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03/10/2012

Framboises

Patiricia Highsmith aurait-elle l’obsession de la dévoration ? Première nouvelle : les femelles d’un aimable cafard, bien que fécondes à souhait, se font régulièrement dézinguer par des hippies imprévisibles ; « tellement ils sont camés » que les cafardes, n’étant pas en mesure d’anticiper la trajectoire des géants ivres finissent souvent écrabouillées sous une botte de cow-boy ; deuxième nouvelle : Antoine, victime de la fatigue morale de Roland, se fait vider de son sang par le furet de celui-ci, qui redevient sauvage à ses heures ; troisième nouvelle : le professeur Clavering se fait bouffer in extrémis par un escargot géant, je dis in extrémis, parce que, n’était la peur panique qui les a privés de courage, les indigènes ont failli le sauver. C’est bien écrit, l’auteure fait fonctionner tous les mécanismes des sentiments ou états divers et variés qui peuvent tenailler l’être humain pour animer ses personnages. Du coup, c’est moins l’histoire qui m’intéresse que les personnages en eux-mêmes qui prennent vie sous sa plume, font l’histoire, la subissent ; l’un ou l’autre ou l’un et l’autre. Ce matin néanmoins, too much is too much, après la lecture de l’aventure du professeur Clavering je suis allée me rafraîchir les idées dans le petit patio derrière la maison. Sous une petite bruine tiède, dans une température ambiante pas désagréable, j’ai tout de suite été attirée par le généreux framboisier, criblé de grosses framboises rouges. J’en ai cueilli une soixantaine ; presque chaque jour depuis un mois je fais une récolte d'une trentaine de framboises, aujourd'hui, il a fait fort. Je me suis ensuite dirigée vers les jardinières de haricots verts dont j’ai recueilli une vingtaine de gousses, le mûrier ne m’a donné que très peu de mûres mais il a des circonstances atténuantes, il ne bénéficie pas de la même exposition ensoleillée que le framboisier. Il m'épate ce framboisier, de plus il donne plein de jeunes plants qui ont l’air très vigoureux.

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01/10/2012

Le traité scandaleux

"Le traité européen impose une camisole au peuple."

"souveraineté populaire votée en 1789 : c'est au citoyen de décider l'impôt et de décider l'usage de cet impôt. C'est là-dessus que ce traité essaie de revenir."

"Ils ont peur du débat. La démocratie participative, rapport à la perte de l'indépendance de la France, on voit bien que c'est que des mots. Les financiers, eux, ils vont pas dans le mur."

"Quand on se dit de gauche, on fait une politique pour ceux qui souffrent." c'était DD...

 Propos sensés de gens qui ne sont pas dupes chez Daniel Mermet cet après-midi, à là-bas si j'y suis. C'était un kaftage de cafard respectable ; je suis en plein dans les nouvelles de Patricia Highsmith comme vous vous en êtes aperçu si vous avez lu la note précédente écrite un peu à la va-vite.   

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A vampire ? said Stefan - Patricia Highsmith

Dans la nouvelle du furet de Highsmith un ado évolue dans un univers un peu étouffant. Roland, parisien de quinze ans qui en paraît dix-huit s’estime entré dans l’âge adulte, et de ce fait a un peu de mal à supporter l’autorité que le vieil Antoine veut encore exercer sur lui "he was no longer a child to be told what to do by a servant." Le domestique représente à ses yeux une sorte de complice de sa mère, laquelle surveille de très près ce fils unique, ne lui montrant son affection qu’au travers une autorité assez pesante pour le jeune adulte qui essaie de contourner les règles établies en cachette sans être dans une franche rébellion contre sa mère. Et alors, que se passe-t-il ? Un furet, d’une joliesse qui le fait ressembler à une peluche surréaliste entre dans sa vie, au hasard d’une course chez un pépiniériste. Roland commence par se faire mordre, il cache cette morsure pour obtenir de sa mère l’autorisation d’acheter le furet. L'animal  est un peu sauvage puisqu’il mord, ce qui le rend fréquentable, Roland est conquis, il finit par le voir comme un minuscule vampire, une créature « mauvais genre »  forcément déplaisante aux yeux des adultes de la vieille garde. Pas de lutte des classes ici, mais lutte intestine plutôt d’ordre inter-générationnelle, si l’on peut dire. J’ai eu l’impression à un moment, lorsque Roland observe cette miniature qui tient dans sa main, qu’il éprouve de l’admiration pour ce qui est radicalement différent aussi bien physiquement que sur le plan comportemental, de l’être humain civilisé. Le furet si petit que Roland avait songé à  lui faire faire un collier et un harnais sur mesure, malgré son côté sanguinaire (il pompe le sang du lapin, avant, souvent, de s’endormir au chaud près de sa victime une fois morte, voilà pour ses "mœurs") reste innocent parce que n'obéissant qu'à sa propre nature. Sa taille minuscule semble pour beaucoup dans l’attendrissement de Roland qui voit dans l'adulte agréé, en l'occurence Antoine, un mauvais géant ; bref il perçoit derrière la civilité des vieux de la vieille,  quelque crime sournois toujours possible et au fond, il semble que pour lui, tous ces anciens, presque des ancêtres concernant le très vieux domestique, se ressemblent trop. 

À nous, "les vieux", de nous différencier positivement, si l’on veut chercher une morale ou un sens à cette histoire.

 

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