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14/09/2021

Fin de lecture du roman Le printemps des monstres

"J'étais persuadé que Lucien Léger était coupable", me dit Patrick (on croit tout ce que dit la presse comme des gogos). Comme quoi Jaénada a fait un travail utile, car il s'appuie sur des choses concrètes pour avancer ses pions (ou arguments, si l'on préfère).

 

Les lettres, Lucien Léger dit les avoir écrites, se décrivant alors comme malade et demandant pardon. Plus de quarante années de prison pour cela c'est cher payer la lettre et le fait d'être malade.

 

Le pouvoir, les violences d'État, il faudrait en finir avec cela.

 

La belle Solange, pas même diagnostiquée malade mentale par les psychiatres qui l'examinèrent mais diagnostiquée comme telle par certains journalistes et juges, fut probablement assassinée. On n'osa pas en émettre l'hypothèse à l'époque.

 

Je ne vais pas mettre le livre dans l'armoire aux livres parce qu'il y a la photo de Solange sur la couverture, Solange étant allée de dépôt en dépôt. Gardons-la dans nos cœurs, cette martyre du pouvoir.

06:20 Publié dans Note | Lien permanent | Commentaires (0)

10/09/2021

Le danger de l'écriture

Donc, d'après l'auteur du Printemps des monstres, il y a eu des personnes qui ont commis des monstruosités mais qui, sur un plan social étaient appréciées car les gens ne savaient pas, à leur sujet.

 

Mais en tant que chrétien ou suivant une éthique proche de celle-là, peut-on dire d'Hitler tout haut ce que nous pensons tout bas de lui, qui revendiquait lui-même sa mentalité de monstre ? Ne pas juger dit l'éthique, dans le sens de "ne condamner personne".

 

Philippe Jaénada s'est investi d'un travail qui le mène forcément à juger à un moment donné, en écrivant le Printemps des monstres, tout comme Zola dans son "J'accuse !" Ces écrivains sortent d'une zone de confort. Ne rien dire est tellement plus confortable. Si l'on craint de recevoir les foudres de celui qui nous demanda de ne pas juger, le boulot est plus difficile encore. Écrire est un acte de courage devant l'interdit comme il est formulé par... Dieu (pardi !)  dans le cas du bouquin intitulé Le printemps des monstres, et pourtant l'auteur rétablit une vérité quasi certaine, sur la personne d'un homme qui aurait juste été aveuglé par sa naïveté et que d'autres ont manipulé. Les monstres en question.

 

Le boulot est ardu pour ceux et celles qui se sont chargés d'enquêtes de ce genre à réaliser : réhabilitation à titre posthume d'une personne, passant par le passage obligé d'en accuser d'autres, qu'on estime être les coupables véritables, et ce,  en s'appuyant sur une enquête qui aura été difficile à mener, tant la vérité est dure à accepter ou à faire accepter. La posture de bienveillance est toujours à garder envers et contre tout certes,  mais dans les cas de monstruosité morale détectée par un auteur après moult recherches, il faut garder le cap (ne pas se compromettre avec ceux que l'on voit alors comme "des crevures"), et ce faisant, prendre le  risque de  déplaire (peut-être) au grand patron. Puisse-t-il ne pas abandonner les écrivains et leurs aidants, seuls devant l'éthique à maintenir quant à ceux qu'ils vont se donner l'audace et la peine de juger, prix à payer pour sauver la mémoire d'un homme banni par les soins des monstres en question.

La fiction détourne de ce risque de pointer du doigt telle ou tel que l'on estime coupable,  mais en cas de réhabilitation d'une mémoire, il faut travailler sans filet... du courage il lui en aura fallu à Philippe J. Pour ma part, je vais reprendre la lecture de son bouquin, interrompue hier car j'ai suivi l'hommage rendu à Belmondo. Les gens l'ont traité de Soleil... ils ont un grand besoin d'amour, auquel Belmondo, ils l'ont senti, a répondu comme on répond présent.

 

Et si les monstres étaient des individus absents à eux-mêmes ? Une question à creuser.

04:54 Publié dans Note | Lien permanent | Commentaires (0)

09/09/2021

Jacques Salce en question

Je n'avais jamais entendu parler de Jacques Salce. Arrivée à la page 551  du livre de Philippe Jaenada Au printemps des monstres, je me demande si je vais le terminer ce gros pavé, car il faut passer par le long tunnel "Jacques Salce", très probablement le monstre d'amoralité que dénonce  Philippe Jaenada. Écrivain qui enquête quant à lui pour de vrai, dévoile des secrets qui n'étaient pas si cachés que cela mais  il fallait le courage de les débusquer, pour cela il a compulsé des masses d'archives bien gardées mais accessibles aux journalistes. On constate l'amour des feintes et faux semblants pour beaucoup dans les années cinquante-soixante qui retournèrent leur veste allègrement et avec beaucoup de cynisme. Fin du mythe des trente glorieuses.

Dans ce maelstrom le bonhomme Lucien Léger qui utilisera lui aussi le mensonge dans un premier temps, non pas pour berner méchamment autrui mais pour protéger un homme qu'il admirait, croyait intègre. Un homme  qui sans nul doute, le doute à ce stade n'étant plus permis, l'a pigeonné, faisant de lui le coupable idéal dans le meurtre du petit Luc. S'apercevant trop tard de son erreur Lucien Léger a tenté de dire la vérité, mais celle-ci était si énorme à entendre, qu'il  a pensé nécessaire d'inventer d'autres mensonges pour accréditer l'impensable : malgré les lettres imbéciles visant surtout  à faire diversion, il était innocent et manipulé par celui qu'il voulait protéger.

 

Je trouve trop longues les pages sur Jacques Salce. Je vais m'efforcer de ne rien sauter, une lecture par petits bouts sera nécessaire jusqu'à la sortie du tunnel. Je voudrais faire la connaissance de Solange, Philipe Jaenada va reparler d'elle ensuite, je l'ai lu en diagonale avant de revenir à une lecture page après page.    

04:41 Publié dans Note | Lien permanent | Commentaires (0)