Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

02/08/2018

"Ma" poète bien aimée

 Les trois premières strophes en anglais sont suivies de ma traduction en français. J'ai mis le lien pour le poème intégral qui  fait suite au  texte Sandpiper sur lequel le lien mène, Sandpiper, que j'aime aussi énormément mais qui demande plus de temps à traduire d'emblée. Si vous aimez vous aussi la musicalité de la langue anglaise, c'est audio.

 

"What is that great bird, sister, tell me,
Perched high on the top of the crag?"
"'T is the cormorant, dear little brother;
The fishermen call it the shag."

"But what does it there, sister, tell me,
Sitting lonely against the black sky?"
"It has settled to rest, little brother;
It hears the wild gale wailing high."

"But I am afraid of it, sister,
For over the sea and the land
It gazes, so black and so silent!"
"Little brother, hold fast to my hand."

 

 

"Quel est ce grand oiseau, ma sœur, dis-moi,

perché tout là-haut au sommet du rocher ?"

"C'est le cormoran, cher petit frère,

Les pêcheurs l'appellent le shag."

 

"Mais que fait-il là, ma sœur, dis-moi,

assis seul contre le ciel noir ?"

"Il s'est installé-là pour prendre du repos, petit frère,

Il écoute gémir la violente tempête."

 

"Mais il me fait peur, ma sœur,

car il regarde par-dessus la mer et la terre,

si sombre et silencieux."

"Petit frère, tiens-moi fermement la main."

 

https://www.poemhunter.com/poem/the-sandpiper/

09:26 Publié dans Poésie | Lien permanent | Commentaires (0)

06/06/2018

les béquilles ♣♣♣ Poésie ♣♣♣ Les colibris

 Je me suis avoué ce matin que oui, quand on avance en âge, mais pas que, on a besoin de béquilles : par exemple les lunettes. Je les ai trouvées de suite sur le buffet tout à l'heure. En fait, je ne les cherche jamais bien longtemps, hormis une fois ou deux où cela a pris une demi-heure si je me souviens bien. Il n'empêche que durant les trente secondes où je les ai cherchées j'ai pensé à ce besoin de béquilles : sans mes lunettes je ne peux pas lire un livre qui possède des caractères ordinaires. Je vois mal à l'ordi, à moins de tout grossir à l'aide de la roulette de ma souris.

 

"Ma souris", "mon ordi", voilà encore des béquilles !

 

 

Donc on pourrait dans l'absolu appeler certains objets "Vénérables", tant ils nous rendent service,  vus sous cet angle, en raison même de notre vulnérabilité.

 

 

Par exemple, pour aller plus loin, pousser plus loin la réflexion : je crois au Christ parce que j'ai besoin d'une béquille ? À quoi je réponds :

 

"... là c'est autre chose."

 

Il y a une puissance de bonté que je vénère et/ou que j'aime de tout  cœur et le Christ l'incarne... par contre dans mes "vénérables lunettes", il n'y a pas de "puissance de bonté", pas de conscience à vénérer.... J'aime le Christ non par besoin mais par adoration.

 

 

Je continue mine de rien sur le sujet en considérant le rapport de certaines personnes avec les ânes car j'ai vu un reportage hier là-dessus. La fonction que remplissent les ânes auprès de la jeune allemande dans ce reportage Arte est celle de lui apporter une présence quasi céleste, qui comble sa vie de bonheur. On la voit de temps à autre couvrir le front d'un âne de  bisous...Ces animaux, ses ânes, tels "Césame ouvre-toi", la suivent, confiants.

 

Elle donne des indices sur leur psychologie. Par exemple quand les ânes n'avancent pas alors que vous tirez sur le licol, ce n'est pas pour faire un caprice  ou parce qu'ils sont têtus mais parce que, pour une raison ou une autre, ils pensent que leur sécurité est en danger.

 

 

Les ânes veulent rarement traverser un ruisseau à gué. Pourquoi ? parce qu'ils ne veulent pas s'aventurer dans l'eau, n'étant pas sûrs de sa profondeur, ni de leur qualité de nageurs. Donc il faut les faire passer sur un pont qui enjambe le ruisseau. 

 

 

Il a été constaté qu'ils ont beaucoup de mémoire : peut-être une mémoire inscrite dans les gènes qui leur fait se souvenir instinctivement que l'un d'eux, trop chargé, n'a pas été suffisamment bon nageur pour se tirer d'affaire lors de la traversée d'un ruisseau qui d'un coup aurait recelé un trou d'eau qui aurait contraint l'âne aventureux à nager.... sans succès. C'est une supposition.

 

 

Dans ce reportage on informe aussi par rapport à leur mémoire que, s'ils vous fréquentent juste un peu : 25 ans après ils savent vous reconnaître.

 

 

Des scientifiques passionnés d'ânes (parce que oui, il y a aussi ce genre de scientifiques) ont même trouvé en analysant leurs grandes oreilles qui pivotent indépendamment l'une de l'autre, que, dans le désert, un âne peut entendre un congénère à une distance de  90 km.

 

J'avoue que j'aime moi aussi beaucoup ces animaux, avant d'avoir été au courant de "leur capacité d'écoute" extraordinaire.

 

La jeune femme allemande qui élève chez elle des ânes avec son mari a dit notamment : "Les mauvaises langues disent que les ânes sont des substituts d'enfants pour moi. C'est faux. J'ai toujours préféré avoir des ânes plutôt que d'avoir des enfants."

 

 

Elle n'a même pas cherché à avoir des enfants ! Et alors ? la planète est suffisamment peuplée sans qu'on lui fasse pression  pour avoir des enfants. Chacun sa vocation.

 

Revenons à mon sujet initial, celui des béquilles : les ânes pour cette jeune femme, en sont-ils ?

 

Je réponds : ils n'en sont pas plus que pour certaines personnes leurs enfants.

 

 

Si on entend par béquille : besoin de tel ou tel être affectivement pour vivre heureux ou heureuse, alors beaucoup de monde a besoin de béquilles. Les parents en sont pour les enfants, parfois les enfants en sont pour les parents.

 

Il reste qu'il y a béquille et béquille... entre une paire de lunettes et un âne il y a une différence d'âme par exemple.

 

Passons par le chemin de l'humour pour poursuivre la réflexion.

 

 

Les lunettes peuvent-elles entendre l'appel au secours d'un congénère, en l'occurrence une autre paire de lunettes, (ou  l'appel de leur propriétaire à demi aveugle parce qu'il les a perdues de vue), qui plus est, à 90 km à la ronde dans le désert ? Non, bien sûr. L'âne, si.

 

L'âne a-t-il besoin d'une paire de lunettes ? Pas forcément. Mais la question reste à étudier, les ânes étant différents entre eux, ayant leur personnalité propre et leur singularité, certains peuvent être myopes. C'est leur droit.

 

 

Prenons un virage dans l'absurde mais restons dans la réflexion avec cette considération :

 

 

Les lunettes n'ont quant à elles besoin ni d'âne ni de personne car en tant qu'objet, tout comme les béquilles, si un vivant a besoin d'elles, les objets n'ont eux, besoin de personne. Même quand ils  sont cassés, car ils s'en fichent qu'on les répare ou non. Je dis "ils s'en fichent" comme si je leur supposai une conscience... disons plutôt : ils ne sentent rien et donc zéro besoin d'être ou pas réparés.

 

Les bouddhistes penseraient que les objets ont une âme et donc "ne s'en ficheraient pas", ou plutôt, sentiraient quelque chose... j'emploie le conditionnel car je ne suis pas certaine de cette allégation au sujet des bouddhistes.

 

 

Nous entrons encore dans le domaine de la croyance. Pour ma part je pense qu'à force nous pouvons remplir un objet aimé de nos ondes d'affection, si bien qu'avec certains êtres, "agis" par exemple par des fées ou des sorcières ou des babouchkas, on voit ceux-ci bouger "tout seuls" dans certains contes auxquels d'aucuns croient,  et même on entend certains témoignages de faits qui seraient catalogués comme  réels, comme quoi des objets ont été vus se téléportant sans moteur ou s'envolant toujours sans moteur (comme dans Harry Potter), ou simplement bougeant frénétiquement comme dans les séances de spiritisme d'après certains...  les objets pourraient acquérir du mouvement sans avoir un moteur électrique vissé sur eux (comme on en trouve caché dans les vélos de course),  mais juste parce que, selon ce que j'en pense, l'esprit d'un vivant "se prolongerait jusqu'à eux", les agirait : ils se meuvent alors sans s'émouvoir ! Un comble ! Les bouddhistes iraient plus loin et diraient que si : ils peuvent avoir une âme. Cela parce que des esprits pourraient les habiter ? 

 

 

Revenons à nos "béquilles",  mes lunettes sont à mon sens respectables, comme les guitares, sauf qu'avec ces dernières il faut en faire un instrument, c'est-à-dire apprendre à en jouer pour en être les heureux propriétaires. Ceux qui les brisent après avoir joué dessus ne les respectent pas. Or je pense que tout objet a droit à une forme de considération respectueuse, nous avons une responsabilité face à lui. Oui, nous devons aussi respecter nos béquilles-objet (celles qui ne sont pas de l'ordre du vivant). Du fait que les objets rendent service et aussi, ont une incidence sur la planète : ne pas les casser pour ne pas avoir à en refaire d'autres, en surplus, afin de ne pas polluer la planète. 

 

 

Objets-béquilles, êtres béquilles... Quelle histoire ! et l'autonomie totale existe-t-elle ?  Dans l'au-delà alors, hors du corps béquille ? Dans l'amour, dans la lumière, dans l'adoration. 

 

Ma note est terminée.

 

                                         ♣♣♣

 

Je mets ci-dessous la dernière strophe d'un poème lu sur Regard sur une vis sans fin, de Loup Francart :

 

"Où donc aller sur ce chemin sans faille
Qui ne conduit qu’à la fin des temps
Quand tout sera consommé, y compris la mort
Que verra-t-on alors au bout de la peine ?
Le sais-tu toi qui contemple chaque jour
Les humains qui se démènent et s’invectivent
 Ou encore qui s’entraident et se bénissent
Apportant lumière ou obscurité
Dans la pâle lueur du jour qui se lève"

 

Mon commentaire : texte émouvant mais n'oublions pas de contempler tant d'autres êtres qui ont du ciel dans les yeux.... comme les ânes, les biches, et tant d'autres animaux... à quatre pattes mais, oui, qui recèlent du ciel. Resèment du sel.

 

                                           ♣♣♣

Le colibri accomplit d'étonnantes performances sportives... à côté d'eux nous sommes  "chétifs",  toujours en terme de performance sportive, nous sommes même débiles à côté du colibri, en effet nous ne pourrions jamais voler (en avion pour nous qui avons décidément besoin de béquilles), autant de km qu'eux, sans nous arrêter ! Et ils se nourrissent de trois fois rien  qui plus est, que les fleurs leur offrent, pas besoin de MacDo les concernant. Des cadeaux célestes.

Vous saurez tout sur le colibri, ici :

 

http://www.oiseaux.net/oiseaux/colibri.a.gorge.rubis.html

  

11:17 Publié dans Note, Poésie | Lien permanent | Commentaires (0)

04/06/2018

Action de grâces lue sur Hozana

 

Fernand Mazade.

 

Action de Grâces


Seigneur, merci des royaux attraits

Que ce matin vous offrez au monde :
Baisers du vent, caresses de l'onde,
Chaleur du ciel, fraîcheur des forêts,
Presqu'île bleue et montagne blonde.



Merci d'avoir lâché des oiseaux
Qui chanteront jusqu'aux crépuscules,
D'avoir fleuri tant de campanules,
D'avoir semé parmi les roseaux
De la rosée et des libellules.



Merci d'avoir gardé ma raison
Contre l'assaut des troubles armures,
Les baladins, les mauvais augures.
Merci d'avoir mis dans ma maison
Le fruit suave et les boissons pures.



Et cet amour (je suis étonné
De cette flamme auprès de la mienne),
Ce jeune amour d'une enfant chrétienne,
Merci, Seigneur, de l'avoir donné
Aux vœux d'une âme à demi païenne

Fernand Mazade (1861/63-1939

 

Oxygène, respire ici lecteur, lectrice.

16:44 Publié dans Poésie | Lien permanent | Commentaires (0)