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28/08/2020

Poésie autour de l'eau et autour du vent ♣♣♣ Fleurs noires ♣♣♣ Réflexion sur le port du masque ♣♣♣ Audio

 

 

 

 

♣♣♣

 

 

L'ombre craque ... et par les fissures elle pousse lentement ses racines dans la lumière pour engendrer de sombres fleurs. Mais toutes les fleurs sont belles, même les fleurs noires qui poussent dans la boue de la nigredo alchimique.

Ariaga (Ariane Callot) Texte et photo.

 

 

Celui que j'aimais, que j'aime et que j'aimerai dans un temps qui n'existe pas était un oiseau aux ailes trouées.

 

Franchissant une porte que l'on ne peut passer à deux, une porte vers ce lieu oublié d'où nous venons et où nous allons, il est parti le premier à la recherche d'une paire d'ailes neuves.

 

Au moment de franchir le seuil étroit, il s'est un instant retourné  et son regard me disait ne t'en fais pas je t'attendrai.

 

Ariaga (Ariane Callot)

 

http://www.ariaga.net/2020/06/fleurs-noires.html

 

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Réflexion sur le port du masque. Ici :

 

http://lejourou130113.hautetfort.com/archive/2020/08/21/j...

 

♣♣♣

 

Ouvrons nos oreilles, l'auteur lit ses poèmes :

 

 

 

Jeremy Michael Clark

17/08/2020

Poésie lue ce soir ♣♣♣ Les HP

 

Extrait de Peuple du ciel de Le Clézio :

 

 

"C'est toujours comme cela, au début, avec la lumière qui tourne autour d'elle, et qui se frotte contre les paumes de ses mains comme les chevaux du vieux Bahti. Mais ces chevaux-là sont encore plus grands et plus doux, et ils viennent tout de suite vers elle comme si elle était leur maîtresse.

 

 

Ils viennent du fond du ciel, ils ont bondi d'une montagne à l'autre, ils sont bondi par-dessus les grandes villes, par-dessus les rivières, sans faire de bruit, juste avec le froissement soyeux de leur poil ras.

 

 

Petite Croix aime bien quand ils arrivent. Ils ne sont venus que pour elle, pour répondre à sa question peut-être, parce qu'elle est la seule à les comprendre, la seule qui les aime. Les autres gens ont peur, et leur font peur, et c'est pour cela qu'ils ne voient jamais les chevaux du bleu. Petite Croix les appelle ; elle leur parle doucement, à voix basse, en chantant un peu, parce que les chevaux de la lumière sont comme les chevaux de la terre, ils aiment les voix douces et les chansons.

 

 

"Chevaux, chevaux,

petits chevaux du bleu

emmenez-moi en volant

emmenez-moi en volant

petits chevaux du bleu"

 

 

Elle dit "petits chevaux" pour leur plaire, parce qu'ils n'aimeraient sûrement pas savoir qu'ils sont énormes.

 

 

C'est comme cela au début. Ensuite, viennent les nuages. Les nuages ne sont pas comme la lumière. Ils ne caressent pas leur dos et leur ventre contre les paumes des mains, car ils sont si fragiles et légers qu'ils risqueraient de perdre leur fourrure et de s'en aller en filoselle comme les fleurs du cotonnier.

 

 

Petite Croix les connaît bien. Elle sait que les nuages n'aiment pas trop ce qui peut les dissoudre et les faire fondre, alors elle retient son souffle, et elle respire à petits coups, comme les chiens qui ont couru longtemps."

 

Page 225/226 Extrait du conte Peuple du ciel, du livre Mondo et autres histoires. Le Clézio.

 

♣♣♣

 

Je lis deux livres en cette période, passant de l'un à l'autre : Mondo et autres histoires, de Le Clézio et Zébraska, d'Isabelle Barry que j'ai commencé à lire jusque la page 46, dans l'ordre, et que je continue à lire en diagonale, avant de le reprendre dans l'ordre, en suivant les pages normalement.

 

Le Clézio, c'est l'imagination qui rejoint un réel autre, à mes yeux. Tandis qu'Isabelle Bary parle de son expérience de mère vivant avec un HP par le biais de personnages, inspirés par son fils HP, et son entourage. Elle y parle des difficultés à ne pas souffrir quand on est la mère d'un enfant différent. HP ne signifie pas que l'on a mis son surdoué de matheux de fiston en HP, mais qu'il est qualifié de "Haut Potentiel". Si j'ai bien compris, mais je dois reprendre les choses dans l'ordre avant d'affirmer, (donc À vérifier), l'enfant HP en question a une sorte de calculette dans la tête, lui permettant de faire des calculs à toute vitesse. Par ailleurs, il est un peu maladroit dans la vie ordinaire, et du coup, l'entourage scolaire se moque de lui. Il demande (page 235/236) à ne plus aller à l'école car il en a assez des moqueries des autres mais sa mère insiste pour l'y laisser.

"Tu serais tout seul", lui dit-elle, à quoi il répond qu'il ne voit pas le problème.

À quoi la maman rétorque : "Le collège, c'est un peu une école de vie, un brouillon pour apprendre à te faire une place dans la société.  Ça t'apprend à vivre avec les autres..." etc.

 

Alors le HP ainsi catalogué dans le livre répond qu'il aimerait se retrouver en cours avec des gens comme lui. La mère lui dit que non, car ce n'est pas la vraie vie.

 

C'est alors que moi, lectrice de Zébraska, je me pose la question des HP car la maman, héroïne du livre, étant infirmière ne saurait pas qu'il y a moult endroits conçus pour mettre ensemble des personnes, parfois dès leur plus jeune âge,  qui sont jugés comme étant "pareilles", ayant certaines caractéristiques communes,  et donc mises au final à l'écart des autres. L'auteur a l'air de penser me semble-t-il, que la société proposerait aux enfants jugés différents des lieux de vie parmi les autres enfants, jugés comme normaux. Or je pense que ce n'est pas le cas. Il me semble que les enfants sont assez vite ghettoïsés en vrai, dans nos sociétés. À moins qu'en Belgique, pays de l'auteure, il n'y ait pas de centres dits spécialisés ? Mais bon. Je me promets de lire attentivement le livre.

 

Et aussi, nous sommes de toute façon dans une société de gens mis selon les "catégories", très hiérarchisée, en général. Hormis parfois dans le milieu des marins bretons. Où les gradés communiquent dans la vie ordinaire avec les marins qui ne sont pas au commandement.  

 

Avec Le Cézio, je suis sur la même longueur d'onde. Il embarque en poésie et je suis toujours partante pour embarquer en poésie.  

 

Et j'aime aussi la mer avec les bretons et les bretonnes marins :

 

  

 

 

05:18 Publié dans Poésie, vidéo | Lien permanent | Commentaires (0)

08/08/2020

Lu

À propos d'une histoire de Le Clézio, j'ai lu ceci dans Babelio, qui traduit un peu de ce que j'ai ressenti à la lecture de Mondo :

 

"Les contes de Le Clézio, qui semblent nés du rêve et du recueillement, nous parlent pourtant de notre époque. Venu d'ailleurs, Mondo le petit garçon qui passe, Lullaby la voyageuse, Jon, Juba le sage, Daniel Sindbad qui n'a jamais vu la mer, Alia, Petite Croix, et tant d'autres, nous sont délégués comme autant d'enfants-fées. Ils nous guident. Ils nous forcent à traverser les tristes opacités d'un univers où l'espoir se meurt. Ils nous fascinent par leur volonté tranquille, souveraine, accordée au silence des éléments retrouvés. Ils nous restituent la cadence limpide du souffle, clé de notre âme."

 

Mondo, le petit garçon qui n'a pas peur, qui interpelle. Qui a des cheveux de cendre, en fait intemporel. Il traverse une ville, se cache des fonctionnaires de police qui embarquent tout ce qui ne plaît pas. Il me semble qu'une asthénie foudroyante terrasse un moment Mondo, à la faveur de laquelle les pouvoirs publics l'attrapent avec pour but de le faire rentrer dans le moule... mais mystère, Mondo disparaît. Il quitte la ville on ne sait comment. Est-il une émanation de la force divine ? Les citoyens, dont il dérangeait certains éprouvent tous un manque à sa disparition, comme si la lumière s'était voilée... 

J'ai été très touchée par la poésie de ce conte, intitulé Mondo. Aussi, je vais lire les autres.

 

Mystère de la poésie ou mystère de la beauté, qui fait des vagues, la vie remue, le monde vibre peu à peu, le rythme du cœur ralentit, s'accélère, puis s'accorde... Mondo s'élève tout seul, il est une intelligence faite d'une autre perception du réel et il met à distance. Quand on lui met le grappin dessus, sa présence magique est mise à mal... c'est le sacré dont Le Clézio parle avec Mondo. Ce faisant, il parle aussi des sacrilèges que commet la société en enfermant, en voulant faire disparaître les récalcitrants "au moule".   

05:09 Publié dans Poésie | Lien permanent | Commentaires (0)