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19/06/2014

Un petit mot sur Au-dessous du volcan

Je crois comprendre, à la lecture directe du roman, que le bateau de marchandises, dont le capitaine était le personnage principal du roman, le consul, aura dévié de sa trajectoire pour l'accomplissement d'une mission guerrière et secrète. Les guerriers naviguèrent sous des dehors de marchands inoffensifs, à la rencontre d'un submersible allemand. L'attaque qui s'ensuivit  fit appel à cette ruse pour détruire  ce sous marin, lequel a subi d'un coup le feu du dragon lorsqu'il a émergé, les allemands ne se croyant pas en danger.

Le capitaine devait amener les prisonniers survivants en Angleterre, mais quelque chose s'est produit, aucun des prisonniers n'a été ramené et l'on pense que la cause est horrible. Ils auraient été mis en chaudière. Cela rappelle les forfaits commis dans des auberges faussement hospitalières. Les gens se croient enfin à l'abri, et puis non, ils se font massacrer. 

Le roman est original en ce sens que le romancier montre que seul un homme est passé au tribunal dans cette affaire, notre consul, avant d'être blanchi et même décoré. Mais faussement blanchi en réalité puisque le pouvoir le met quasiment à la retraite sous le faux statut de consul et le balance en des lieux de plus en plus reculés, insignifiants aux yeux du pouvoir. L'auteur ne dit pas à la fin du premier chapitre  si le consul est réellement coupable ou s'il souffre, en tant qu'homme très peu critique envers son pays et sa politique et voulant, de plus, faire carrière dans l'armée, de la stigmatisation dont il est sournoisement l'objet, stigmatisation qui finirait par le persuader lui-même de sa culpabilité, à le rendre fou. La folie rôde en effet, le consul est au bord de l'abîme,  tant et si bien que l'auteur fait parfois référence à "La triste figure",  à Cerventès dont le personnage de Don Quichotte, si sympathique au fond, ne retombe pas sur ses pattes.   

Une citation de Lowry dans le journal La voix du nord acheté par hasard ce jour-là m'avait rendue curieuse de cet auteur. Je ne suis pas déçue.

 

 

 

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17/06/2014

La poupée par trop sexy

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La poupée par trop sexy ou pas trop sexy, c'est vous qui voyez. Vous remarquerez au passage comme mon auriculaire, mon petit doigt autrement dit, n'est pas petit. Des doigts d'origamiste.  La poupée a huit jours d'âge ; j'ai été obligée de m'emmailloter le majeur en raison d'un accident domestique. En effet, je faisais la vaisselle, lavai plus précisément un verre à la main, lequel, fragilisé par une fente que je n'avais pas remarquée, ainsi que par mes frottements brefs, répétés et énergiques pour le nettoyer, s'est brisé,  m'épluchant en cassant, le bout de ce pauvre majeur.

À Créteil, il y a fort longtemps, je m'étais fendu beaucoup plus profondément le pouce en ouvrant une boîte de haricots verts : le malheureux appendice, par on ne sait quel mauvais coup du sort, était allé  jouer l'ouvre-boîte à la place de celui qui m'avait échappé des mains. L'entaille avait exigé un tour à l'hôpital Mondor où je tombai sur deux chirurgiens qui, justement s'ennuyaient ce jour-là, n'ayant heureusement rien d'autre à faire qu'à me rafistoler le pouce, comme s'ils m'attendaient ce soir-là pour se désennuyer (cas exceptionnel aux urgences).  Ils travaillèrent, pleins d'entrain, en m'écoutant deviser inlassablement,  une infirmière du nom de madame Piquemal (pour de vrai) m'ayant fait une piqûre euphorisante en guise d'anesthésie locale. D'autant plus mémorable que je fus ensuite hospitalisée une nuit, ce qui me donna l'occasion de faire connaissance d'une incroyable Titi parisienne, elle avait mimé pour moi seule, son lever pour aller travailler lorsqu'elle avait une grippe : j'étais moyennement impressionnée mais touchée par l'intention et ou l'attention.  Cuirassées les dames du peuple là-bas. Cela dit, le pouce  reste légèrement marqué, très légèrement : une trace qui part de la phalange et remonte au milieu de l'empreinte digitale pour aller mourir de l'autre côté, presque au niveau de l'ongle. Si les chirurgiens avaient été débordés ce jour-là, sans pouvoir recoudre mon pouce, comme les nerfs étaient touchés, cela aurait pu  faire du vilain. Mon majeur quant à lui, pour écorché vif qu'il fut, et pissant bien le sang, n'est pas allé plus loin dans l'exigence de soins, que la poupée, renouvelée certains jours, trois fois dans une même journée avec force aspersion de bétadine.

Cela m'aura donné l'occasion de jouer de la plume et de vous montrer cet incroyable mais vrai petit doigt que j'aime tant (je me suis habituée à eux, l'autre étant pareil par un effet connu de symétrie mimétique)  

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15/06/2014

La journée à la villa Yourcenar

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C'est Yasmine Kadhra, il écrit sur l'Algérie. Il fait un peu d'autodérision quand il parle au public, le faisant rire à propos de ses travers à lui. Bon écrivain !

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C'est Patrick Vast, en train de lire un extrait du Ruisseau Rouge. Bon écrivain lui aussi mais moins à l'aise avec le public que Yasmine.

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C'est une écrivaine de la région, son nom va me revenir. Audacieux : le personnage principal du roman est un mort, qui parle de sa mort récente, de son cadavre, des personnes qui viennent le voir, dont il commente les attitudes... bien écrit et intéressant !

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Léo la Pointe et Patrick. Deux bons écrivains. Léo a écrit sur la baie de Somme, de formation scientifique,  ayant fait des études de vétérinaire à Toulouse. D'ailleurs là, nous venons de rendre visite aux ânes.

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Son nom va me revenir. Il a écrit L'étoile jaune et le croissant. Au sujet des Arabes qui ont aidé les Juifs durant la deuxième guerre  mondiale.

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Pourquoi je n'ai pas tous les noms ? parce que j'ai oublié de prendre le programme à l'entrée. Ce monsieur a lu un extrait, concernant sa judéité et sa relation avec Gandhi. C'était intéressant.

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Ce monsieur est épris du Japon, il a écrit Japan Book. Journaliste au Nouvel Obs. il a été. Et d'une façon plus épisodique, il a été mon voisin de table au repas de midi trente, où il m'a confié avoir été déçu de ne pas trouver de frites au menu mais de simples pâtes froides accommodées à la mayo.

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Sophie Chaveau était en face de moi à table. Elle m'a dit n'avoir jamais éprouvé de colère, sans doute parce que celle-ci était trop enfouie. Quand les colères s'enfouissent à ce point on peut supputer qu'il aura fallu beaucoup en rabattre à un moment donné, or la dame parle haut et fort, avec assurance. Une femme secrète au fond.

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Elle était en bout de table au repas, et je n'avais pas son nom sous les yeux, comme ce fut le cas pour Sophie Chaveau. Une personne qui écrit livres et chroniques et aime faire rire par ses observations. Les bourgeois appellent cela : une femme d'esprit.

 

 

Forcément, au bout du compte, j'ai été plus touchée par la prose de Yasmine et autres personnes d'origine arabe parce que leurs préoccupations en gros sont les miennes d'après ce que j'ai pu entendre de leurs écrits.

 

 

J'ai acheté un livre, un seul, budget oblige, celui d'Amina Danton... je n'avais plus l'appareil photo lorsqu'elle a eu le micro. Amina aborde le thème de clivages sociaux  dans un contexte très poétique par ailleurs. Ce n'est pas plombant, au contraire. On dirait que le personnage principal de son roman, une jeune femme,  s'en fiche de ne pas être acceptée par l'entourage bourgeois de son mari, du fait qu'elle-même ne pourrait se résoudre à devenir une bourgeoise, quelque chose l'en empêche ; entre eux, la famille de son mari et elle,  se dresse  une sorte de mur infranchissable, mur dont elle a autant besoin que ses adversaires. Une volonté de ne pas se formater au fond à un modèle social. 

 

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