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27/03/2014

quelque chose comme des esprits

Ce matin j'ai lu deux nouvelles de Schwob,  ce qu'il raconte me parle ; les mots bloqués, qui échapperaient pour exprimer l'émotion et ou convoquer, faire surgir  la beauté, la laideur, la drôlerie... ces mots venus d'un autre, suaves, m'ont fait du bien à moi, et en font aussi à d'autres sans nul doute. Auteur génial à mes yeux donc.

Si d'un coup, un jour, quelqu'un se retrouvait seul(e) pour cause de naufrage sur une île déserte par exemple, des mots, comme ça, assemblés par un autre, comme des chants, pour peu évidemment qu'il ou elle les ait lus et en ait été touché, pourraient le retenir, l'accompagner, lui tenir chaud. C'est un peu du spiritisme la littérature, en ce sens. 

16:23 Publié dans Note | Lien permanent | Commentaires (0)

La crise ?

"France's greatest actor, Gerard Depardieu, was so fed up that despite his Chevalier of the legion d'honneur, one of France's highest honors, last year he moved to Russia. And Johny Halliday, France's answers to Elvis, escaped with his Chevalier to the low taxes of neighboring Switzerland. The heirs of the classic French brands Peugeot and Chanel have also headed out the door for the same reason."

 
to head out the door, ici, signifie : quitter le pays (Vocable)
 
La revue Vocable reprend des extraits d'articles de presse récents, on est en pleine actualité ou presque... bien que la fuite de Depardieu date un peu,  elle a encore beaucoup d'écho dans les esprits chagrinés ou pas par ce départ.  Satisfaction de la part des journalistes, d'accord avec la politique de leur pays ?

La suite, paragraphe 2, de Vocable :

"But it is not just rich celebrities who have chosen to live abroad and even ditch their citizenship rather than pay France's high taxes. They are following in the footsteps of hundred of thousands of French people who have quietly moved abroad in search of a better life."

Serait-ce de l'intox ? Des centaines de milliers de français quittant le pays discrètement, en quête d'une vie meilleure. J'ai un peu de mal à y croire. Pour les autres pays d'Europe par exemple ?

Oui, qu'ils me disent, paragraphe 3 :

"Welcome to the UK. Their main destination is Great Britain, right next door. The United Kingdom may be  France's historic enemy, but young French people with an urge to make money or start their own business are flocking to it."

En effet, ils afflueraient en masse au Royaume-Uni. Si c'est vrai ce doit être un peu la jungle  là-bas, à mon sens ; personnellement, je ne crois pas en une croissance en flèche, perpétuellement. La croissance, par respect pour la planète doit se réguler, donc la productivité ne pas surabonder. Quelles affaires les Français montent-ils là-bas ?

paragraphe 4, pas de réponse à ma question, pour l'instant c'est évasif et politiquement très à droite :

"With 70 percent of the French thinking taxes are "excessive" and 80 percent believing President François Hollande's economic policies "misguided", they are attracted by the benefits of the less regulated economy, more relaxed labor laws, a more meritocatric society, a lively business networking scene, a large pool of Professional talent, and easier access to investment capital. And all this only a two-hours Eurostar train ride from London to Paris, making it easy to stay in touch with family and friends."

 En vrac, ces français bourgeois seraient attirés par tout ceci : employer une main-d'œuvre meilleur marché, une société plus méritocratique (plus méritocratique... selon leurs valeurs), un marché moins régulé (pas bon signe ...) des lois du travail plus souples (pauvre main-d'œuvre! tragique condition humaine),  un réseau d'affaires plus dynamique (...) un  grand vivier de talents professionnels (il y aurait en effet des choses à faire en France au niveau  formation des élèves à la vie active, sur ce point, d'accord), un accès plus facile au capital d'investissement (je ne sais pas ce que cela recouvre exactement). Tout ça, à seulement deux heures de trajet Paris-Londres (clin d'œil qui s'adresserait aux Parisiens ?), pratique pour rendre visite à la famille et aux amis, grâce à l'Eurostar. La droite en somme.

paragraphe 5, vous n'êtes pas au bout de vos peines ou de votre exaltation, c'est selon :

"It is being billed as the biggest French invasion since William the Conqueror arrived in 1066. Exact numbers are hard to come by. As both France and Britain are members of the European Union that allows the free movement of labor across national boundaries, French people living in London do not have to register their domicile."

D'après eux il s'agirait de la plus grande invasion de français depuis William le Conquérant bien que le chiffre exact des arrivants français soit difficile à obtenir ; étant donné que la France et l'Angleterre font toutes deux partie de l'Europe, laquelle permet le libre mouvement au-delà des frontières, les français qui s'installent n'ont pas à faire de déclaration de domicile. Le rêve de John Lennon se réalise à contrario, il ne s'agit pas d'un jardin d'Eden mais de profits d'argent ; si cela  crée de l'emploi... à quel prix pour les ouvriers et le petit personnel administratif  ?

Paragraphe 6 :

"But the French consulate estimates that London, with a population of  7,6 million, is home to between 300,000 and 400,000 French résidents, which is more than live in French cities like Bordeaux, Nantes or Strasbourg. By contrast, there are just 8,500 Brits living in Paris."

Ils insistent beaucoup sur "l'invasion" des français à Londres, je finis par le croire d'autant mieux qu'un mensonge de cet ampleur serait vite découvert concernant une "invasion", comme il est écrit. Le consulat français estime que Londres, avec une population de 7,6 millions habitants compte entre  300,000 et 400,000 résidants français,  plus que n'en dénombrent des villes françaises comme Bordeaux, Nantes ou Strasbourg (d'après vérification Nantes a une plus forte démographie). En comparaison, il n'y a que 8,500 Britanniques qui vivent à Paris.  Dingue, non ?

Paragraphe 8 et 9

"There are signs of the French invasion everywhere, and not just in their traditional stomping ground of South Kensington, near the famed Lycée Charles de Gaulle, a school funded by the French governement, which has 4,000 primary and secondary pupils.

Such is the pressure for a French education from prosperous parents that a new bilingual private school in Kentish Town, Northwest London, the Collège  Français Bilingue de Londres, which opened in 2011, is already nudging its maximum of 700 pupils between the ages of 5 and 15. And a new French secondary school, taking 1,000 pupils up to the age of 18, is scheduled to open in the northern suburb of Wembley in 2015."

 Il y a partout des signes de l'envahissement français, et pas seulement dans leur quartier de prédilection du Kensington sud, près du fameux lycée Charles de Gaulle, une école financée par le gouvernement français, qui a 4000 élèves en primaire et secondaire.

Telle est la pression pour une éducation en français venant des parents prospères, qu'une nouvelle école privée bilingue à Kentish Town (quartier londonien de Camden), au nord-ouest de Londres, le Collège Français de Londres, lequel a ouvert en 2011, a déjà atteint son maximum de 700 élèves âgés entre cinq et quinze ans. Et on prévoit d'ouvrir une nouvelle école française, prenant 1000 élèves, dans la banlieue nord de Wembley en 2015.

Ce n'est pas la crise pour tout le monde, la preuve en est.

07:49 Publié dans Lecture, Note | Lien permanent | Commentaires (0)

25/03/2014

Jacques à dit, Hugo en dit ... assez d'accord

"History has its truth, and so has legend. Legendary truth is of another nature than historical truth. Legendary truth is invention whose result is reality. Furthermore, history and legend have the same goal; to depict eternal man beneath momentary man."

C'est une pensée de Victor Hugo. Les coulisses de la Grande histoire sont peut-être plus intéressantes que l'histoire officielle sans que tout soit à jeter, évidemment, dans ce que racontent les livres d'histoire. Reste la part d'intuition. Je viens de lire Le grand Cœur de Jean-Christophe Rufin, l'auteur avoue s'être peut-être plus peint lui-même à différents moments que Jacques Cœur. Jacques Cœur était-il amoureux d'Agnès Sorel? J-C Rufin a l'impression que Jacques Cœur s'est probablement empêtré dans ses sentiments vis-à-vis  d'Agnès et de sa femme légitime, que, au bout du compte, dans le roman,  il considère avoir gravement trahie. Sa fortune a bien pu le conduire à de grands tourments, ceux qu'on éprouve quand on risque trop son âme, à mauvais escient parfois. Rufin montre le génie commercial de Jacques Cœur lorsqu'il crée un réseau, lequel sauva le roi de guerres intestines contre les princes de France, mais faillit le cramer lui, un peu à la manière de Jeanne d'Arc, sa contemporaine, en paiement de ses loyaux services. Par ailleurs Rufin le dépeint encore, ce héros, lorsqu'il tombe dans sa propre toile, en raison de compromissions graves ; notamment lorsqu'il refuse de sauver un jeune "mahométan", dans l'unique but de conserver de bonnes relations avec les puissants du pays d'Egypte qui continueront ainsi à laisser naviguer ses bateaux dans leurs eaux. Quand les choses prennent des proportions gigantesques, où se jouent la gloire d'un pays, le succès d'une entreprise colossale, alors il devient difficile d'échapper aux tromperies avec soi-même, aux petites et grandes trahisons que Jacques Cœur n'a pas vraiment voulues, presque étranger, qu'il fut, imagine Rufin, au monde matériel auquel il prenait activement part cependant mais de façon paperassière par la suite.  L'homme à la tête du réseau en question, Jacques Cœur, est à la fin à bout de forces et  au bord de se perdre. Du coup, Rufin lui invente une troisième femme, en dehors de son monde, elle vit simplement, et alors, s'insinue pour Jacques Cœur un retour possible sur soi, un ressourcement.

L'Histoire et la légende ont en commun de dépeindre l'homme éternel sous l'homme du moment, celui qui passe mais est relié à cette dimension d'humanité éternelle, pense Hugo ; mais oui, on le voit bien dans ce livre-là, sauf qu'il arrive que l'histoire ne puisse accéder à la dimension  de  légende par ce que ses acteurs ont eu d'inhumanité, de monstrueux, elle reste alors crue, l'Histoire, difficile à avaler, à digérer ; les dragons de légendes sont de la gnognotte à côté de certains personnages qui la firent.

     

12:53 Publié dans Lecture, Note | Lien permanent | Commentaires (0)