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21/05/2013

ça caille mes amis

il y aurait des mots qui seraient bientôt susceptibles de faire encourir une pénalité à qui les prononce ou les utilise… c’est pourquoi je me dépêche de vous raconter cette anecdote. Mon ami se trouvait, par un jour de cet hiver glacial que nous venons à peine de quitter, sur le chemin du retour après le travail, dans une rue de Lens, quand il vit sortir d’un café une blondinette, accompagnée de quelques autres lycéennes. Sous l’effet du froid qui la cingla d’un coup, la tendre jeune fille au teint rosé s’exclama d’une voix tonitruante «  ça caille sa race !! » cela, à la surprise de mon ami qui croyait ce langage « circonscrit » à quelques petits jeunes de banlieue, en quoi il faisait preuve d’une sorte de préjugé plus naïf que raciste en réalité.

Le racisme se loge-t-il dans un mot ? Le racisme social s’insinue parfois dans des expressions qui contournent aisément le mot « race », expressions du genre : « ce sont des cas sociaux » prononcés du bout des lèvres, ou dans un genre plus affirmé : « sales pauvres », ou encore moins complexé : «  racaille » …. Mais plus souvent le racisme s’exprime par des attitudes de discrimination silencieuse.

Pour en revenir aux mots, continuer de laisser à chacun la responsabilité de ses paroles  serait faire preuve sinon d’estime à l‘égard du causeur, du moins de quelque espoir en une intime décantation ultérieure des propos incriminés chez le mauvais parleur. Ce serait aussi croire réellement en une démocratie possible. Si j’étais présidente de la République interdirais-je le mot « Supérieur » parce que je le trouve à connotation raciste ? Je ne l’aime pas ce mot, c’est vrai. Mais, pour combattre le racisme ne vaut-il pas mieux s’en tenir aux faits ? Quoique certains mots vaillent des actes j’en conviens. Prenons par exemple cette chanson de rap qui traite je ne sais qui, ou plutôt quoi, tant la personne est réifiée, de gogol… pas glorieux de la part du chanteur, pourtant ça, ça ne dérange pas les pouvoirs publics apparemment.

Pour ma part, je reste sur ma position : laissons aux gens la responsabilité de leurs paroles à moins que l’incitation à la haine n’ait pris de trop grandes proportions, incitation que, de toute façon, le seul mot -race- ne peut à lui seul contenir. Éradiquer des mots pour éradiquer le mal ? Ce serait magique. 

09:46 Publié dans Note | Lien permanent | Commentaires (0)

18/05/2013

Passage en revue

J’aime de nombreux passages Des Mémoires d’Outre-tombe, pour autant je ne suis pas Chateaubriand dans toutes ses errances politiques, certaines choses qu’il écrit, de ce point de vue, peuvent me sembler assez justes mais, plus souvent, pas d’autres, par exemple lorsqu’il écrit :

« En parlant de Canada et de la Louisiane, en regardant sur les vieilles cartes l’étendue des anciennes colonies françaises en Amérique, je me demandais comment le gouvernement de mon pays avait pu laisser périr ces colonies, qui seraient aujourd’hui pour nous une source inépuisable de prospérité … »

Selon moi Chateaubriand se trompe, coloniser des pays a été une faute majeure que les bourgeois des pays occidentaux font payer au prix fort encore et peut-être surtout aujourd’hui au prolétariat dit « de souche », qui lui n’avait pourtant rien à voir avec ces colonisations, subissant également le joug des classes dominantes dans son pays ( la classe bourgeoise surtout, avec l’industrialisation naissante extrêmement barbare vis-à-vis des ouvriers).

Par d’autres côtés Chateaubriand exprime génialement bien certaines choses, son amour pour sa sœur, la Bretagne, sa famille ; sa confiance sincère dans sa religion (ce n’est pas banal et pas  frelaté non plus) tout ça m’étonne, me touche sans qu'il s'agisse toujours d'affinités. Cela dit, je n’ai pas à le justifier.

Prenons d’autres génies... enfin, ce que je considère, moi, comme des génies. Brassens par exemple… eh bien lui aussi avait sa dose de cruauté envers notamment ceux qui se prenaient des coups en amour (il y en a qui se suicident pour ça) j’ai nommé les cocus, cocus dont personnellement je ne me moque jamais, consciente que le truc peut arriver à tout le monde, même à Molière, à son grand dam à ce que dit la petite histoire, lui qui les avait tant malmenés… une des conséquences à vouloir se marier à tout prix, et sur le tard. 

Autre exemple (pas de cocufiage à proprement parler, quoique…) avec Picasso qui était bizarrement cruel envers les femmes qu‘il aimait, au point, lorsque j’ai visionné le film sur sa vie, de me demander si cela n’était pas dû au fait d’avoir assisté dès son plus jeune âge aux corridas, accompagné d’un papa que le spectacle de cette boucherie enthousiasmait … bref, une dose de sadisme pas banal chez Picasso et assez dévastatrice pour ses compagnes dont l'une s'est pendue et une autre est devenue mystique… cruauté que Sade lui-même n’aurait pas boudée.

Les artistes si géniaux soient-ils ne sont pas des saints… excepté peut-être Saint Augustin, encore que… Van Gogh peut-être, sensible à cent pour cent. 

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17/05/2013

Trou de mémoire

Je ne connais pas le titre du film que je n’ai vu qu’à moitié ce soir, m’étant profondément endormie dans le canapé vers 19 heures, je me suis réveillée un peu avant la scène des couinements de cochon, si bien réveillée qu’il ne me restait plus qu’à prendre le film en cours. C’était facile de comprendre qu’il s’agissait d’un jeune couple de français qui avait adopté au temps de la guerre d’Algérie un enfant arabe. Tout se passait plutôt bien malgré quelques heurts dans le couple, que l’enfant savait relativiser, il avait adopté en quelque sorte ses protecteurs. Le film ronronna jusqu’à la scène du bistrot où le personnage de Depardieu insulte un jeune prolo en tant que bourreau potentiel de ceux qui se battaient pour l‘indépendance de l’Algérie. Là j’ai eu soudain comme une envie d’ailleurs mais peine perdue, mon compagnon était absorbé par le film. Quelle chienlit la guerre ! Quelle tristesse que ces jeunes prolos déboussolés, et les non prolos aussi d'ailleurs,  envoyés abruptement à la guerre. Seront-ils, parmi tant d'autres, les éternels cocus de l’histoire ceux qui ne se comportèrent pas en sadique ? Ceux qui  y sont souvent allés par la force des choses, n’espérant rien d’autre que de rentrer vivants, comme cela se produit souvent en ces circonstances. Chose élémentaire mais si souvent éludée,  il ne s'agit pourtant pas d'une pièce de Molière.

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