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14/08/2014

Grenadou paysan français

J'ai repris le livre et en suis arrivée à la partie où Eprhaïm Grenadou part à la guerre de 14 ; au début, vu son âge (18 ans) et parce qu'il est artilleur et doit apprendre le métier si l'on peut dire, il est un peu épargné, mais ensuite c'est le plein enfer. La pauvreté extrême, la plus radicale, c'est bien la situation de soldat où il se trouve alors, ne pas y perdre sa santé mentale si on n'y reste pas physiquement est déjà un exploit. Un obus tombe dans ce qu'ils appellent leur cuisine par exemple, et l'homme avec qui il bavardait une seconde auparavant est coupé en deux... il a vécu ce genre d'horreur qu'on a du mal à se figurer. Un extrait :

"D'abord il a fallu trouver les harnais dans la glaise. Presque impossible de seller les chevaux ; pour se parer du froid, ils se rapprochaient les quatre jambes ensemble et ça leur gonflait le ventre. Enfin on repart.

On a encore battu en retraite jusqu'à peut-être midi. Quand on est arrivé dans un pays où il y avait des civils, on s'est couché dans un grenier. En se réveillant deux heures après, la moitié des gars avait les pieds gelés. Ils en faisaient des grimaces... les pieds gelés en plein mois d'avril !

Voilà la fin de cette offensive. Il paraît que cette journée-là a coûté cent dix mille hommes hors de combat, sans parler des chevaux. Enfin, quand on n'a même pas le temps de s'occuper des bonhommes qui sont foutus, vous pensez bien que les chevaux..."

02:39 Publié dans Livre, Note | Lien permanent | Commentaires (0)

31/07/2014

La mer à courir sur France Culture : les bonnes feuilles

À propos de Bernardin de saint Pierre : http://www.alalettre.com/saint-pierre-oeuvres-paul-et-vir...

 

canard.jpg

Photo de Lindell Dillon, Oklahoma, ainsi commentée par le Daily Ray : la jeunesse est heureuse parce qu'elle a la capacité de voir la beauté. Quiconque demeure capable de voir la beauté jamais ne devient vieux.

Kafka

Youth is happy because it has the capacity to see beauty. Anyone who keeps the ability to see beauty never grows old. 

 

23:53 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0)

18/06/2014

Au-dessous du volcan

loiseaude michelle.jpg"Note par note" disait Max Pol Fouchet en parlant de la prose de Malcolm Lowry ; du fait sûrement que la syntaxe de Malcolm L  lui était familière, il a conseillé de ne pas sauter de passage pour ne pas louper une note.... je suis ce conseil en tant que lectrice mais d'autres, qui en sont au stade de la curiosité par rapport à cette œuvre peuvent, j'estime, très bien lire un extrait qui leur donnera une idée du style de l'auteur et de son vague à l'âme.

 

À savoir que le Consul et Geoffrey Firmin désignent le même personnage, et vous comprendrez de quoi il retourne. Dans la postface il est aussi signalé que "Firmin Geoffrey le Consul", c'est, hors la fiction, l'auteur lui-même. Voici l'extrait :

 

"Le Sr. Bustamente semblait à moitié convaincu pour l'heure que M. Laruelle s'était laissé abuser, que le  Senor Firmin avait été au vrai une espèce d'espion ou, comme il disait, de escopion. Mais nulle part au monde, il n'y avait des gens plus humains ou plus enclins à la sympathie que les Mexicains, quelques suffrages qu'ils puissent apporter à Almazàn. Le Sr. Bustamente était tout prêt à plaindre le Consul, même en tant que escopion, à plaindre de tout son cœur la pauvre âme solitaire, tremblante, dépossédée, car il était demeuré ici à boire nuit après nuit, abandonné de sa femme (bien qu'elle soit revenue, avait presque hurlé M. Laruelle, c'était ça l'extraordinaire, qu'elle soit revenue !) et peut-être même, quand on se rappelait les chaussettes, de son pays, et errant sans chapeau et desconsolado et hors de lui à travers la ville, poursuivi par d'autres escopions qui — sans qu'il en fût jamais sûr, ici un homme à lunettes noires qu'il croyait un flâneur, là un autre traînard  vis-à-vis sur la route qu'il prenait pour un peon, là un jeune gars décharné à boucles d'oreilles se balançant follement sur un hamac grinçant — gardaient les issues de toute les rues et allées, ce que pas même un Mexicain ne croirait (parce que ce n'était pas vrai, fit M. Laruelle) mais qui restait tout à fait possible, comme le père du Sr. Bustamento le lui aurait assuré (il n'avait qu'à s'y mettre et tirer ça au clair), tout comme son père lui aurait assuré que lui, M. Laruelle, ne pourrait franchir la frontière, mettons dans un fourgon à bestiaux, sans qu' "ils" le sachent à Mexico avant son arrivée et décident déjà de ce qu' "ils" allaient faire à ce propos. Certes le Sr Bustamente ne connaissait pas bien le Consul, bien qu'il eût l'habitude d'ouvrir l'œil, mais toute la ville le connaissait de vue, et l'impression qu'il donnait, l'an dernier en tout cas, à part d'être toujours muy borracho bien sûr, était d'un homme vivant dans une crainte perpétuelle pour sa vie." 

Malcolm Lowry — Au-dessous du volcan

La photo est de Michelle Maani, prise à San Luis Obispo County en Californie. (vue ce matin dans le Daily Ray)

 

05:32 Publié dans Lecture, Livre | Lien permanent | Commentaires (0)