mais cette pandémie lui donne une nouvelle intensité, que nous expérimentons avec une disparité très perturbante. J'habite à Santa Cruz, une petite ville sur la côte californienne, avec un compagnon formidable, deux chiens, je suis entourée de verdure, je vois pousser mes légumes de printemps. Ma vie de confinée est plus isolée mais mon refuge est très agréable. Le fossé est immense entre ma situation personnelle et ma conscience de la souffrance provoquée par la maladie et le désastre économique. Plus d'un million d'Américains sont touchés par la pandémie, dont plusieurs amis et collègues ; plus de cent mille personnes en sont mortes... Ce décalage provoque un trouble profond. Mais il faut vivre avec, et tenter d'y répondre, ensemble.

 

 

Commentaire : la fin des égoïsmes, la fin des rapports dominants/dominés, bref une amorce vers la fraternité. Bravo.

04:12 Publié dans Lecture, Note | Lien permanent | Commentaires (0)

30/05/2020

Le racisme en cause

"By Kassandra Frederique, May 29, 2020

 

The drug war did not create institutional racism or disregard for Black life in the US. However, it feeds and bolsters the racist structures that snuff out Black life daily. This tragic case is no different. Officer Thao invoking drug use as a warning to bystanders and later as pretext for Mr. Floyd’s death is unconscionable, but the real cause of his death was his brutal mistreatment at the hands of police who repeatedly ignored not only his desperate pleas for mercy but also those of bystanders. The real danger we should be drawing awareness to is not drugs, but the ways in which the color of one’s skin, one’s perceived gender—as our trans siblings know all too well (NP : comme nos frères et nos sœurs trans ne le savent que trop bien) —or one’s socio-economic status make them a target for harassment and, far too often, death."

 

Commentaire : lutter contre le racisme c'est lutter contre nos essentialisations concernant tel ou tel groupe humain. Pour d'aucuns ce sera une aversion contre les noirs, pour d'autres une aversion par exemple contre les "sales pauvres", pour d'autres encore une aversion contre les "blouses blanches", et la liste des aversions est longue. Combattre le mal en soi pour s'ouvrir aux autres, facile à dire mais pour certains cela semble dramatiquement difficile, un homme blanc qui étouffe peu à peu un homme noir suppliant miséricorde. Miséricorde en effet, soyons les vainqueurs de nous-mêmes pour faire rayonner la beauté par la bonté.

 

Le beau et talentueux Chuck Berry  :