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31.10.2007
Mars
À propos de la nouvelle concernant la planète Mars, mise en ligne ce matin sur le blog de Patrick S Vast, un article qui va peut-être nous révéler le mystère de son épiderme rubescent ; cette planète s‘est-elle empourprée peu à peu, soudainement ou est-ce un caractère inné de la belle ? Mars au féminin, selon moi et pour la différencier de Mars lE papillon qui ne partage pas son butin, contrairement à l’Abeille féministe. Je n’en dirai pas plus sur le sujet, revenons à Mars avec cet article à faire pâlir d’envie, qui commence ainsi :
"Des milliers de candidats pour une mission sur Mars.
I ncroyable engouement pour le programme Mars 500 lancé au mois de juin dernier par l'Agence Spatiale Européenne. Il s'agissait de recruter des candidats pour un programme de simulation de mission vers Mars. Mais le programme a dû en faire réfléchir plus d'un : plus de 17 mois isolés dans des caissons totalement coupé du monde extérieur. Malgré cela, 5650 personnes ont présenté leurs candidatures. Mais il n'y aura que quelques élus."
Mars peut encore changer d’aspect à l'instar de la Terre…
« Reportez-vous, par la pensée, à l’époque où le globe terrestre n’avait pas encore l’aspect que vous lui connaissez. Des masses énormes de matières diverses dérivaient, se choquaient, fusionnaient, se déplaçaient. Des températures fabuleuses, associées à des pressions gigantesques, permettaient des amalgames impossibles à concevoir de nos jours mais dont nous constatons les résultats. Certains de ces bouleversements géants ont donné naissance à des cristaux. Les uns furent colorés, d’autres non. C’est à ces cristaux colorés, précieux à cause de leur rareté, que fut attribué le nom de « pierres précieuses de couleur… »
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30.10.2007
L'histoire
L’histoire permet avant tout de se rafraîchir la mémoire afin de mieux appréhender l’actualité. D’un temps à l’autre, des choses vont se répercuter dans le présent, produire des cassures mais aussi l’ébauche presque encore onirique d’une société plus conviviale. Chaque jour se rafraîchir la mémoire, d’une manière ou d’une autre, faire plus ample connaissance avec le passé, c’est se rendre pleinement conscient des enjeux grâce au lien tissé avec l’expérience de nos prédécesseurs. Je vous invite aujourd’hui, à lire cet article :
Les nouvelles Éditions Loubatières nous proposent ici un focus sur l’année 1936, véritable tournant pour les mouvements sociaux de l’entre-deux guerres.
En 1936 les acquis sociaux ont été nombreux, immédiats et tangibles… mais pour nous en ce XXIe siècle, soixante-dix ans après, que représente cette date symbolisant pour certains les avancées sociales et pour d’autres la montée en puissance du mouvement ouvrier au prix de grèves sévères et d’occupations d’usines mais aussi la reconnaissance du pouvoir syndical qui s’affirme désormais comme un contre-pouvoir.
L’avènement du Front Populaire et les luttes sociales qui lui ont fait suite, ont modifié comme jamais le paysage national. La durée du travail, le repos hebdomadaire, les congés payés… tout ou presque de ce que nous connaissons aujourd’hui dans ce domaine a pris naissance pendant ces quelques mois du printemps 1936.
Message de paix dans cet extrait de film où jouent Brel et Barbara.
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29.10.2007
Barbara
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28.10.2007
J'aime l'âne
j'aime l'âne si doux
Marchant le long des houx.
Il prend garde aux abeilles
Et bouge ses oreilles ;
Et il porte les pauvres
Et des sacs remplis d’orge.
Il va, près des fossés,
D’un petit pas cassé.
Mon amie le croit bête
Parce qu’il est poète.
Il réfléchit toujours.
Ses yeux sont en velours.
Jeune fille au doux cœur,
Tu n’as pas sa douceur :
Car il est devant Dieu
L’âne doux du ciel bleu.
Et il reste à l’étable,
Fatigué, misérable,
Ayant bien fatigué
Ses pauvres petits pieds.
Il a fait son devoir
Du matin jusqu’au soir.
Qu’as-tu fait jeune fille ?
Tu as tiré l’aiguille…
Mais l’âne s’est blessé :
La mouche l’a piqué.
Il a tant travaillé
Que ça vous fait pitié.
Qu’as-tu mangé petite ?
— T’as mangé des cerises.
L’âne n’a pas eu d’orge,
Car le maître est trop pauvre.
Il a sucé la corde,
Puis a dormi dans l’ombre…
La corde de ton cœur
N’a pas cette douceur.
Il est l’âne si doux
Marchant le long des houx.
J’ai le cœur ulcéré :
Ce mot-là te plairait.
Dis-moi donc, ma chérie,
Si je pleure ou je ris ?
Va trouver le vieil âne,
Et dis-lui que mon âme
Est sur les grands chemins,
Comme lui le matin.
Demande-lui, chérie,
Si je pleure ou je ris ?
Je doute qu’il réponde :
Il marchera dans l’ombre,
Crevé par la douceur,
Sur le chemin en fleurs.
Francis Jammes
19:50 Publié dans Poésie | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
le flou
Les cartes se brouillent en politique, l’ouverture plus propice à la confusion, qu’à éclairer les motivations des uns et des autres. Servir les intérêts des plus forts, reste trop souvent en politique, une priorité qui risque du coup, de s’accentuer au détriment des exclus. Au vu du reportage sur les SDF, au journal télévisé d’hier soir, des milliers de personnes vont encore devoir affronter l’hiver dans la rue, malgré les promesses de logements faites l’hiver dernier. En de telles situations, les "simples citoyens" ont d’autant plus besoin de clarté au niveau des valeurs défendues par les différents politiques. Pour aider plus efficacement, encore faut-il pouvoir se faire une idée juste de qui sont les responsables. Sinon, comment délier la bourse d’un État toujours enclin à la rétention monétaire quand il s’agit de secourir les plus démunis dans ce floutage des personnes et des valeurs ?
08:10 Publié dans Note | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
27.10.2007
L'ombre

Une autre fois, dans ce quartier sinistre,
Nous nous sommes assis sur un banc, à la nuit,
Et le vent qui chassait la pluie,
Les globes des hôtels meublés,
Les marlous aux chandails humides,
Les filles qui nous regardaient
Accumulaient, autour de nous, les maléfices
Dont le cercle se rapprochait,
Alors tu t’es mise à pleurer,
A m’expliquer, sans élever la voix,
Qu’un jour tu me délivrerais
De ces larves qui sont en moi…
Tu parlais et la pluie tombait.
C’était la pluie qui te faisait pleurer,
Comme un chagrin que rien n’apaise,
Comme une peine inconsolée.
Et la ronde des ombres et des feux des maisons
Tournait infatigablement
Avec ses voyous et ses filles,
Ses bars, où les phonos grinçaient,
En nous jetant quelquefois, par la porte,
Comme l’appel d’une voix morte…
La ronde que rien ne lassait,
Tournait et m’emportait, avec toi qui es morte,
Tourne et m’emporte encore, avec tout mon passé,
Hors du temps, hors du monde, hors de tout ce qui est
Ou qui n’est pas, mais que toi, dans l’ombre, tu sais…
Francis Carco
16:35 Publié dans Poésie | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
L'art et la science
« C’est par le truchement de l’expression artistique que les valeurs les plus hautes acquièrent une signification éternelle et une force capables d’émouvoir l’humanité. L’art possède la faculté illimitée de transformer l’âme humaine — faculté que les Grecs appelaient psychagogia. Seul, en effet, il dispose des deux éléments essentiels à l’influence éducative : une signification universelle et un appel immédiat. Parce qu’il combine ces deux moyens susceptibles de faire autorité sur l’esprit, il surpasse à la fois la réflexion philosophique et la vie réelle. La vie recèle un appel immédiat, mais les événements qui la composent manquent de portée générale : ils s’accompagnent de trop de hasards pour déclencher dans l’âme une vérité profonde et une impression durable. La philosophie et la pensée abstraite participent à l’essence même des choses, encore n’agissent-elles que sur l’homme capable d’user de son expérience personnelle pour leur insuffler la passion et la force de son existence propre. Ainsi la poésie (et l’art) garde l’avantage à la fois sur les enseignements généraux de la raison abstraite et sur les événements contingents de l’expérience individuelle. Elle est plus philosophique que la vie (pour reprendre en un sens plus large l’épigramme d’Aristote), mais d’autre part, vu la vérité spirituelle qu’elle concentre, elle est aussi plus proche de la vie que la philosophie. »
Werner Jaeger, Paideia : la formation de l’homme grec…
09:30 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Hubert Reeves
Dans votre dernier livre, je crois percevoir une certaine tristesse : en même temps que vous nous dites que la solution est dans la vie passionnée, on voit que vous même vous êtes très déchiré. Je pensais à ce mot de René Char qui me paraissait s’appliquer à vous : " La lucidité est la blessure la plus proche du soleil ". Parce que je vous trouve tellement lucide, et dans votre lucidité, tellement partagé : d’un côté, cette vision positive, cette recherche d’une vie passionnée, d’amour et d’ivresse, qui nous permettrait de franchir cette étape apparemment stagnante de l’évolution pour arriver à un niveau de conscience plus élevé, et d’autre part, cette inquiétude que vous d’exprimez sur la nature humaine qui semble piétiner, tourner en rond.
H.R : C’est pire que ça! Parce qu’en même temps que la nature humaine piétine, les dangers, eux, s’accélèrent. Il y a un tel progrès aujourd’hui des armes, qu’on se demande même si l’amélioration personnelle - qui est la seule solution possible - peut prendre de vitesse la course aux armements. On ne peut pas piétiner, arrêter là et attendre que ça se passe. La menace devient de plus en plus fabuleusement inquiétante : c’est une question de course, et on peut se demander si cette course n’est pas déjà perdue. J’espère toujours que non… (10/11/1986 Jacques Languirand rencontre Hubert Reeves
Hubert Reeves, l'article en intégralité
Les oiseaux inquiets eux aussi :
Lorraine et histoires d’oiseaux par Gilbert Blaising
Au cours d’un récent voyage au Sénégal, je suis tombé par hasard, au bord d’un marigot, sur l’assemblée générale, en plein air, du club des oiseaux lorrains expatriés. Après avoir montré ma carte d’identité prouvant mon domicile et celle d’adhérent à la L.P.O. assurant ma sympathie, ils m’ont accepté comme auditeur libre en leur milieu. Que n’ai-je entendu de récriminations !
La huppe fasciée disait qu’étant de moins en moins nombreuses de son espèce en ces contrées de Lorraine, elle avait de plus en plus de difficultés à trouver un partenaire pour ses noces annuelles, car analphabète, elle n’avait pas accès aux petites annonces.
Le busard cendré se plaignait du manque de nourriture dans les vastes champs de céréales aseptisés qu’il a dû squatter après la destruction de ses marais, la rousserole turdoïde déclarant ne plus savoir à quelle roselière se vouer et la fauvette babillarde (qui, comme tout le monde le sait, a la langue bien pendue) protestant au nom de l’important groupe parlementaire des passereaux, contre la disparition dramatique et incompréhensible des haies.
Chaque fois, l’ignorance et les mauvaises actions des hommes, avec lesquels ils ne demandaient pourtant qu’à s’entendre, étaient en accusation. Mais quel mal, disaient-ils, nous leur faisons donc pour récolter tant d’indifférence à notre sort. Ce n’est pourtant pas de vouloir les distraire par nos vocalises éperdues, ni de leur prêter main forte pour les débarrasser des insectes nuisibles à leurs productions. Dans les rangs des étourneaux et des cormorans, on observait à ce moment…
05:45 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
26.10.2007
Bouche à oreille
Un jour, dans le jardin public, j’assistai à une jolie confidence d’un père à sa petite fille.
De notre banc je pouvais voir l’homme assis sur l’herbe, qui la regardait jouer. Il l’appela, elle vint près de lui. Elle restant debout, leur tête étaient au même niveau. Un acquiescement de l’enfant conclut le rapide bouche à oreille, elle se dirigea illico vers moi, m’offrit la fleur que son père venait de lui confier, et retourna jouer. Sa façon de lui dire qu’il nous aimait bien.
Je vous propose d'écouter clandestino
10:19 Publié dans Note | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
25.10.2007
L'Ombre du vent
Jours de cendre
— Jamais je ne m’étais sentie prise, séduite et emportée par une histoire comme celle que racontait ce livre, expliqua Clara. Pour moi, la lecture était une obligation, une sorte de tribut à payer aux professeurs et aux précepteurs sans bien savoir pourquoi. Je ne connaissais pas encore le plaisir de lire, d’ouvrir des portes et d’explorer son âme, de s’abandonner à l’imagination, à la beauté et au mystère de la fiction et du langage. Tout cela est né en moi avec ce roman. As-tu déjà embrassé une fille, Daniel ?
Mon cervelet s’étrangla et ma salive se transforma en sciure de bois.
— Bien sûr, tu es très jeune. Mais c’est la même sensation, cette étincelle de l’inoubliable première fois. Ce monde est un monde de ténèbres, Daniel, et la magie une chose rare. Ce livre m’a appris que lire pouvait me faire vivre plus intensément, me rendre la vue que j’avais perdue. Rien que pour ça, ce roman dont personne n’avait cure a changé ma vie.
Arrivé à ce point, je me trouvais réduit à l’état d’idiot, à la merci de cet être dont les paroles et le charme ne me laissaient ni le moyen ni l’envie de résister. Je souhaitai qu’elle ne s’arrête jamais de parler, que sa voix m’enveloppe pour toujours et que son oncle ne revienne jamais mettre fin à cet instant qui n’appartenait qu’à moi.
— Pendant des années j’ai cherché d’autres livres de Julien Carax, poursuivit Clara. Je me suis renseignée dans des bibliothèques, des librairies, des écoles…en vain. Personne n’avait entendu parler de lui ni de ses livres. Je ne pouvais le comprendre. Plus tard, l’écho d’une étrange histoire revint aux oreilles de Monsieur Roquefort : un individu passait son temps à courir les librairies et les bibliothèques à la recherche d’œuvres de Julien Carax et, s’il en trouvait, les achetait, les volait ou les obtenait par n’importe quel moyen ; après quoi, il les brûlait. Nul ne savait qui il était, ni pourquoi il faisait cela. Un mystère de plus à ajouter à l’énigme Carax. Le temps passant, ma mère décida de retourner à Barcelone. Elle était malade, et son foyer, son univers avait toujours été ici. Secrètement, je nourrissais l’espoir de pouvoir y apprendre quelque chose sur Carax, puisque, en fin de compte, Barcelone était la ville où il était né et où il avait disparu au début de la guerre. Tout ce que j’y trouvai ne me conduisit qu’à des impasses, et cela malgré l’aide de mon oncle. Quant à ma mère, la Barcelone dans laquelle elle débarqua n’était plus celle qu’elle avait quittée. Elle découvrit une ville de ténèbres, où mon père ne vivait plus, mais dont chaque coin de rue restait hanté par son souvenir et sa mémoire. Comme si cette désolation ne suffisait pas, elle décida d’engager un individu pour enquêter sur ce qu’il était exactement advenu de mon père. Après des mois de recherches, tout ce que le détective réussit à retrouver fut une montre-bracelet cassée et le nom de l’homme qui l’avait tué dans les fossés du fort de Montjuïc. Il s’appelait Fumero, Javier Fumero. On nous dit que ce personnage - et il était loin d’être un cas isolé - avait débuté comme pistolero à la solde des anarchistes de la FAI, puis flirté avec les communistes comme avec les fascistes, les roulant tous, vendant ses services au plus offrant, pour passer enfin, après la chute de Barcelone, au camp des vainqueurs en s’engageant dans la police. C’est aujourd’hui un inspecteur célèbre et décoré. Personne, en revanche, ne se souvenait de mon père. Comme tu peux l’imaginer, ma mère s’éteignit au bout de quelques mois à peine. Les médecins dirent que c’était le cœur, et je crois que, pour une fois, ils avaient raison. À sa mort, j’allai vivre chez mon oncle Gustavo, le seul parent qui lui restait à Barcelone. J’adorais Gustavo, parce qu’il m’offrait toujours des livres quand il venait nous rendre visite. Toutes ces années, il a été mon unique famille, et mon meilleur ami. Tel que tu le vois, un peu arrogant, il a en réalité un cœur d’or. Chaque soir, sans exception, même s’il tombe de sommeil, il me fait la lecture.
— Si vous voulez, je pourrais vous faire la lecture, moi aussi, m’empressai-je de dire, en me repentant à l’instant même de mon audace, convaincu que, pour Clara, ma compagnie ne pouvait constituer qu’un embarras, ou une plaisanterie.
— Merci, Daniel, répondit-elle. J’en serais ravie.
— Ce sera quand vous voudrez.
Elle acquiesça, en me cherchant de son sourire.
Carlos Ruiz Zafon, L’Ombre du vent.
Je vous propose d'écouter une très belle musique
08:05 Publié dans Poésie | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note




Je vous propose d’écouter aujourd’hui, cette magnifique