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20/06/2019

Un job qui n'existe pas en France : préposé au stationnement : pour l'interaction humaine. ♣♣♣ La vraie traduction

"Je voudrais préciser à l'avance que j'aime mon vélo de ville, un Bridgestone RB2 en acier datant du milieu des années 1980. Classique sans être ostentatoire, il m’a amené là où je devais me rendre, pendant plus de 20 ans. Mais je ne mets pas toujours l'antivol. Ça arrive, non? Vous êtes à mi-chemin du travail et réalisez que vous l'avez oublié. Vous l'avez prêté à votre enfant et avez oublié de le récupérer. Ou vous avez l'antivol mais avez oublié les clés. Vous êtes sorti, dehors, désarmé dans un environnement hostile où 1,5 million de vélos sont volés chaque année, seraient-ils même enfermés au Fort Knox.

 

Qu'allez-vous faire ?

 

would like to stipulate up front that I love my commuter bike—a mid-1980s steel Bridgestone RB2. Classic without being ostentatious, it's gotten me where I need to go for 20+ years. But I don't always lock it up.

It happens, right? You're halfway to work and realize that you've forgotten your lock. You loaned it to your kid and forgot to get it back. Or you have the lock but forgot the keys. Now you're out in the world, stark nekkid in a harsh environment where 1.5 million bicycles are stolen every year, even when they’re locked up like Fort Knox.

What are you gonna do?

 

Bien sûr, vous pouvez abandonner, rentrer chez vous et prendre la voiture, mais nous savons tous à quel point ça serait pas terrible. Vous pouvez également vous arrêter au magasin de vélos du coin et acheter un nouvel antivol. C’est ce que je pensais faire récemment lorsque je me suis retrouvé à Uptown Oakland sans antivol, mais on m’a rappelé que mon LBS était l’impressionnante station de vélos Uptown Bike Station qui, grâce au financement de notre gouvernement local éclairé, rangerait mon vélo pour la journée gratuitement. Ou vous pouvez trouver un autre moyen de résoudre le problème.
 
Écoutez-moi, s'il vous plaît. Cela implique une interaction humaine.
Il y a quelques mois, je suis arrivé au garage de mon lieu de travail sans les clés de mon antivol. Au lieu de ranger mon vélo derrière un pilier, j'ai demandé à un préposé au stationnement s'il y avait un endroit sûr pour le laisser. C’est ainsi que j’ai fait la connaissance de Clarence, qui garde en fait un antivol de côté,  au cas où. Problème résolu ! De plus, j'ai rencontré un autre fan de #Warriors."
 
Je mettrai le lien pour le texte intégral tout à l'heure. Lu sur le site Sierra Club.
On se réhumanise avec le vélo !  Qui crée en supplément, des boulots humanisants*, du partage. Concierge de parking... et pourquoi pas ?
 
* Et ce matin aux infos, juste après avoir mis ce post en ligne, j'entends que des coursiers à vélo se font parfois tuer. Il faut donc réaménager les routes. Hier par exemple, je suis allée faire réparer mon vélo à Décathlon, qui a son atelier de réparation de vélos juste derrière la première caisse du magasin, à l'accueil.
 
Pour arriver dans ce lieu sympathique — le magasin Décathlon que je ne connaissais pas bien avant d'avoir ce vélo tout neuf —, en tant que piétonne ( mon vélo n'entre pas dans mon coffre de voiture), il m'a fallu passer par des endroits dangereux, prévus uniquement pour les automobilistes...  non éclairés les responsables aux commandes en France, pour ne pas penser aux piétons ou marcheurs, ni aux cyclistes au point de créer des accidents mortels. En Amérique, les routes en ville sont aménagées pour les cyclistes, de plus en plus nombreux, de plus en plus conscients de l'impact sur la nature, et aussi parfois parce que ça va plus vite de rouler en ville à vélo... ne manquent en France que les aménagements pour réaliser le rêve de la dépollution massive et pour gagner sa vie poétiquement et donc avec éthique concernant certains travailleurs.
 
Le lien
 
 
 
 
♣♣♣
 
Je veux bien croire que ce soit la vraie traduction de la prière enseignée par Jésus en personne.
"en personne", c'est fort de maté !
 
"En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Lorsque vous priez, ne rabâchez pas comme les païens : ils s’imaginent qu’à force de paroles ils seront exaucés. Ne les imitez donc pas, car votre Père sait de quoi vous avez besoin, avant même que vous l’ayez demandé. Vous donc, priez ainsi : Notre Père, qui es aux cieux, que ton nom soit sanctifié, que ton règne vienne, que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel. Donne-nous aujourd’hui notre pain de ce jour. Remets-nous nos dettes, comme nous-mêmes nous remettons leurs dettes à nos débiteurs. Et ne nous laisse pas entrer en tentation, mais délivre-nous du Mal.
 
Car, si vous pardonnez aux hommes leurs fautes, votre Père céleste vous pardonnera aussi. Mais si vous ne pardonnez pas aux hommes, votre Père non plus ne pardonnera pas vos fautes. »"
 
Qu'en dites-vous ? Il faut penser à ce qu'on Lui dit, faut pas être des automates si vous préférez.
 
 
 
 
 
 

17/06/2019

Pas eu besoin du parapluie

Il faisait plutôt beau samedi à Outreau. Je savourais ce moment de solitude le long de la Liane, mais, un moment, une joggeuse m'a inspirée une envie d'un petit contact avec elle. Je lui demandai quelque chose qui ne mange pas de pain : "Le port, c'est bien tout droit, n'est-ce pas ?"(évidemment, andouille de moi, il n'y a qu'à suivre la Liane, c'était tellement évident, mais que demander d'autre à la personne, qui ne mange pas de pain ?)

— Oui, mais après il y a des travaux et là vous devrez tourner un chouïa à droite pour les contourner.

— Merci.

 

Je compte y aller cet aprèm, aussi j'étale ma fine popeline noire sur le banc à proximité et me pose dessus. Je jette un coup d'œil à droite pour voir le chemin parcouru depuis Outreau Leclercq et je vois la joggeuse qui a rebroussé chemin. Elle va penser que j'ai renoncé à aller au port.

Arrivée à mon niveau elle me hèle : "Venez, ma voiture est juste garée là, dit-elle en pointant un minuscule parking, c'est mon chemin, le port, je vais vous y déposer."

— D'accord.

Je me lève, charmée, et ne me rends pas compte que je laisse ma popeline sur le banc.

 Dans la voiture cela tourne autour du sujet tout simple "d'où venez-vous comme ça ?" J'ai évidemment pigé qu'elle ne s'attendait pas à ce que je lui dise "de chez Leclercq" et lui nomme ma ville d'habitation. Elle répond qu'elle ne pourrait pas vivre au fin fond de l'Artois. Il lui faut la mer. D'autant que "Boulogne, c'est si beau". Je confirme. 

Je lui demande si les anglais, qui viennent en moins grand nombre qu'autrefois à cause du Tunnel sous la Manche, ne manquent pas. "Si, ils manquent", mais du point de vue tiroir caisse, a-t-elle précisé. Car les frontaliers, du moins à Boulogne, ont l'ADN chatouilleux, la mémoire des luttes contre l'ennemi d'antan : l'anglais. C'était Napoléon l'agresseur, en dernier lieu, et donc les français qui étaient belliqueux. Mais le réflexe défensif est très fort, inscrit dans les gènes, juste un instinct en fait. Mais ce ne serait pas honnête de ne pas mentionner son argument : les anglais ne voient pas Boulogne. Ne regardent pas Boulogne. Ils venaient juste pour consommer : baguette et vin. Donc ma théorie sur l'ADN... j'en prends et j'en laisse finalement. Les anglais ne leur côté, manqueraient de considération pour Boulogne pour beaucoup de ces visiteurs.

Elle me dépose. "Salut charmante dame" lui dis-je. Je me promène un peu sur le port, et en remontant la passerelle j'avise une vieille dame :

"Dites-moi, madame, il y a encore beaucoup de dockers à Boulogne ?"

"Oh, juste il reste des dockers de commerce."

"Ils sont où ? car je fais un reportage."

"Là-bas, à l'over port."

D'accord, merci madame j'irai tout à l'heure.

Quand je rapporte à midi les propos de la vieille dame, Patrick me dit que c'est tout faux. Mais j'avais compris que en dépit du sourire qu'elle m'adressait, de sa gentillesse évidente, elle ne savait plus vraiment à propos des dockers et elle a dit ce qui lui passait par la tête.

 

Bref, sur le chemin du retour, d'un coup, la popeline se rappelle à moi ; il me semble que j'étais un peu plus encombrée auparavant. J'imagine ma conductrice qui va la porter, cela lui fera un souvenir de moi, car j'ai dû la laisser sur le siège de la voiture.

Soyons philosophe me dis-je, l'important est que les clés de la voiture soient dans ma poche de jupe. Les jupes ne s'oubliant pas sur le dos d'un siège, il est toujours plus prudent, soit dit en passant d'y ranger ses clés.

J'aperçois bientôt de loin le banc duquel je suis partie ; m'en rapprochant, je crois que les branches de l'arbre à côté du banc projettent une ombre sur celui-ci, une ombre qui a de plus en plus la forme d'un vêtement à manches. Je retrouve ma popeline avec un certain contentement.

La jeune femme m'a dit d'aller à la haute ville, dont elle m'a montré la direction quand nous sommes passées près d'une intersection tout à l'heure.

Hélas, je suis fatiguée l'après-midi. J'ai trouvé au Cultura de Leclercq  un livre de poésie qui ne coûte pas quatre euros. Il est minuscule de format, entre dans la pochette où je range mes papiers mais vous l'avez compris, il est immense. D'une poésie que je suis capable d'appréhender, qui entremêle la poésie, la philosophie non rationnelle, c'est-à-dire fortement imprégnée de mysticisme oriental. Il s'agit du poète Khalil Gibran. Dans ce minuscule livret, il aborde une multitude de sujets, longuement, et cela ressemble à la multiplication des pains.

À partir de cinq ou six pains, je ne sais plus, Jésus nourrit une foule. Le livret acheté à ce Cultura s'intitule Le prophète. Il est toujours dans ma pochette. Il ouvre l'esprit notamment sur ce qu'est la douleur, ou ce qu'elle est dans certains cas, plutôt, quand les habitants d'une ville que le poète doit quitter lui posent la question  "qu'est-ce que la douleur ?". Un début de compréhension sur "de quoi est fait le masochisme" peut se faire dans l'écoute de la réponse du prophète. La douleur en certains cas, peut être une recherche de cette douleur de la part d'une personne qui n'a pas l'entendement nécessaire pour comprendre quelque chose qui la dépasse... tant que la personne n'a pas saisi la nature malsaine d'une relation malheureuse par exemple, elle répète, a besoin de revivre cette douleur, le processus devient un "chemin du masochiste" peut-être, pour comprendre sa douleur. Il s'agit en somme d'un auto harcèlement. Par contre, entre le prophète et les habitants de cette ville, qui le questionnent avant qu'il ne prenne le bateau et quitte leur ville pour longtemps, c'est une relation d'amour. Ils souffrent juste de le voir les quitter. Rien à voir avec le masochisme les concernant. Pour les masochistes, j'imagine que ça devient mortifère si la lumière tarde à se faire en eux.  Khalil Gibran peut aider à faire cette lumière. Son prophète ne parle pas du masochisme mais de la douleur ; cependant, par déduction ce qu'il dit à propos de la douleur peut éclairer des zones d'ombre sur certains processus de la souffrance que d'aucuns se donnent ou tentent d'infliger à quelqu'un d'autre par un chemin jumeau à celui du masochisme. Le sadisme et le masochisme, ce sont les ténèbres.

 

Donc l'après-midi j'ai lu dans la voiture, par intervalles, entre l'écoute des nouvelles chansons de Paul Personne, à la radio — qui chante "on est toujours l'autre de quelqu'un" —  et de temps à autre un roupillon dû à la marche du matin :  du port jusque Outreau avec des chaussures inadéquates. Pas de Haute ville donc, ce sera pour une autre fois. Cet après-midi là, je n'étais pas l'autre de quelqu'un, dans le sens de la chanson qui parle de l'exclusion, j'étais l'hôte de Khalil Gibran, une intelligence puissante. L'hôte : qui accueille et est accueilli. C'est merveilleux le pouvoir lire. Et je n'oublie pas la charmante joggeuse : une histoire d'autre, bien vécue elle vis à vis de moi, et moi vis à vis d'elle, donc une histoire d'hôtes. Reste à faire un effort par rapport à nos amis les anglais, ou de la part, plutôt, de nos amis et très proches voisins, les anglais. Ouvrez les yeux sur Boulogne les anglais, Open your eyes ! Merci pour eux, ils le valent bien. Ne nous la faites pas à l'envers et venez nombreux à Boulogne.

 

09:31 Publié dans Note | Lien permanent | Commentaires (0)

15/06/2019

Ce matin

Hier j'ai vu le film d'Arte concernant le viol d'une enfant. Qu'est-ce qu'un violeur ? C'est quelqu'un qui veut posséder autrui comme sa chose.

Le film est pessimiste car on voit la victime assoiffée de vengeance, donc non libérée,  être toujours la chose du violeur.

Je trouvais l'actrice subjectivement laide tant elle jouait bien la haine. Pour le regard d'enfant le visage de Claudia Schieffer est laid s'il est pétri de haine.

La victime a beau prier, rien n'y fait. Si au fait, quelque chose y a fait : elle n'a pas tué l'enfant du violeur comme on laisse penser dans ce film qu'elle s'apprête à le faire. Mais jusqu'au bout on laisse entendre qu'elle pourrait bien se jeter dans le vide. Donc, le violeur d'antan, paie son crime de la plus mauvaise façon : celui qu'il a été a gagné sur celui qu'il est devenu. Celui qu'il a été, possède toujours "la chose" et revient au présent flinguer celui qu'il est devenu. Quand je vous disais que cette fiction est pessimiste. Une autre sur le même sujet où il y a rédemption de celui qui veut posséder l'autre, le violeur, et où la victime n'est plus victime et devient libre, serait une idée pour renforcer le bien en soi.

Ce matin, je prends mon grand parapluie cloche car je retourne à Outreau, et donc, je vais en bord de Liane respirer et regarder les oiseaux, les écouter aussi.

06:13 Publié dans Note | Lien permanent | Commentaires (0)