Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

04/11/2019

Le privilège en question ♣♣♣ Porion : patois de poireau.

Ce matin sur une chaîne de télé j'entendais Amélie Nothomb parler de son lien privilégié avec Jésus. À deux ans, elle se souvient que son père lui parlait de Jésus.

J'étais à deux ans un "bébé bonze", le crâne comme une boule de billard. Je l'ai vu sur les quelques photos qui restent de cette époque. Mais que se passait-il dans ce crâne alors ?... je voulais grandir pour dépasser le niveau de la table, me semble-t-il me souvenir.

 

"Lien privilégié avec Jésus", vocabulaire qui n'est pas dans ma doxa quand il s'agit de Jésus. Cela me rappelle l'évangile où chaque apôtre veut être à la droite de Jésus (selon un plan de table bien établi...)

 

La paix du cœur c'est être en connexion avec son ange selon moi, ce qui n'est déjà pas mal.

 

L'enseignement de l'humilité est à la base de l'enseignement de Jésus. Trou de mémoire à ce sujet pour beaucoup de monde on dirait.

 

 

 Par ailleurs, hier j'ai vu sur la cinq des prisons au-delà de la Méditerranée, où l'on entasse des adultes mais où il y a aussi des enfants. Ils sont devenus squelettiques à force d'avoir faim.

Jésus !

Ces personnes, enfants compris, subiraient ce traitement parce qu'ils appartiendraient à Daesh.

Sommes-nous mieux qu'eux, au vu de ce reportage ?

 

Prière du jour : Extrait saint du jour, saint Charles Borromée :

 

"...Mais la conscience de son devoir est telle qu'il s'impose dans la vie mondaine et brillante de Rome, par sa rigueur et son travail. Il collabore efficacement à la reprise du Concile de Trente, interrompu depuis huit ans. Au moment de la mort subite de son frère aîné, alors qu'il pourrait quitter l'Église pour la charge de chef d'une grande famille, il demande à devenir prêtre.

 

Désormais il accomplit par vocation ce qu'il réalisait par devoir. Devenu archevêque de Milan, il crée des séminaires pour la formation des prêtres. Il prend soin des pauvres alors qu'il vit lui-même pauvrement. Il soigne lui-même les pestiférés quand la peste ravage Milan en 1576. Il demande à tous les religieux de se convertir en infirmiers. Les années passent. Malgré le poids des années, il n'arrête pas de se donner jusqu'à l'épuisement.

"Pour éclairer, la chandelle doit se consumer, " dit-il à ceux qui lui prêchent le repos.

Prière

Prions pour ne pas tomber dans les mondanités et les facilités de la vie. Malgré les chances que le Seigneur nous a données, allons toujours plus loin et ne nous contentons pas de nos petits privilèges."

 

♣♣♣

 

Une belle méditation. Mais avant cela, sachez que Porion = poireau en patois du Nord.

 

Hercule Poireau : l'humilité qu'il faut pour devenir un génial enquêteur !

 

La Méditation :

 

Biographie

 

 

Maximilien Porion naît à Wardrecques (Pas-de- Calais) le 21 mars 1899. Il fait profession à La Valsainte, en Suisse, le 1er novembre 1925. Il est procureur général de l’ordre des Chartreux, à Rome, de 1946 à 1981. Ami de Stanislas Fumet, de Jacques et Raïssa Maritain et de l’abbé Charles Journet, avec lesquels il correspond pendant des années, il laisse de nombreux écrits passionnants et riches de spiritualité. Il retourne à La Valsainte et y meurt le 4 août 1987.  

 

 

 

Méditons avec dom Jean-Baptiste Porion

 

 

Il faut dire plus : pour une âme qui a pris conscience de son néant et du tout de Dieu, les faiblesses, les défaillances ne doivent plus être des obstacles : elles se changent en moyens, elles sont une occasion pour la foi de s’accroître par un acte héroïque, et pour la confiance de triompher, devant la déroute manifeste de tout ce qui ne mène pas à Dieu. « Je me glorifierai volontiers de mes faiblesses, dit l’Apôtre, afin qu’habite en moi la force du Christ » (2Co 12,9). Lorsque vraiment on a commencé à s’appuyer ainsi sur Dieu, et non plus sur soi-même, on avance à pas de géant dans la voie de l’amour. De plus en plus, la charité domine nos actes et purifie nos intentions, en sorte qu’elle ne tarde pas à envahir toute notre vie. Si nous voulons être fidèles à la doctrine de l’Évangile, nous devons nous efforcer d’arriver à ne plus agir que pour les motifs de la foi et de la charité.

 Amour et Silence, Éditions Ad Solem, 2010, p. 35

 

 

Pour aller plus loin

 

Si nous avons l’idée que la perfection chrétienne est une montagne à escalader, nous ne pouvons que nous sentir incapables. Comme l’a si bien dit Thérèse de Lisieux, il faut consentir à n’être qu’un petit enfant : « Par la pratique de toutes les vertus, levez toujours votre petit pied pour gravir l’escalier de la sainteté. Vous n’arriverez même pas à monter la première marche, mais le Bon Dieu ne demande de vous que la bonne volonté. Du haut de cet escalier, il vous regarde avec amour. Bientôt, vaincu par vos efforts inutiles, il descendra lui-même, vous prenant dans ses bras » (CRM 84-85).  

 

 

 

Résolution

 

Garder la paix intérieure face aux contrariétés en demandant l’aide de mon ange gardien.

 

 

Intention de prière

 

Pour les personnes qui se préparent à recevoir le sacrement de confirmation."

 

 

09:26 Publié dans Note, prière | Lien permanent | Commentaires (0)

28/10/2019

Une journée riche en émotions ♣♣♣ L'extrait de La Maison Russie de John Le Carré ♣♣♣ Réflexion et Prière

J'arrive à Ault, je repère le café où boire mon chocolat chaud, je le commande gentiment et l'homme derrière le comptoir m'annonce que je suis dans un restaurant, une femme arrive de derrière le comptoir, le contourne, toujours un torchon à carreaux à la main. Elle rit et me dit qu'"au tabac", juste un peu plus loin, le décor sera mieux pour un chocolat chaud. Je ne me savais pas aussi rigolote.  "Au moins si j'ai pu vous faire rire..."

 

Je pense que c'était quelqu'un de jovial par nature. Naturellement joviale...  cela vous donne un coup de chaud au cœur, comme si la personne vous envoyait une vibration de bonheur. 

 

On avance dans la matinée, il est environ dix heures. Je fais le tour du joli Ault. Un besoin d'uriner m'oblige à regagner l'ancien casino où se déroule le salon du Livre. Dommage qu'on ne pense plus souvent aux toilettes publiques. Du coup, je ne peux pas voir l'église de l'intérieur, qui n'ouvre que le temps de la messe. Je rejoins Patrick. Il ne sent pas le lieu me dit-il. "Ce n'est pas un lieu pour nous." Cela n'englobe pas la cité, juste un lieu. Si c'est comme à Téteghem, ce ne sera pas marrant pour lui. Je reste donc à ses côtés et m'aperçois peu à peu que le métier de commercial est rude, surtout quand "ce n'est pas un lieu pour vous." D'aucuns sont contents, vendent à tirelarigot. Un homme qui est venu nous tenir une bavette durant une demi-heure, tient son carnet de chèques tout contre lui, et achète à droite à gauche. Il fera exception pour nous. Les gens de ce salon auront cette attitude presque tout le temps. Sauf trois personnes, bénies soient-elles. Donc une vente de trois livres. Etre écrivain c'est une belle aventure. Etre commercial, c'est rude !

Pourquoi riche en émotions la journée ? parce que j'ai fait le job de l'ange gardien pour Patrick. Il était fatigué et je l'ai tout le temps réconforté. 

 

Autre chose : au lieu de manger mon sandwich fromage de brebis/ cornichons habituel, j'ai ingurgité au banquet des invités du salon, une cuisse de canard, savoureuse "à tomber par terre". Ce sera la cuisse de canard de ma vie étant donné que j'essaie de manger le moins de viande possible. Mais là, je dois dire "qu'est-ce que c'était bon !" Arrosé d'un demi verre de vin rouge ! Hmmm ! 

 

♣♣♣

 

L'extrait :

 

Je reviens page 18, quand Niki n'a pas encore rencontré la femme Russe en robe bleue et col à dentelle.

 

"Au siège principal de ses clients près du périphérique ouest, Landau avait conseillé : "Mieux vaut nous réserver pour la foire du livre de Moscou en septembre. Les Russkofs aiment bien les livres, voyez-vous, Bernard, mais le marché audio leur fait peur, et ils ne sont pas encore prêts pour ça. Si on fonce sur la foire du livre, on fera un tabac. Si on fonce sur l'audio, on signe notre arrêt de mort."

 

Mais les clients de Landau étaient jeunes et riches et ne croyaient pas à la mort.

 

— Mon petit Niki, avait commencé Bernard, venant derrière lui et lui posant la main sur l'épaule, ce qui avait déplu à Landau. Dans le monde d'aujourd'hui il faut hisser le drapeau. On est patriotes, vous comprenez, Niki ? Comme vous. C'est pour ça que notre compagnie est multinationale. Aujourd'hui avec la glasnost, l'Union soviétique c'est le mont Everest du marché de l'enregistrement. Et vous allez nous emmenez au sommet, Niki, parce que sinon, on trouvera quelqu'un d'autre pour le faire, quelqu'un de plus jeune, hein, Niki ? Quelqu'un qui aura l'énergie et la classe.

 

L'énergie, Landau l'avait encore, mais la classe, lui-même était le premier à le reconnaître, peine perdue. Il aimait à se considérer comme un phénomène, un drôle de phénomène polonais, arriviste, bas du cul, et fier de l'être. Le bon vieux Niki, le petit gars culotté, le représentant spécialisé dans les pays de l'Est, capable, se vantait-il volontiers, de vendre des photos cochonnes à un couvent géorgien ou une lotion capillaire à une boule de billard roumaine. Landau, le petit athlète en chambre, qui portait des talonnettes pour donner à son corps slave la stature anglaise qu'il admirait tant, et des costumes voyants qui semblaient crier "Attention les yeux !". Quand ce vieux Nik prépare son stand, assurèrent ses collègues à nos enquêteurs non identifiables, on croirait entendre tinter la clochette d'un marchand des quatre-saisons polonais.

 

Et le petit Landau riait lui aussi de la bonne blague, il entrait dans le jeu. "Eh, les gars, je suis saoul comme un Polonais !" déclarait-il fièrement en commandant une autre tournée. Ce qui avait le don de les faire rire, et pas à ses dépens. Souvent, pour confirmer ses dires, il sortait prestement un peigne de sa poche-poitrine, se penchait devant un tableau ou une surface polie et, de ses deux mains, plaquait virilement en arrière ses cheveux trop noirs avant de partir à l'assaut d'une nouvelle conquête. "Et qui donc est cette ravissante personne que je vois là-bas dans le coin ?" demandait-il avec son accent infernal, mélange de polonais du ghetto et de cockney de l'East End. "Bonsoir, ma jolie ! Pourquoi elle se morfond  toute seule ce soir, la petite chérie ?" Une fois sur cinq il faisait une touche, ce qu'il jugeait un bon rendement, à condition que les tentatives soient fréquentes.

 

Mais ce soir-là, Landau ne pensait pas à faire une touche, ni même une tentative. Il songeait qu'une fois de plus il s'était donné bien du mal toute la semaine  pour une maigre pitance, ou, comme il me le dit d'une manière plus imagée, pour se faire avoir jusqu'au trognon. Maintenant chaque foire, qu'elle fût du livre, de l'audio, ou de n'importe quoi, le vidait un peu plus qu'il n'aimait à se l'avouer et lui donnait un peu moins en contrepartie, tout comme les femmes. Il avait hâte de reprendre l'avion pour Londres dès le lendemain. Et si cette nana russe en robe bleue s'obstinait à attirer son attention alors qu'il essayait de finir ses comptes et arborait déjà son sourire mondain avant de rejoindre la joyeuse mêlée, il allait très certainement lui dire quelque choses en russe qu'ils regretteraient à jamais tous les deux." 

 

Voilà. John le Carré : j'aime. Il est très vivant. Ne triche pas de manière perverse. Il navigue dans un monde de tricheurs, le métier d'espion oblige en effet à tricher du fait même qu'on utilise la ruse, qu'on prêche le faux pour savoir le vrai. Un métier dangereux pour l'âme car on "flirte" avec la trahison. Le but peut être noble cependant ou au contraire, mauvais. C'est un univers trouble.

 

Le personnage aimé de John Le Carré évite autant que faire se peut de blesser une femme, par exemple, tout en voulant s'accomplir au niveau sexuel. 

 

Les frustrations sexuelles pouvant engendrer bcq de violence, je trouve Niki plutôt sain pour ma part. Il fait une tentative. S'il échoue, il n'en veut pas à la femme qu'il a tenté de séduire le temps d'une nuit. Je le trouve plein de vie ce personnage, et doté d'une certaine élégance. L'élégance dans l'attitude est chose appréciable qui va avec bonheur de vivre, n'est-ce pas ? Une conscience de l'autre, un respect de sa différence.

 

♣♣♣

 

Vu cette belle réflexion ci-dessous. Exceptionnellement, je mets la page du site en entier :

 

Méditons avec bienheureux Pierre Claverie

 

 

Lors de son procès de canonisation, le cocher de la voiture qui conduisait tous les jours Jean Bosco de chez lui à l’œuvre, a été convoqué. Ce brave homme a dit : « Pour lui, j’existais. » Pour moi, c’est le miracle le plus extraordinaire.

 

Jean Bosco était vraiment un saint parce que les gens qui croisaient sa route pouvaient dire : « Pour lui, j’existais. » Là est la sainteté. Ce petit qui était là, le cocher du fiacre, voyait des dizaines de personnes monter dans sa voiture sans le remarquer plus qu’une porte, un pot de fleurs ou comme nos frères ou nos sœurs. 

 

Si un jour, tous ceux que nous avons croisés dans notre vie pouvaient dire : pour lui, pour elle, j’existais ! Voilà le vrai miracle. Je ne savais pas mon nom. 

 

Mémoires d’un religieux anonyme, Cerf, 2006, p. 21 et 22

 

 

 

Pour aller plus loin

 

 

Que notre regard fasse exister ceux que nous croisons, leur révèle leur dignité, leur prix, cela n’est pas naturel. C’est la grâce, c’est-à-dire ce secours, cette motion intérieure, de l’Esprit Saint qui peut faire poser ces actes dans l’ordinaire des jours. Comme nous avons besoin d’appeler à l’aide l’Esprit ! L’appeler, non parce qu’il serait loin, absent, il est dans notre cœur, mais parce que, en l’appelant, nous nous rendons capables, nous devenons capacité à le recevoir. Il ne suffit pas d’un émetteur, il faut un récepteur ajusté.  

 

 

 

Résolution

 

Rendre service avec le sourire. 

 

 

Intention de prière

 

Pour les pays où la foi catholique est interdite.

 

 

Parole et Prière est le compagnon indispensable de la vie spirituelle! Il vous permet de découvrir chaque mois 30 textes d’un auteur spirituel différent, et chaque jour, les textes complets de la liturgie quotidienne, un guide de prières thématiques, des intentions et résolutions quotidiennes, et le commentaire de l’Evangile par les plus grands auteurs spirituels.

Pour découvrir Parole et Prière et recevoir gratuitement un exemplaire,cliquez ici !

 

 

 

 

 

 

11:11 Publié dans Note, prière | Lien permanent | Commentaires (0)

08/10/2019

L'espérance ♣♣♣ "Dans mon pays" par René Char

 

"Bernard de Clairvaux

 

Tant que l’on est accablé par l’esprit de servitude, pauvre d’espérance et riche de crainte, on n’a pas de repos; la conscience oscille de la confiance à la peur, et celle-ci l’emportant aggrave sa torture. Aussi longtemps qu’on ne peut se dire personnellement établi dans l’espérance, on ne saurait prétendre qu’on s’endorme en paix, sitôt couché. Mais petit à petit le tremblement diminue tandis qu’augmente la grâce et que croît l’espérance, jusqu’à cet instant où la charité, venant à la rescousse avec toute sa puissance, expulse toute terreur. 

 

Une âme qui en est là est personnellement installée dans l’espérance et s’endormira en paix.

 

Bernard de Clairvaux, Sur le Cantique des Cantiques, dans: Oeuvres mystiques (Seuil, 1951)"

 

Lu sur Jubilate Deo ce matin.

 

♣♣♣

 

René Char

 

Dans mon pays, les tendres preuves du printemps et les oiseaux mal habillés sont préférés aux buts lointains. La vérité attend l’aurore à côté d’une bougie. Le verre de fenêtre est négligé. Qu’importe à l’attentif.

 

Dans mon pays, on ne questionne pas un homme ému. Il n’y a pas d’ombre maligne sur la barque chavirée. 

 

Bonjour à peine est inconnu dans mon pays. On n’emprunte que ce qui peut se rendre augmenté. 

 

Il y a des feuilles, beaucoup de feuilles sur les arbres de mon pays. Les branches sont libres de ne pas avoir de fruits.

 

On ne croit pas à la bonne foi du vainqueur.

 

Dans mon pays, on remercie.

 

René Char, Qu’il vive – Les Matinaux, dans: Oeuvres complètes (Bibliothèque de la Pléiade/Gallimard, 1983)