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18/12/2021

Pierre Emmanuel

De Pierre Emmanuel, je lis ce soir un poème dédié à Claude Vigée. Le poème est intitulé Interrogatoire. Je recopie ici la troisième partie du poème :

 

 

Est-il besoin d'océans de semence

Pour contenir la postérité d'Abraham ?

Il y suffit d'un pleur de la rosée

Encore faut-il que ce pleur soit versé

Pour que s'infuse en lui l'aube première

 

 

Celui qui laisse une femme au matin

Fraîche et mouillée comme rose au jardin

Il est le père de tous les hommes

Il est fondé sur l'orgueil de ses reins

La glorieuse humilité de ses reins

Il est le même innombrable il est Un

Multiplié par le ciel plein d'étoiles

Et par l'écume au ventre de la mer

 

 

 

Homme debout telle une forêt d'hommes

Quand il dit Je chacun se nomme en lui

Sa frondaison bourgeonne de visages

Quêtant ses yeux pour s'y voir définis

Oui vraiment Je que nul moi n'incarcère

Centre parfait qui rayonne et s'oublie

Il a le temps d'être un dans tous ses frères

Et tout entier ici et maintenant

Foyer infime et raison de la sphère

Il est élu de l'éternel présent

 

(Versant de l'Age, éd. du Seuil)

 

https://fr.wikipedia.org/wiki/Pierre_Emmanuel

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08/12/2021

Réhabilitation par Yannis Ritsos

Réhabilitation
 


Il n'aimait pas du tout les oiseaux, les fleurs, les arbres qui deviennent des symboles, que des camps tout à fait opposés exploitent pareillement. Lui, il essayait de leur restituer leur vraie nature, leur substance. Pour prendre l'exemple des colombes,
il n'en faisait pas un slogan pour divers congrès, mais
de beaux oiseaux amoureux, au pas lourd, qui ne cessent de se becqueter dans la cour et jonchent le dallage de fientes et de plumes (elles me plaisent ainsi) ;
ou tout au plus de petits facteurs qui transportent au-dessus des sphères célestes
les lettres que les enfants pauvres adressent à Dieu pour lui demander
des cahiers, des chaussures et quelque bonbons. Les lys,
non pas des emblèmes de la chasteté mais des plantes
odoriférantes,
toute sensualité, avec leurs pétales grands ouverts
laissant voir leurs étamines tendues de pollen d'or. Et l'olivier, non pas une récompense de victoire ou de paix mais le père fécond qui donne l'huile pour notre repas ou notre lampe,
pour le prurit du bébé ou le genou blessé
de l'enfant
inquiet, désobéissant, ou encore
pour l'humble veilleuse de la Vierge. Et moi -dit-il -
nullement un mythe, un héros ou un dieu, mais un simple ouvrier
comme tout un chacun - un prolétaire de l'art
toujours aussi amoureux des arbres, des oiseaux, des bêtes et des gens,
amoureux avant tout de la beauté des pensées pures
et de la beauté des corps juvéniles - un ouvrier
qui écrit, écrit sans relâche pour tous et à tout propos
et dont le nom est aussi bref que facile à prononcer ; Yannis Ritsos.

10:56 Publié dans Poésie | Lien permanent | Commentaires (0)

04/12/2021

Poèmes de Nérée Beauchemin ♣♣♣ La mentalité économique dominante ♣♣♣ Les ombellifères

Ici :

 

https://www.poesie-francaise.fr/poemes-neree-beauchemin/

 

La mentalité économique dominante :

 

https://questions.aleteia.org/articles/86/le-prix-exprime...

 

Les ombellifères peuvent tuer pour certaines d'entre elles :

 

17:32 Publié dans Poésie | Lien permanent | Commentaires (0)