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30.04.2008

Vu à la télé

Vu hier soir sur la 2, un téléfilm au sujet de la prostitution au XIXe siècle, en maison close. Les femmes montrées comme étant à l’abri de conditions plus difficiles, vivaient en bonne entente ; le client (à ménager cela va de soi) n’avait rien semble-t-il de redoutable. L’ambiance était plutôt bon enfant. Pas de jalousie entre filles mais au contraire beaucoup de candeur, de fraîcheur en somme. La méchanceté était plutôt dehors. Une perception des choses qui se défend. Hélas aujourd’hui, il s’agit plutôt de trafic humain.

28.04.2008

Poésie

« Le Meilleur » de Barouyr Sévag

Ce qu’on appelle le meilleur sourire, naturellement,

C’est avec les yeux fermés.

Mais les meilleures rêveries,

Sont avec les yeux ouverts.

Le meilleur chant,

C’est celui qu’on entend de loin, la fenêtre ouverte.

La meilleure parole,

C’est la silencieuse, du profond silence.

La meilleure nation, c’est, semble-t-il,

Celle qui n’a pas de souverain géant.

La meilleure foi est celle qui jamais

Ne devient religion.

Le meilleur masque est, sans nul doute,

Celui appelé visage.

Le meilleur rôle

Est celui joué par le mauvais.

Le meilleur amour,

le demi abandonné.

La meilleure torture et souffrance

C’est la rose (dans les chansons).

Le meilleur singe du monde (debout)

C’est l’homme, semble-t-il.

 

Et le meilleur homme (il ne semble pas)

Pardon... C’est moi...

Barouyr Sévag

Traduction Louise Kiffer

Blog

Blog du jour, ICI

Commerce Sud

"Réunie en ce moment à Accra au Ghana, la douzième CNUCED (Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement) a étudié le développement du commerce Sud-Sud et l’impact de celui-ci sur la croissance actuelle et future de l’économie mondiale. Cette «nouvelle géographie du commerce international», selon les termes de l’organisation des Nations Unies serait un des moteurs actuels et futurs du dynamisme économique de la mondialisation. Mais il faut pour cela une vraie libéralisation du commerce entre ces pays par l’adoption de normes identiques et la baisse des droits de douane. Ces normes et ces taxes sont des mesures protectionnistes illégitimes qui continuent à être un frein à ce développement. «Nous ne pouvons pas continuer à travailler avec différentes réglementations techniques, normes sanitaires et phytosanitaires, et autres mesures de contrôle des prix», a ainsi expliqué le Secrétaire général de la CNUCED, Supachai Panitchpakdi. Il a affirmé, qu’en 2006, environ 71% des droits de douanes perçus sur des exportations en provenance des pays en développement l’avaient été par d’autres pays en développement." Intégral

27.04.2008

Les frères Karamazov

"Il semble que l’arrivée de ses deux frères qu’il ne connaissait pas jusqu’alors, produisit sur Aliocha la plus forte impression. Avec son frère Dmitri Fédorovitch il se lia plus vite et plus intimement, bien que celui-ci fût arrivé plus tard, qu’avec son autre frère (utérin) Ivan Fédorovitch. Aliocha était extrêmement curieux de connaître celui-ci, mais il était là depuis déjà deux mois et tout en se voyant assez souvent, ils n’arrivaient toujours pas à se lier. Aliocha était lui-même taciturne et semblait attendre quelque chose, éprouver une gêne, mais bientôt Ivan dont, au début, il avait surpris les longs regards pleins de curiosité posés sur lui, cessa apparemment de s’occuper de lui. Aliocha s’en aperçut avec un certain trouble. Il attribua l’indifférence de son frère à leur écart d’âge et surtout de formation. Mais il pensait aussi autre chose : ce manque de curiosité et d’intérêt pour lui pouvait provenir chez Ivan d’une cause qu’il ignorait absolument. Il lui semblait toujours, il ne savait trop pourquoi, que quelque chose absorbait Ivan, une préoccupation intérieure importante, qu’il tendait vers quelque but, très difficile peut-être à atteindre, de sorte qu’il avait d’autres soucis que lui, Aliocha, et que c’était là la seule raison pour laquelle il le regardait distraitement. Aliocha se demandait, d’autre part, s’il n’y avait pas là du mépris pour lui, novice un peu sot, de la part du savant athée. Ce mépris, si mépris il y avait, ne pouvait l’offenser, mais avec une sorte de trouble mêlé d’inquiétude et incompréhensible pour lui-même, il attendait que son frère voulût se rapprocher de lui. Dmitri Fédorovitch parlait d’Ivan avec une profonde estime, d’un ton particulièrement pénétré. Ce fut par lui qu’Aliocha apprit tous les détails de l’importante affaire qui, les derniers temps, avait créé entre les deux frères aînés un lien spécialement étroit. Les propos enthousiastes de Dmitri sur son frère Ivan étaient d’autant plus remarquables aux yeux d’Aliocha que, par rapport à Ivan, Dmitri était presque un ignorant et que, placés l’un à côté de l’autre, ils semblaient former un contraste si éclatant, par leur personnalité et leur caractère, qu’il eût sans doute été impossible d’imaginer deux hommes se ressemblant moins.

C’est alors qu’eut lieu l’entrevue ou, pour mieux dire, la réunion familiale, dans la cellule du staretz de tous les membres de cette discordante famille, réunion qui eut sur Aliocha une influence extraordinaire. Le prétexte de cette réunion était en réalité fallacieux. Précisément alors, les dissensions entre Dmitri Fédorovitch et son père Fédor Pavlovitch au sujet de l’héritage et du règlement de la succession semblent avoir atteint un point critique. Les rapports étaient tendus au point d’être devenus intolérables. Ce fut, paraît-il, Fédor Pavlovitch qui, le premier et en plaisantant, donna l’idée de se réunir tous dans la cellule du staretz Zossima, ce qui, même sans recours à sa médiation directe, permettrait de s’entendre d’une façon plus décente, la dignité et la personne du staretz pouvant inspirer du respect et avoir un certain effet conciliateur. Dmitri Fédorovitch, qui n’était jamais allé chez le staretz et ne l’avait jamais vu, pensa naturellement qu’on voulait l’effrayer ainsi ; mais comme secrètement il se reprochait lui-même maintes sorties particulièrement violentes dans les discussions qu’il avait eues les derniers temps avec son père, il releva le défi. Notons à ce propos, qu’il n’habitait pas, comme Ivan Fédorovitch, la maison de son père, mais logeait séparément à l’autre bout de la ville. Pierre Alexandrovitch Mioussov, qui séjournait alors chez nous, s’accrocha à cette idée de Fédor Pavlovitch. Libéral des années 40 et 50, libre penseur et athée, il prit, peut-être par ennui, peut-être pour se procurer un divertissement frivole, une part extrême à cette affaire. L’envie le prit subitement de voir le monastère et le « saint ». Comme sa vieille querelle avec le monastère durait toujours et que le procès au sujet du bornage de leurs terres, de droits de coupe de bois et de pêche dans la rivière, etc., était toujours en cours, il s’empressa d’en profiter, sous prétexte de s’entendre lui-même avec le père supérieur pour essayer d’y mettre fin à l’amiable. Un visiteur animé de si bonnes intentions était certes susceptible d’être reçu au monastère avec plus d’égards et de prévenance qu’un simple curieux. À la faveur de ces considérations, une certaine pression interne avait pu s’exercer sur le staretz malade qui, les derniers temps, ne quittait presque plus sa cellule et, en raison de sa maladie, refusait même les visites ordinaires. En fin de compte, il donna son accord et le jour fut fixé. « Qui m’a désigné pour les départager ? » déclara-t-il seulement en souriant à Aliocha.

Apprenant le rendez-vous, Aliocha en fut fort troublé. Si parmi ces plaideurs et ces querelleurs , il y en avait un qui pût prendre cette réunion au sérieux, ce n’était à coup sûr que son frère Dmitri ; les autres viendraient tous avec des intentions frivoles et peut-être offensantes pour le staretz, Aliocha le comprenait bien. Son frère Ivan et Mioussov viendraient par curiosité, peut-être la plus grossière, et son père sans doute pour jouer quelque scène bouffonne de comédie. Oh, bien qu’Aliocha se tût, il connaissait déjà suffisamment et profondément son père. Je le répète, ce garçon n’était nullement aussi naïf que le pensait tout le monde. Le cœur lourd, il attendait le jour fixé. À n’en pas douter, il avait certainement à cœur de voir toutes ces dissensions familiales prendre fin d’une façon ou d’une autre. Néanmoins, son principal souci concernait le staretz : il tremblait pour lui, pour sa gloire, redoutant les offenses, surtout les railleries subtiles et courtoises de Mioussov et les réticences hautaines du savant Ivan ; c’était ainsi qu’il imaginait que cela se passerait. Il avait même voulu prendre le risque d’avertir le staretz de lui donner une idée de ses visiteurs possibles, mais à la réflexion il garda le silence. Il se contenta, la veille du jour fixé, de faire dire à son frère Dmitri, par une personne de connaissance, qu’il l’aimait beaucoup et attendait de lui qu’il tînt sa promesse. Dmitri qui en devint songeur, ne pouvant se rappeler ce qu’il avait bien pu promettre ,lui répondit seulement qu’il se contiendrait de toutes ses forces « devant une bassesse » et que quelque profond que fût son respect pour le staretz et pour son frère Ivan, il était convaincu qu’il y avait là soit un piège qu’on lui préparait, soit une comédie indigne. « Néanmoins, j’avalerai ma langue plutôt que de manquer de respect au saint homme que tu vénères tant.», ainsi se terminait le billet de Dmitri. Aliocha n’en fut guère rassuré."

Dostoïevski

 Livre de Poche, p.32,33  

26.04.2008

Dostoïevski

Le troisième fils Aliocha

"Il n’avait alors que vingt ans (son frère Ivan en avait vingt-trois et leur frère aîné Dmitri, vingt-sept). Je dirai avant tout que cet adolescent, Aliocha, n’était nullement un fanatique, ni même, selon moi, un mystique. Je donnerai d’avance toute mon opinion : c’était simplement un altruiste précoce, et s’il avait choisi la voie monastique, ce n’était que parce qu’elle était alors la seule à s’être imposée à lui et à avoir pour ainsi dire offert une solution idéale à son âme qui, des ténèbres de la méchanceté humaine, brûlait de parvenir à la lumière de l’amour. Cette voie ne l’avait attiré que parce qu’il y avait rencontré un être à ses yeux exceptionnel, le célèbre staretz Zossima de notre monastère à qui il s’était attaché de tout l’ardent premier amour de son cœur inassouvi. Du reste, je ne conteste pas qu’il fût déjà fort étrange, ayant commencé dès le berceau. À ce propos, j’ai déjà dit qu’ayant perdu sa mère alors qu’il n’avait que quatre ans, il garda toute sa vie son souvenir, celui de son visage, de ses caresses, « comme si elle était vivante devant moi ». De tels souvenirs peuvent se graver dans la mémoire (c’est bien connu) même à un âge précoce plus tendre, dès deux ans, mais seulement comme des points lumineux ressortant sur les ténèbres, comme un fragment arraché à un immense tableau qui se serait éteint et aurait disparu en entier, à l’exception de ce seul fragment. Il en était exactement de même pour lui : il se souvenait d’un soir calme d’été, de la fenêtre ouverte, des rayons obliques du soleil couchant (c’étaient les rayons obliques qu’il se rappelait le mieux), dans la chambre l’image sainte dans un coin, une veilleuse allumée et, devant l’icône, à genoux, sanglotant dans une crise de nerfs, avec des gémissements et des cris, sa mère, l’ayant saisi dans ses bras, le serrant fort à lui faire mal, et qui prie pour lui la sainte Vierge, qui le tend de ses deux mains vers l’image comme pour le mettre sous sa protection…et soudain la nounou accourt et le lui arrache des bras avec frayeur. Telle était la scène ! Le visage de sa mère s’était à cet instant gravé dans la mémoire d’Aliocha : il disait qu’il était éperdu mais beau, pour autant qu’il pût se le rappeler. Mais il n’aimait guère confier ce souvenir. Dans son enfance et son adolescence, il avait été peu expansif et même taciturne, cela non par méfiance, non par timidité ou par insociabilité morose, bien au contraire, mais pour quelque autre raison, par une sorte de préoccupation intérieure qui lui était personnelle, qui ne concernait pas les autres mais qui, pour lui, était si importante qu’il semblait en oublier ces autres. Mais il aimait ses semblables : il paraissait n’avoir jamais perdu une foi absolue dans l’homme, et pourtant personne ne le prit jamais pour un simplet ni pour un naïf. Il y avait en lui quelque chose (il en fut de même toute sa vie par la suite) qui révélait et qui confirmait qu’il ne voulait pas être le juge de son prochain, qu’il se refuserait toujours à assumer la responsabilité de le condamner et ne le condamnerait pour rien au monde. Il semblait même tout admettre sans aucune réprobation, quoique souvent avec une très profonde affliction. Bien plus, il en était parvenu dans ce sens à un point où personne ne pouvait ni l’étonner ni l’effrayer, et cela dès sa toute première jeunesse. Arrivé, dans sa vingtième année, chez son père, dans un véritable repaire de grossière débauche, lui, chaste et pur, il se contentait de s’éloigner en silence quand la vue lui en devenait intolérable, sans manifester aucun mépris ni blâme à l’adresse de qui que se fût. Son père, ancien parasite et, partant, homme sensible à l’offense, l’accueillit tout d’abord avec méfiance et d’un air sombre (« il se tait et réfléchit beaucoup à part soi ») mais finit bientôt, quinze jours à peine plus tard, par l’embrasser et le serrer très souvent dans ses bras, avec des larmes et des accès de sensibilité d’ivrogne il est vrai, mais l’aimant visiblement d’un amour sincère et profond, tel qu’un homme comme lui n’avait certes jamais été capable d’éprouver pour personne…"

Dostoïevski Les frères Karamazov (chapitre IV p. 18,19) 

Extrait

Propos extrait de l’article écrit par René de Ceccatty, sur le dernier roman de Sandro Veronesi Chaos calme, dans Le Monde du 25 avril, p.10 :

... « Citant en exergue une phrase de Beckett - « - "je ne peux pas continuer. Je vais continuer." -, le livre suspend fréquemment la narration, ce qui permet au lecteur de percevoir la réalité à travers le trouble mental de son héros. Mais Sandro Veronesi, tout en rendant hommage à l’auteur de La Dernière Bande, tient à dissiper tout malentendu : « Je ne peux pas circonscrire tous les événements dans une situation ténue ou dans un lieu symbolique comme le fait Beckett : un trou, un vide, une boîte. Il me faut définir pour chaque événement un rapport de cause à effet, alors que Beckett, qui décrit un monde absolu, n’en a pas besoin. Chaque pensée est justifiée par un événement et en a besoin, contrairement à la vie intérieure qui peut s’arrêter obsessionnellement sans qu’aucune explication ne soit nécessaire. Il est plus facile de contrôler une trame que de contrôler des mouvements intérieurs de conscience. Seuls les très grands, comme Faulkner, sont en mesure de le faire. » ...

24.04.2008

Critique cinéma

"Précis de brutalité gratuite

Michael Haneke signe un remake de son film critique sur la violence au cinéma"

Funny Games USA

"En 1997, le cinéaste autrichien Michael Haneke faisait scandale au Festival de Cannes avec Funny Games, un film relatant le calvaire d’une famille de bourgeois aisés en vacances, humiliée et torturée sans mobile par deux jeunes gens. En réalisant, dix ans après, quasiment plan par plan, un remake américain de son propre film, Michael Haneke ne pouvait pas ne pas savoir que le temps passé entre les deux versions, au-delà des différences visibles à l’image (le changement des comédiens et le typage humain dont ils sont l’incarnation), accroîtrait l’entreprise de déconstruction de la violence filmée qu’était le film initial.

Funny Games et son remake sont d’abord des objets théoriques dont le principe consiste à prendre au piège un spectateur modelé à la fois par une idéologie et une habitude de la violence au cinéma. Haneke s’emploie à jouer sur tous les mécanismes perceptifs d’un spectateur moyen dont il déstabiliserait les réflexes, parfois contradictoires, d’identification et d’assouvissement cathartique.

Image d’une famille occidentale type (un couple avec un enfant), les victimes du film capitalisent à la fois toute l’empathie consécutive à leur calvaire et leur relative banalité mais aussi tout un ressentiment possible face à leur statut social apparent de privilégiés. Une telle entreprise repose sur le parti pris de casser, à intervalles réguliers, l’illusion du spectacle par des adresses et clins d’œil au spectateur, dont la présumée « complicité » est soudain bousculée ou prise à partie. Parfois c’est la conduite du récit lui-même qui s’ouvre vers des virtualités désirées puis contredites, coupant l’herbe sous le pied, sardoniquement, des attentes d’un spectateur transformé en cobaye volontaire.

Se repaître de la violence cinématographique, est-ce forcément se placer du côté des criminels, ici deux jeunes gens polis, aux motivations jamais énoncées ? En partant du principe que toute réception à la brutalité cinématographique est déterminée par la croyance en certains archétypes qui la rendrait acceptable (le besoin de rétribution, la recherche d’une satisfaction morale), Funny Games USA entend ainsi mettre à nu ces clichés. C’est comme si l’on entendait régulièrement le ricanement d’un manipulateur fier de son coup.

« Déglamouriser une actrice »

Il pourrait s’ensuivre, dès lors, un sentiment de colère face à ce qui paraît s’annoncer comme une manière de donner des leçons conjuguées à une forme de complaisance face à une brutalité que la tension du film (1 h 50 de malaise et de torture) peut favoriser. Ce serait ne pas admirer l’intelligence sarcastique de la mise en scène elle-même, faite souvent de longs plans-séquences, tout au sevice d’un objectif un peu démiurgique et non dénué d’humour.

Mais c’est dans l’écart avec la version de 1997 que Funny Games USA apparaît riche de potentialités critiques. Haneke ne s’est pas seulement contenté de « déglamouriser » une actrice hollywoodienne (Naomi Watts) alors qu’il avait paradoxalement érotisé, en la plongeant dans une situation de peur absolue, sa comédienne de la première version (Suzanne Lothar). Michael Haneke s’est mis dans la peau du héros de cette nouvelle de Borges qui décidait de réécrire, mot à mot, le Don Quichotte de Cervantès. La langue de l’écrivain devient ainsi une langue datée, appartenant à une histoire révolue.

Le cinéma d’horreur industriel a depuis un moment intégré lui-même toutes sortes de pratiques de déconstruction et a conceptualisé une peur cinématographique qu’il a rapprochée des angoisses de l’époque. La force du spectacle est ainsi telle que l’on peut parier que l’on trouvera dans quelques mois le DVD de Funny Games USA au rayon « film d’horreur » des grandes surfaces."

Jean-François Rauger, le Monde  23 avril (p. 23)

Texte

« Le dernier homme est bien plutôt dans la situation de tel explorateur d’un monde étranger, totalement déroutant puisque nulle forme vivante ne semble s’y être développée. Pourtant notre valeureux aventurier (n’exagérons rien : ce sera probablement un scientifique) auquel incombe la réussite ou l’échec du premier contact, peut-être, avec une intelligence non humaine, ne peut s’empêcher de constater qu’un certain nombre de phénomènes étranges ont lieu, et qu’ils paraissent même avoir pour origine sa seule présence. Il comprend vite que c’est en fait la planète tout entière qui est un organisme vivant plus vaste qu’un empire et que lui, l’homme absolument seul, l’homme sans hommes, le dernier homme si l’on veut, représente pour l’entité qui le sonde la multitude merveilleuse, spectrale, dramatique et infernale de tous les hommes. » Stalker

23.04.2008

Blog du jour

Ch'Ti  Gecko, à pluch !

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