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18/01/2013

Pas si surprenant que ça

C’est évident que les salafistes n’ont absolument rien à voir avec les Pussy Riot, aucune comparaison possible. Surtout en ce qui concerne l’habillement des femmes. Là où les Pussy poussent très loin le minimalisme, les salafistes couvrent toujours plus les femmes. Comportement vestimentaire assez inapproprié au vu du climat, de part et d’autre. Pour les femmes salafistes : voile sur la tête et une partie du visage, gants noirs, longues robes, noires aussi mais pas gothique au niveau de la coupe. Quelque chose a néanmoins retenu mon attention lors d’un reportage sur les salafistes, qui m’a amenée à penser qu’il pourrait quand même bien exister un point commun entre des entités aussi diamétralement opposées : là où les salafistes détruisent les mausolées provenant d’autres courants musulmans, les Pussy détruisent des objets de cultes de certains chrétiens. Chacun se sent plus directement concerné par le milieu côtoyé de très près. En tout cas, la démarche à l’égard de ce que les uns et les autres considèrent sans doute comme de l’idolâtrie est comparable. De même que des laïques en révolte peuvent mettre à bas des statues d’hommes vénérés par les uns mais pas par les autres, mais aussi les mettre à bas pour le seul principe qu’ériger une statue relève de l’idolâtrie en question. Au-delà de différences multiples, il y a des atavismes surprenants contre par exemple ce qui est perçu comme de l'idolâtrie. Mais ce ne sont que des supputations.  

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13/01/2013

Émotions fortes

C’est fou comme les gens trouvent vite un prétexte pour rejeter quelqu’un qui ne paraît pas coller avec l’univers qu’ils partagent. J’ai observé cela à l’occasion d’une émission télé hier soir. L’homme mis "hors du coup" par le groupe était vicomte, c’était apparemment le prétexte tout trouvé pour le sacquer. "L’agence de notation", c’est-à-dire les quatre autres, a donné à ce candidat "hors norme" qui participait au jeu télévisuel Un dîner presque parfait, une note assez basse en vue sans doute de marquer le fait qu’ils n’acceptaient pas, comme déclara le vicomte ensuite, "ce qu’il était". Il y a des malheurs plus grands que ce genre de rejet mais enfin, voir les quatre protagonistes faire bloc, pour un prétexte aussi léger, contre un homme, se fermer comme des huîtres dès qu’ils ont vu sa maison-château, m’a surpris. Comme ils se coincent vite ces quatre-là me suis-je dit, est-ce qu’ils sont tellement meilleurs que les autres ? Est-ce qu’ils donneraient plus facilement un coup de main aux SDF que les autres ? Non, parce que si solidarité il y avait entre français il n’y aurait plus de sans-abris, ou beaucoup moins. Et se rendent-ils compte de la difficulté qu’il y a à réchauffer ces grandes bicoques aux plafonds très hauts, autant dormir dehors certains soirs d’hiver à mon avis. Et puis, les maisons-châteaux, d’après le vicomte, font un peu peur. Il ne croit pas aux fantômes, a-t-il démontré à sa façon de prendre de haut cette superstition ridicule, mais quand même, il y pense, en raison justement de ce patrimoine, qui comme tout patrimoine qui se respecte attirerait, d'après les naïfs, les esprits désincarnés en quête parfois de vengeance, squat qui serait préjudiciable aux résidents légitimes et qui nous a valu nombre de films d‘horreur d’assez mauvais goût. Si j’avais participé à ce jeu dans cette équipe-là, j’aurais fait bonne figure au vicomte jusqu’au moment de l’animation où il a cru bon de blaguer avec justement, un éventuel fantôme qui rôderait dans sa maison. Plafond haut ou pas, je pense que je me serais senti soudain à l’étroit dans la grande bâtisse et que je serais partie sans tambour ni trompette. Partie en effet, mais, j’y tiens, sans rancune. La rancune étant à priori le sentiment qui avait l’air d’animer le clan des quatre contre un vicomte qui n’avait fait, après tout, que les inviter chez lui… très inélégant ce genre de remerciement, il faisait ressembler ses auteurs à des huissiers réprobateurs, en manque de quelque chose à se mettre sous la dent.

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11/01/2013

Vu

Un homme muni de béquilles riait seul, sans discontinuer tout en avançant avec lenteur sur un trottoir du centre ville, un rire audible et assez doux. Une scène hilarante semblait lui revenir en mémoire, les gens autour n’existaient pas. Quelque chose l'obnubilait. Son grand imper en disait long sur son indifférence au monde qui l’entourait. Il était ailleurs. Sa tête lui importait peu mais si quelqu’un lui avait demandé l’autorisation de le prendre en photo histoire de le titiller un peu, son rire serait peut-être devenu grinçant ;  Le fait est que la douceur un peu inquiétante de ce fou rire  l’isolait, les gens évitaient de le regarder comme s’ils avaient eu peur de saisir un reflet dérangeant dans ce miroir ambulant. Saturé "de monde", il avait l'air de ne vouloir rencontrer personne.  

 

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