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31/01/2014

Talisman

Des creux dans le temps disais-tu,

quand les sensations manquent.

Des creux où la mort s'invite,

et pourtant, toujours vivants sous la poussière,

de vieux écrits se déroulent comme des chemins d'aventure

où la mémoire s'alimente peu à peu,

se réveille.

Yeux fermés, quand le livre te tombe des mains,

tu peux regarder à présent,

 les démons du passé aux visages vengeurs,

refuser leurs offres de mort,

 affirmer ton amour et te surprendre à prier

avec des mots  appris par cœur,

les mots talismans de l'enfance,

qui ont repris vigueur 

et grâce à eux bénir Dieu.

 

J'ai écrit ce poème, à l'instant.  Un talisman comme tout poème écrit avec le cœur.

 

 

 

 

29/01/2014

29 janvier

Ce matin, un texte que je viens d'écrire. C'est court, rubrique poésie donc. Il s'intitule Rencontre d'aujoud'hui

 

Rencontre d'aujourd'hui

 

Il aperçoit un groupe de filles discutant à proximité de la vieille prison désaffectée,  s'approche d'elles nonchalemment, sort avec indolence de la poche intérieure de sa veste son Galaxy Team pourvu d'un projecteur intégré, sous Android 2-3 Gingerbread.

 

Les filles, vaguement amusées, regardent se gondoler en plein jour, les images de ce miroir déformant que devient tout à coup le mur crevassé de l'ancienne taule.

 

— À combien la luminosité ?

 

interroge l'une d'elles, elle jauge malicieusement le beau garçon sans cesser de mâcher son chewing-gum.

 

— 15 lumens.

 

— Ouais, c'est chouette, dit-elle, conquise.

 

— Ouais mais non, dit une autre, qui apparemment "la jouerait provoc" selon les copines, pour attirer l'attention du jeune homme. 

 

— Non pourquoi ? nom d'un chien !

 

s'exclame le cinéaste de fortune aussitôt sous tension et intrigué tout de même.

 

— Je connais un autre type qu'a un mobile 15 OS. Son iPhone se transforme en picoproj., crois-moi, il  en jette autrement plus que ton bidule.

 

Il dévisage la fille, ne se démonte pas, décide de relever le défi parce qu'elle lui plait.

 

— J'ai un caméscope à la maison HDRPJ 20, dit-il, qui intègre un picoproj. Chez moi, les murs sont blancs, j'peux te montrer des films de mes derniers voyages. 12 lumens, ça suffit en intérieur, et en prime si tu veux, j'te f'rai essayer mon zoom optique de 27 x. Ça te dit ?

 

La première protagoniste, vexée de n'être pas invitée veut reprendre la main :

 

— Ouais, c'est nul ! mon pote a une tablette  Q U7 , son picoprojecteur est de 35 lumens, qui projette un écran de 60 pouces si tu veux savoir... n'importe où et quand tu veux.

 

Le garçon agacé par l'intervention qu'il trouve inopportune de la part de celle qu'il traite intérieurement de grognasse, se montre dubitatif :

 

— Ah ouais ? Et combien de pixels ?

 

La fille se sait évincée. Elle arbore néanmoins une coquette moue à la Brigitte Bardot et daigne lâcher quelques chiffres :

 

— 854x480. Ouais, je sais, la résolution est loin du HD, mais bon, c'est largement suffisant pour regarder des films et des vidéos s'il fait assez sombre dans la pièce.

 

— Assez sombre dans la pièce ! s'esclaffe le garçon, tu t'es coupée petite ! je préfère ce Galaxy Team tant qu'à faire. C'est juste que j'ai pas trouvé de murs plans. Arrête de te gondoler ! dit-il en s'adressant à sa favorite en train effectivement de rire follement. Entre deux hoquets elle dit :

 

— C'est juste que... il faut toujours des murs, tu vois... des murs plans, des murs blancs. Elle se ressaisit et reprend, ... et plein de supports : tablettes, notebook avec entrée HDMI. C'est  trop de matos en fin de compte, si on y réfléchit ! Autant se payer un bon vieux cinoche comme nos grands-parents !

 

Le garçon, ému, sous le charme de sa nouvelle dulcinée, saisit l'opportunité car il en est sûr, il s'agit bien d'une invitation déguisée.

 

— Ben ouais, bafouille-t-il, c'est juste que, alors, faut que'je t'emmène sur ma moto. Elle est garée pas loin. Il arrête la projection que personne ne regardait, range son smartphone, et continue, ici y'a plus de ciné mais j'en connais un vers Truboulin, à 50 bornes d'ici. On y va ?

 

Les deux s'en vont bras-dessus, bras-dessous, conquis, et comme sous hypnose, ils ont oublié de prendre congé des autres. Les filles regardent partir avec un peu d'envie et de regret le couple qui, à peine formé,  s'éloigne d'elles sans vergogne, à grands pas. Certaines lèvent les yeux au ciel, où passent à grande vitesse des caravanes de nuages blancs, vertigineux comme parfois un virage du destin, elles sentent sur leur visage le souffle d'un vent d'ouest qui s'affirme, décoiffe, soulève et les pousse à quitter les lieux à leur tour. Le mur crevassé reçoit alors leurs ombres fugitives parmi celles toujours dansantes des branches d'arbres voisins, qui font comme des signes au-revoir. 

 

   

 

 

 

 

 

 

 

 

 

10/12/2013

Rayonnements d'ombre

J'ai écrit ce texte ce matin que j'intitule Rayonnements d'ombre

 

 

Immobile elle regarde surgir son ombre dans la lumière des phares d'une voiture,

le reflet se déplace dans sa fugace inertie sur toute la largeur du rideau de fer

 

Éclipses et mémoire

 

le miroir des rétroviseurs renvoie au néant des miniatures

 

que le spectateur en partance retient au plus quelques secondes

 

chez elle maintenant les choses dansent ou se figent en dessin momentané à la lueur des bougies

 

lumière des ombres où  jouent les apparences

 

jeu d’esprit qui se donne en spectacle à dire aux aveugles

 

Remède à l’eau de source des rétines brûlées

 

De mille façons aux néons des cités