07.05.2008
Printemps
Crépitements de ruche traversés de chants d’oiseaux
pleins de vitalité cordiale
l’air vibre du bruissement de mille réveils.
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30.04.2008
Vu à la télé
Vu hier soir sur la 2, un téléfilm au sujet de la prostitution au XIXe siècle, en maison close. Les femmes montrées comme étant à l’abri de conditions plus difficiles, vivaient en bonne entente ; le client (à ménager cela va de soi) n’avait rien semble-t-il de redoutable. L’ambiance était plutôt bon enfant. Pas de jalousie entre filles mais au contraire beaucoup de candeur, de fraîcheur en somme. La méchanceté était plutôt dehors. Une perception des choses qui se défend. Hélas aujourd’hui, il s’agit plutôt de trafic humain.
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17.04.2008
Lecture
Une fois passé le cap de « l’étrange fête du domaine perdu », j’ai trouvé Le Grand Meaulnes de nouveau captivant à lire.
François semble maîtriser mieux que les autres ses émotions : il partage les soucis des amoureux, essaie de les aider en toute loyauté. Ce en quoi il est l’exact contraire de Frantz de Galais, le troisième protagoniste, dont l’égoïsme n’a pas de limite quand il s’agit de retrouver sa fiancée. Le dévouement de François pour Meaulnes se nourrit de la reconnaissance qu'il éprouve envers celui qu'il considère comme le frère tant attendu. Meaulnes l’aide à se construire en lui confiant certaines expériences, (en différé et par écrit pour les plus difficiles). La complémentarité des deux jeunes hommes est rafraîchissante. Je relirai souvent Le grand Meaulnes.
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16.04.2008
Perception
Un Arlequin se trouve à la fête du Domaine perdu dans le roman d'Alain-Fournier, comparse toujours intrigant dans le carrousel des salles de réception. Le grand Meaulnes va l’éviter, alors qu’il recherchera la présence de Pierrot, lui courant même après dans les corridors de la grande maison. Il n’en fallait pas moins finalement pour attirer mon attention sur Arlequin et supputer celui du Grand Meaulnes. À quoi l’a-t-il renvoyé ? Que se cache-t-il dans le silence de cette brève apparition ?
La « mise en pièces du costume » peut évoquer la précarité d’un bric-à-brac qui ne tient qu’à un fil ; la disparité des couleurs, le refus de choisir. Refus qui peut être engendré par l’incompréhension de certains évènements ou choses perçues comme insolites, ce genres de choses bizarres qui justement arrivent au Grand Meaulnes depuis quelques jours à ce moment là.
Arlequin a du courage, il en faut pour faire le pitre après tout, mais l’indécision des couleurs du costume reflète celle du personnage jusqu’à en faire un parangon de la bêtise aux yeux de beaucoup. Du Grand Meaulnes probablement aussi, qui ne sait plus très bien où il en est, ni même ce qu’il fait là et a donc plutôt besoin d'autres symboles...la lune, les étoiles, et un Pierrot éclaireur font mieux l'affaire. Malgré sa tête enfarinée Pierrot est nettement plus rassurant ; si son accoutrement en noir et blanc n’est pas gai, il lui donne du moins, une certaine allure, une contenance dans la peine, témoigne d’une sobriété qui le rend consolable malgré son air penaud.
La perception du personnage d'Arlequin a évolué depuis le temps, aujourd’hui il incarnerait bien les conséquences de la désinformation.
16:37 Publié dans Note | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
14.04.2008
tromper le temps
Parfois les visages réussissent à donner l’illusion de l’éternelle jeunesse où le temps semble coincer sa bulle dans les miroirs. C’est plutôt agréable sauf que le temps passant, hélas malgré tout ! le dernier souffle finit par la faire s’envoler au-delà du miroir. Resteront post bullem, d’autres arrêts sur images. Reflets changeants à la maîtrise d’autres astuces ou techniques à se jouer du temps grâce à la photographie, gardienne sélective d'une certaine mémoire. Photographies qui se débrouillent pour rattraper au mieux les souvenirs que le courant voudrait emporter loin, très loin … dans le temps, au point ultime de l’oubli ? Vaine tentative si ce n'est que cela car l'essentiel n'est sûrement pas dans l'image.
14:09 Publié dans Note | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Confiance
La confiance d’un petit enfant est "à bandon", innocence. Qui la perçoit aiguise son regard sur le monde …
11:01 Publié dans Note | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
09.04.2008
Fargo
Fargo, un film de Joël et Éthan Coen, vu en DVD tout à l’heure. Écrit sur la pochette : « Aurez-vous le courage d’en rire ? ». Pour ma part, non. En résumé, jerry Lundegaard, genre beau-fils modèle, a l’idée consternante de faire kidnapper sa femme par deux hommes dans la galère, afin de demander une rançon à son beau-père. S‘en suivra une tuerie : trois témoins sont abattus, l’épouse aussi parce qu‘elle s’est « mise à gueuler » dixit laconiquement le tueur à son co-équipier, tout en ayant du mal à détacher les yeux d’un feuilleton à l’eau de rose. Le kidnapping a réveillé chez eux une soif d’argent qui étouffe la moindre étincelle d’intelligence. Les mots leur sont inutiles à ce stade, ils tuent comme on prend la tangente, à la plus petite contrariété. La femme flic qui a mené l’enquête et ses collègues parlent peu eux aussi, ils semblent assez sonnés comme presque tous les personnages de ce film poignant où tout le monde semble vouloir prendre ses distances avec la réalité.
18:46 Publié dans Note | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
18.03.2008
Tranche de rêve
Mimo - Ah tiens ! Tu rentres des courses. C’était bien comme balade ?
Sophie - Faire les courses requiert une certaine attention. il vaut mieux être bien réveillé sinon tu risques une mauvaise surprise à la caisse.
Mimo - J’imagine !
Sophie - Tu imagines ?
Mimo - Je suis au courant du prix de la vie, Tiens ! C’est pourquoi j’imagine qu’effectivement il vaut mieux faire attention.
Sophie - j’ai entendu un client dire à un autre que certaines personnes « font de la ferraille » pour manger…Tu te rends compte ?
Mimo - Il faut parfois savoir être très débrouillard dans la vie ! J’ai un avantage lié à ma nature : je n’ai pas de gros besoins ! Un peu de terre, de l’eau fraîche de temps à autre et voilà…
Sophie - et un peu d’amour j’imagine. On se nourrit d’eau fraîche et d’amour chez vous, c’est bien connu.
Mimo - Juste un peu d’eau pas trop, et d’- attention -, ce qui équivaut pour nous à l’amour, pour mieux dire : à l’affection.
Sophie - Tu m’apprends des choses Mimo ! Voltaire avait raison de dire « Cultivez votre jardin. »
Mimo - oui, et ce, afin que les hommes développassent leur sens des réalités, gardassent les pieds sur terre …
Sophie - et ne rêvassent pas ! Mais il faut quand même rêver un peu Mimo, non ?
Mimo - On ne choisit pas les rêves Sophie, le rêve c’est simplement la réalité qui se présente sous d’autres formes. Ceux qui veulent des rêves paisibles doivent garder un bon sens de jardinier. Mais bon, assez parlé, repose-toi bien.
11:15 Publié dans Note | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
13.03.2008
Raison et justice
Petit théâtre en une scène :
Mimo - Que veut dire « avoir raison » pour toi Sophie ?
Sophie - je dirai que quelqu'un qui pense avoir raison dans une dispute par exemple, est une personne qui se sent dans son bon droit.
Mimo - Dans ce cas, ça à voir avec un sentiment de justice.
Sophie - "Tu as raison" ou "c‘est juste" signifient à peu près la même chose d’ailleurs …
Mimo - et si ce sentiment, et agir en ce sens étaient le ressort de la raison. Qu’en penses-tu ?
Sophie - On ne peut pas faire justice soi-même pour autant, par contre dans la vie courante, il vaut mieux agir selon ce qui nous semble juste, en effet. C’est probablement la meilleure façon d’apprivoiser l’incertitude, de la supporter sereinement je dirai.
Mimo - mais on ne l’a pas en naissant, ce « sentiment de justice »
Sophie - Il me semble qu’il se réveille avec l’expérience, la nôtre et celle des autres par la transmission. En fait, s'il n'est pas inné il s’acquiert, cela doit dépendre des personnes ...
Mimo - et celui qui ne l’a pas du tout est un « sans repère », quoi.
Sophie - M’oui, un "sans repère" ou un "sans remède", un malheureux qui risque de se détruire, lui et son entourage. L’origine des massacres par exemple…
Mimo - Une personne qui « se retrouve » devient lucide et c‘est ça de gagné pour l’entourage, c’est ce que tu veux dire ?
Sophie - C’est toi qui dit ça Mimo, et tu as plutôt raison je pense. Mince ... déjà presque quatorze heures, il faut que j’y aille, bye !
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10.03.2008
tempête aujourd'hui
Grand vent : les branchages, treillis évasé de rameaux en éventails, semblent conçus pour dompter le vent. L’air dispatché dans ces ramures, de tous côtés, les arbres devraient savoir maintenir l’équilibre en pareille situation. Certains paraissent pourtant en mauvaise posture mais pas prêts à jouer les marionnettes. La tempête étant assez forte, la lutte est quand même bien engagée.
Le jeune mimosa lui, n'ayant pas prévu ce genre d'intempérie, est à l’abri derrière des bâches.
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