Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

14/12/2017

Lu ce matin

 

Chemins de traverse – 632 / Gustave Roud

 

Gustave Roud

 

Je crois que l’homme au plein de sa vigueur et de sa force, et qui le sent assez pour ne pas douter de son regard, de son ouïe, est, à la lettre, un aveugle et un sourd. Je crois que seuls certains états extrêmes de l’âme et du corps: fatigue (au bord de l’anéantissement), maladie, invasion du cœur par une subite souffrance maintenue à son paroxysme, peuvent rendre à l’homme sa vraie puissance d’ouïe et de regard. Nulle allusion, ici, à la parole de Plotin: « Ferme les yeux, afin que s’ouvre l’œil intérieur. » Il s’agit de l’instant suprême où la communion avec le monde nous est donnée, où l’univers cesse d’être un spectacle parfaitement lisible, entièrement inane, pour devenir une immense gerbe de messages, un concert sans cesse recommencé de cris, de chants, de gestes où tout être, toute chose est à la fois signe et porteur de signe. L’instant suprême aussi où l’homme sent crouler sa risible royauté intérieure et tremble et cède aux appels d’un ailleurs indubitable.

De ces messages, la poésie seule (est-il besoin de le dire?) est digne de suggérer quelque écho. Souvent elle y renonce en pleurant, car ils sont presque tous balbutiés à la limite de l’ineffable. Elle s’éveille de sa connaissance, les lèvres lourdes encore de paroles absentes ou folles qu’elle n’ose redire – et qui contiennent la vérité. Ou si elle ose les redire, c’est qu’elle semble avoir oublié leur origine, leur importance. Elle divulgue en deux vers un secret bouleversant, puis se tait.

 

Gustave Roud, Air de solitude et autres récits (coll. Poésie/Gallimard, 2002

 

Sur le site Jubilate Deo.

08:24 Publié dans Lecture | Lien permanent | Commentaires (0)

11/12/2017

Mélampous

 

Mélampous le Minyen, petit fils de Créthée,  vivait à Pylos, en Messénie. Il fut le premier mortel à recevoir le don de prophétie, le premier à pratiquer la médecine, le premier à bâtir des temples de Dionysos en Grèce, et le premier à ajouter à son vin, de l'eau, d'après l'histoire des mythes Grecs rapportée par Robert Graves dans son livre Les Mythes Grecs.

 

Il avait un frère, nommé Bias et il y était profondément attaché. Ce frère s'éprit de leur cousine Péro, qui avait tant de succès auprès des hommes que son père, Nélée,  en tournait bourrique ; pour démêler le nœud des prétendants  Nélée la promit à celui qui serait capable de prendre au roi Phylacos son troupeau, ayant coutume de brouter à Phylacae.  Phylacos tenait à ce troupeau qui constituait sa richesse, et tenait plus encore à son fils unique Iphilcos. Il gardait lui-même le troupeau (car,  devait-il se dire "on n'est jamais mieux servi que par soi-même") mais se faisait quand même aider dans sa tâche par un chien. On disait de ce chien qu'il ne dormait jamais et ne se laissait pas approcher... tel un loup mais qui ne boufferait pas le bétail.

 

 Mélampous, le premier, en rappel,  à pratiquer la médecine,  comprenait la langue des oiseaux et on expliquait la chose à l'époque par le fait que ses oreilles avaient été purifiées par une nichée de serpents qu'il avait sauvés de la mort après avoir pieusement enterré les corps de leur père et mère ; on suppose que ces derniers avaient dû périr dans un accident. Qui plus est,  Mélampous  avait rencontré un jour Apollon lui-même. Cette rencontre avait eu lieu sur les rives du fleuve Alphée.  Sa tête avait dû lui revenir car Apollon lui enseigna l'art divinatoire d'après l'examen des entrailles de victimes sacrificielles.

 

Besoin d'une petite pause, reprendrai cette histoire du mythe de Mélampous demain. Si l'on en croit ce mythe, l'art de la médecine a eu d'étranges balbutiements.

 

Ce récit à partir de celui de Robert Graves dans son livre Les Mythes Grecs ; Mélampous, page 191.

05:42 Publié dans Lecture | Lien permanent | Commentaires (0)

09/12/2017

Plus que 60 pages à lire du roman d'espionnage

 C'est devenu plus qu'un roman d'espionnage ce livre intitulé L'ultime trahison, c'est un cours d'histoire, qui parle de la guerre froide entre la Russie et les Américains, le monde de l'Est et celui de l'Ouest, mais une histoire à hauteur d'hommes, un roman ; une famille dont les membres sont séparés, un gâchis, une incroyable intrusion,  dans le but de protéger les intérêts d'un autre homme, plus important aux yeux de politiques aussi véreux que leurs ennemis de l'autre camp. La foi en la politique, comme une foi substitut peut-être. Où mènent les idées auxquelles d'aucuns, qui ont pris le pouvoir, se raccrochent coûte que coûte ?  Quel bouquin !  de Joseph Kanon.

07:26 Publié dans Lecture | Lien permanent | Commentaires (0)