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28/09/2014

Le Sud qui m'est proche

Le Sud de la France me sera toujours proche après les années que j'y ai vécues, ce que j'y ai appris des femmes du peuple (ce n'est pas un gros mot, mais si vous préférez : non bourgeoise)) en terme de gentillesse profonde est inscrit en moi, ce qui explique qu'à la nouvelle du martyr de monsieur Gourdel, j'aie été bousculée, je l'avais été pareillement pour les deux jeunes nordiques qui avaient été pris en otages et ensuite assassinés en Afrique. Je n'ai jamais vécu en Amérique, de ce fait, j'ai eu une distanciation naturelle lorsque j'ai appris la décapitation des deux Américains ; comme tous les gens censés j'ai trouvé cela horrible, sans toutefois ressentir la pleine réalité de l'acte que ces deux jeunes gens subirent pourtant pareillement,  comme j'en  ai ressenti la réalité concernant  monsieur Gourdel et les deux jeunes nordiques. À l'heure qu'il est, j'en suis à me poser des questions sur toutes les religions sans exception. J'ai eu l'expérience de la chose religieuse, positive pour ma part, en fréquentant une école primaire catholique, il n'empêche que, réalisant plus que pleinement ce que certains font sous couvert de la religion, je me dis que toute religion, quelle qu'elle soit, devrait se faire discrète, très discrète. Faire le bien discrètement, et  en  cas de mal, éradiquer celui ou ceux qui l'ont commis, de leur communauté.  Les croix brandies, enflammées des Ku Klux Clan auraient dû faire que les Chrétiens cessent d'utiliser des croix comme symbole ; couper l'herbe sous le pied des détraqués autant que faire se peut en n'ayant plus rien à exhiber en terme de symboles religieux.  Les religions devraient uniquement servir, se rendre utile, ne jamais briguer le pouvoir. En cas de problème, être un recours possible entre d'autres, un contre-pouvoir parmi d'autres, sans jamais  vouloir le prendre. Telle est ma conviction désormais. Par ailleurs je me pose cette autre question : les religions portent-elles les mêmes valeurs ? Si oui, en cas de besoin, une personne menacée par un pouvoir oppresseur — que ce soit celui de sa famille si c'est un enfant, ou celui de politiques plus tard, ou encore celui de mafias diverses — devrait pouvoir trouver protection dans n'importe quelle structure religieuse pouvant lui faire une place : bouddhiste, catholique, juive, musulmane... sinon cela voudrait dire que les religions ne sont pas porteuses des mêmes valeurs,  et que les mentalités ne sont pas les mêmes...  En ce cas, quelles sont-elles ces mentalités ?  Tout citoyen a droit de savoir de quoi il retourne au niveau des mentalités, ne serait-ce que pour connaître les éventuels dangers à aller ici ou là. En fait de mentalité il faudrait s'assurer de connaître à minima celle de tout interlocuteur... et monsieur Gourdel, par Facebook, ne pouvait déjà pas savoir à qui il avait affaire.

 

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26/09/2014

Cette nuit

Cette nuit, à la faveur d'un réveil ennuyeux j'ai repris la lecture de l'Avaleur de sabres de Paul Féval, écrit selon moi en montagnes russes. Pour mieux dire mon sentiment vis à vis de ce texte déroulant son histoire qui finit par interpeler en dépit des niaiseries qui l'encombrent,  je prendrai plutôt l'image de la fripe, où l'on trouve de tout. Des passages gan gnans, voire suspects à force d'esthétiser les personnages de Justin et Gloriette et de montrer les gens autour d'eux, subjugués tels des ahuris et là, on a extirpé de la fripe un vieil habit mité, limite puant mais, alors que la cause semble désespérée selon moi, l'auteur se remet d'aplomb au fil de l'écriture où il se trouvait sur la corde raide prêt à chuter irrémédiablement et prend son envol, sortant son lecteur, en l'occurrence, moi, de l'engourdissement, limite amer, où il m'avait plongée. Réveil de la lectrice par exemple quand il aborde le processus de l'amnésie chez Justine, après que Saladin l'a soustraite à la garde de la nourrice en recourant à des boniments extravagants et qu'il lui a ensuite administré volontairement, sans crier gare, la peur de sa vie. Féval parle aussi de l'obscurité soudaine qui peut se faire dans un autre cerveau humain, celui de Gloriette, abasourdie de stupeur. Par ignorance Gloriette idolâtrait son enfant, et d'un coup le voilà disparu.  D'agaçante, elle devient source de réflexion plus approfondie pour le lecteur. Féval ne livre pas non plus les forains en pâture autant que je le craignais, les forains de Féval plaident leur cause finalement. Échalot parle de leur condition : ils baignent dans un milieu où les enfants du peuple sont souvent mal aimés et maltraités, du coup, ils relativisent le mal qu'ils peuvent faire en adoptant illégitimement un enfant, au moyen d'abord d'un déni et ensuite par le véritable amour qu'ils apportent à l'enfant, qu'il soit monstrueux ou beau, ils finissent par aimer tous les enfants, du moins Échalot, madame Canada et même l'équipe de plus ou moins éclopés qui travaillent avec eux. Les forains de cette histoire chérissent une enfant, qui selon eux, aurait pu sans eux, ne pas recevoir d'amour. Loin d'en faire une Causette, ils en font une princesse.  Ce rapt de Justine, qu'Échalot et madame  Canada ont deviné les montre dans leur lutte pour devenir eux-mêmes plus adultes, c'est-à-dire plus conséquents.  De cette nuance apportée par Féval, une réalité perce quant aux raisonnements possibles de la part de gens dans la précarité ;  l'acceptation d'une réalité comme celle-là donne à réfléchir, lire un auteur sur la corde raide aussi.

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23/09/2014

Lu ce soir

Par contre L'avaleur de sabres de Paul Féval ne me convainc pas, j'ai aimé de nombreux passages de Maman Léo, mais là je n'accroche pas. Paul Féval m'apparaît donc inégal ; pas mal de niaiseries dans  l'Avaleur de sabres, par exemple je trouve  Féval un peu léger ou lourd, lourd dans sa légèreté quand il alimente le fantasme du forain voleur d'enfant; les préjugés des lecteurs de l'époque ont été caressés dans le sens du poil. Raison invoquée dans le récit  : La petite Reine aurait été plus belle que l'enfant de la baraque foraine, donc plus à même d'attirer le client avec un numéro d'équilibriste exécuté auparavant par l'autre, pas assez jolie. Un vieux complexe de supériorité esthétique antipathique. Inégal vraiment, j'ai connu un Féval meilleur dans Maman Léo. Il reste dans ce roman une connaissance qui ne se dément pas du vieux Paris. 

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