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01/07/2014

Hugh et Geoffroy Firmin, le Consul

Hugh est le jeune frère de Geoffroy Firmin, le Consul. Juste après l'extrait mis en ligne hier (du livre  Au-dessous du volcan de Malcolm Lowry ), j'ai lu ce matin les quelque trois pages que je mets en ligne ci-après, où je me pose la question de savoir si, comme assure un critique, Goeffroy Firmin le Consul est en fait l'auteur lui-même. Il me semble, à travers les quelques lignes qui vont suivre que l'auteur s'est peut-être aussi glissé dans la peau de Hugh tant il rend bien l'intensité de la douleur de celui-ci. Ces pages parlent, outre de la poésie des lieux, de leur inaccessibilité, d'une certaine façon, en raison de la souffrance que cause la trahison d'un frère, amoureux de la femme de l'autre. Une douleur où l'amoureux - illégitime si l'on peut dire, le traitre - souffre les affres de la trahison. Il y aurait aussi à travers ces pages selon moi, la clé de l'état d'esprit de l'auteur, dans ces deux personnages, les frères : le principal, Geoffroy qui prend tout sur lui, et son frère qui lui aussi se sentant écrasé par un sentiment de trahison, prend sur lui, mais à l'inverse de Geoffroy de façon plus raisonnée puisqu'il ne fuit pas pour l'instant Yvonne ; en ce qui concerne Geoffroy, il me semble à cette heure que ce soit la condition même de Judas qu'il reprenne à son compte pour une raison non encore élucidée mais qui tiendrait du sentiment qu'il aurait pu commettre lui aussi une trahison désespérante, point d'interrogation en ce qui concerne Geoffroy. C'est pourquoi ce livre tient pour moi de la sainteté du fait que l'ego se mette à mal pour le salut du frère et de soi-même.

 L'extrait :

 

Ils descendaient tous la colline d’un pas lourd — même le pas du chien, assoupi dans un soliloque laineux — vers une rivière, et voici qu’ils étaient dedans, le premier pas prudent et pesant en avant, puis l’hésitation, puis la progression par à-coups, cette titubation au pied sûr sous soi, si délicate pourtant qu’il en émanait une certaine sensation de légèreté, comme si la jument eût été en train de nager, ou de flotter dans l’air, vous faisant traverser avec la divine sainteté d’un saint Christophe plutôt qu’au moyen d’un instinct faillible. Le chien nageait en tête, idiotement suffisant ; les poulains, hochant solennellement leurs têtes émergées jusqu’à l’encolure, ballotaient à la queue : le soleil scintillait sur l’eau calme qui plus loin en aval, là où se resserrait la rivière, se brisait en rageuses petites vagues, tourbillons et remous contre de noirs rochers tout auprès de la rive, prenant un air sauvage, presque un air de rapides ; au ras de leurs têtes manœuvrait un extatique éclair d’étranges oiseaux, exécutant loopings et tours à la Immelman à une vitesse incroyable, aérobatiques comme des libellules nouveau-nées. La rive opposée était boisée dru. Passé la pente douce du bord, un peu à gauche de ce qui semblait être l’entrée caverneuse du prolongement de leur sentier, se trouvait une pulqué ria ornée, au-dessus de sa paire de portes battantes en bois ( qui à distance ressemblaient assez aux chevrons immensément grossis d’un sergent américain) de rubans flottants aux gais coloris. Pulques Finos, disait en lettres bleues déteint le mur de brique crue, d’un blanc d’huître : La Sepultura… Nom macabre : mais nul doute qu’il n’ait une acception humoristique quelconque. Un Indien était assis, dos au mur, son grand chapeau à demi rabattu sur la face, reposant dehors au soleil. Son, ou un cheval était attaché près de lui à un arbre et, du milieu de l’eau, Hugh pouvait voir le nombre sept marqué au fer rouge sur sa croupe. Une affiche de cinéma local était fixée à l’arbre : Las Manos de Orlac con Peter Lorre. Sur le toit de la pulqueria un moulin à vent-jouet, du genre qu’on voit au Cape Cod, massachusetts, tournoyait sans répit dans la brise. Hugh dit :

 

«  Votre cheval ne cherche pas à boire Yvonne, rien qu’à se mirer dans l’eau. Ne lui tirez pas sur le mors. »

 

« Je n’en faisais rien. Je le savais aussi », dit Yvonne, avec un petit rire railleur.

 

Ils zigzaguèrent lentement à travers la rivière ; le chien, nageant comme une loutre, avait presque atteint la rive d’en face. Hugh sentait qu’il y avait une question dans l’air.

 

«  — vous êtes l’invité de la maison, vous savez. »

 

« Por favor. » Hugh salua de la tête.

 

« — aimeriez-vous dîner dehors et aller au cinéma ? Ou est-ce que vous affronterez la cuisine de Concepta ? »

 

« Qoui, quoi ? » Hugh, pour une raison ou pour une autre, était en train de penser à sa prmière semaine d’école secondaire, en Angleterre, toute une semaine à ne point savoir ce qu’on était censé faire ou répondre à n’importe quelle question, mais à se faire porter par une sorte de pression d’ignorance partagée dans des halls bondés, vers des activités, des marathons, même à s’isoler à l’écart, comme lorsqu’il se retrouva en train de faire du cheval avec la femme du directeur, en récompense, luiavait-on dit, mais de quoi, il n’avait jamais découvert. « Non, je crois que je détesterai aller au cinéma, merci bien », et il se mit à rire.

 

Suite de l’extrait page 200 à 205, demain, pour l'heure, musique :

  

 

 

 

 

 

28/06/2014

Lord Byron + un fameux blues

 La poésie a toujours été là pour tonifier le moral et les cœurs qui sans elle flancheraient. Voici un poème de Lord Byron dont j'ai mis une traduction à moi, qui vaut ce qu'elle vaut :

 

There be none of Beauty's daughters

With a magic like Thee ;

And like music on the waters

Is thy sweet voice to me :

When, as if its sound were causing

the charmed ocean's pausing,

the waves lie still and gleaming,

And the lull'd winds seem dreaming,

And the midnight moon is weaving

Her bright chain o'er the deep,

Whose breast is gently heaving

As an infant's asleep,

So the spirit bows before thee

To listen and adore thee,

With a full but soft emotion 

Like the swell of Summer's ocean.

 

Aucune des filles de Beauté

ne possède une magie comme toi ;

Et pareille à une musique sur les eaux

ta voix m'est douce  :

quand, comme si leur murmure offrait

le repos à l'océan charmé

les vagues s'allongent tranquilles et brillantes,

et que les vents apaisés semblent rêver,

 tandis que la lune de minuit tisse

sa chaîne lumineuse au-dessus du firmament

dont la poitrine se soulève légèrement

comme celle d'un nourrisson endormi,

alors l'esprit s'incline devant toi

pour écouter et t'adorer

avec une émotion pleine mais douce

comme la houle de l'océan d'été.  

 

Ensuite, en visitant le blog de Garcia, j'ai pu écouter ce fameux blues, ô délice ! :

 

 

 

The wide world is all about you: You can fence yourselves in, but you cannot for ever fence it out.
~ J.R.R. Tolkien

Ma traduction :  Le vaste monde est à vous : vous pouvez vous y enfermer vous-même, mais vous ne pouvez pas pour toujours le clôturer.

Autrement dit, on ne peut prendre éternellement possession du monde. Une citation relative au pouvoir.  

 

 

 

 

 

11/06/2014

Photo du jour... et musique

P1010041.JPG

Lay down in the tall grass
In a flat-bottomed boat
We lay down and wait for you
With nothing but a piece of rope
Dreaming every night of you
Shaking at the sight
I'll be dreaming every night of you
I'll be shaking at the sight - of - you

Will you beg for forgiveness
Will you pray to be saved
The way you choke your children
When they spit in your face
Dreaming every night of you
Shaking at the sight
I'll be dreaming every night of you
I'll be shaking at the sight

I dreamt you found me out in a field
You tripped over my site
And you dug me out of a shallow grave
With your Swiss Army knife

And only you could revive me
So badly decomposed
I was bone-white, dry and scaly
But you still took me home

Dreaming every night of you
Shaking at the sight of you
I'll be dreaming every night of you

And how could you be so serene
Motivation unclear
In a late basement seance
That brought us to tears
Dreaming every night of you
Shaking at the sight
Oh, I'll be dreaming every night of you
I'll be shaking at the sight

I dreamt you found me out in a field
You tripped over my site
And you dug me out of a shallow grave
With your Swiss Army knife

And only you could revive me
So badly decomposed
I was bone-white, dry, and scaly
But you still took me home

Dreaming every night of you
Shaking at the sight of you
I'll be dreaming every night of you

16:17 Publié dans Musique, Photo | Lien permanent | Commentaires (0)