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13/12/2007

Govinden Nagen

"acf9402dd5144fbbf6cd2392169decad.jpgLe poète, Govinden Nagen, a trouvé la bonne formule pour démontrer sa grande tristesse envers ceux qui vivent dans la misère. A travers ses poèmes, il clame sa fureur pour le monde dans lequel il vit. Il écrit des poèmes en langue créole depuis 1980. Sa source d’inspiration: les écrits de Dev Virasawmy.

Tout a commencé lorsqu’il parcourait l’un des poèmes de Dev Virasawmy, écrits en créole. «j’ai été ému quand j’ai découvert comment il puise de la langue créole pour traduire le quotidien.» Cette poésie n’a pas laissé insensible Govinden Nagen habitant de l’Escalier. Il décide d’ouvrir les yeux et d’observer tout ce qui se passe autour de lui et ailleurs"

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Un site de poésie créole, cliquez ici 

La stratégie des antilopes

Est-ce la crainte d’être perçu comme des briseurs de rêves, empêcheurs de tourner en rond et finalement d’être rejeté qui empêche les survivants de parler du génocide ? Une question posée dans La stratégie des antilopes, de jean Hatzfeld. Partager les souvenirs c’est peut-être pourtant ré-ouvrir la porte aux rêves. Je vous propose aujourd’hui un extrait du livre avec le témoignage de Berthe Mwanankabandi.(page 128)

Berthe Mwanankabandi, quelques mois plus tard :

« Vivre dans les marais, sans rien penser de convenable sur la vie et la mort, à enjamber tous les matins les anciens cadavres, et tous les soirs les nouveaux de la journée, ça peuple des souvenirs qui s’allongent sans issue. Ces corps nus à l’abandon du temps, ceux des vieilles mamans qui avaient été découpées, ceux des jeunes filles, ceux de tout le monde, ils étaient un cauchemar véridique.

« oui, on peut raconter les morts, on peut être témoins de leur situation, on peut donner des détails sur les chasses et les fuites et les cris et les peurs. Mais on ne peut pas raconter la mort puisqu’on lui a échappé.

« Le rescapé, il lui manque quelque chose pour raconter le génocide. Tout ce qu’on a pu voir et entendre, on peut le raconter : les coups, les chutes, les chuchotements des derniers instants, les cadavres gisants.

« Toutefois, la mort, on ne peut en témoigner que de biais. Je peux dire : j’ai vu telle personne toute nue pourrissant dans la boue, j’ai entendu les rires des tueurs, les cris de la malchanceuse, j’ai même entendu le bruit du fer sur ses muscles. Mais les sentiments de la malchanceuse devant la machette, son regard dans les yeux du tueur, ses paroles muettes quand elle tombe coupée, ses pensées intimes si elle est déshabillée ou forcée ; de ça, moi, je ne dois rien dire. Les morts s’en sont allés avec leurs secrets que les cadavres ne laissent que deviner.

« Raconter, ce n’est pas leur redonner vie, puisqu’on ne peut surmonter leur mort. C’est seulement leur offrir de la dignité et de la gentillesse. C’est tendre la main à leur souvenir du mieux qu’on peut. Montrer comment ils ont été méritants, chaque fois que l’occasion se présente.

« Raison pour laquelle, pour moi, c’est grave de raconter ces expéditions de mort seulement lorsqu’on est encouragé à le faire, les jours de commémoration quand les morts deviennent des sans nom : par exemple au moment du deuil en avril, ou des séances de gaçaça sous l’arbre, ou pendant le passage d’un étranger comme vous.

« Les rencontres de hasard ne proposent jamais de récit naturel sur les morts, je veux dire avec la sincérité de l’intimité ; et cependant ces morts bien connus et bien-aimés sont les personnes les plus nécessaires à rappeler pour raconter le génocide. »

12/12/2007

Le regard

0d19f86de0e96c94213d5b9ca58c1706.jpgOn pourrait presque les écouter les yeux fermés à l’évocation d’une toile, pour mieux la voir…

Le lien pour lire intégralement l’article

 

 "Hodler est venu à la peinture dès son plus jeune âge. Fils d'une famille modeste, il commence par travailler pour un peintre de vues alpestres de Thoune avant de rejoindre Genève pour vivre de son art. Ses premiers tableaux, très réalistes, ne sont pas du goût de ses compatriotes. Paris, par contre, l'encense en 1891 pour son tableau "La nuit". L'artiste, en prise avec la mort, y apparaît nu, entouré de couples de dormeurs enlacés tout aussi dénudés. Composition symétrique, horizontale, absence de perspective, décor simplifié... cette toile -exceptionnellement prêtée par la Suisse dont elle n'était encore jamais sortie - s'impose d'emblée comme un manifeste de la peinture de Hodler.

On retrouve ce même sens de la symétrie dans les portraits ou les paysages de l'artiste, d'une beauté à couper le souffle. Ce dernier y exalte la communion entre l'homme et la nature. Coloriste de génie, Hodler joue sur les reflets dans l'eau du lac, laissant apparaître derrière un brouillard informe et immatériel des bleus ou des verts éclatants. Il flirte aussi avec l'abstraction, sans pour autant sauter le pas, annonçant ainsi les maîtres à venir. "