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30/08/2011

Le chef de gare, un film de Thomas McCarthy

Le chef de gare, un film qui m'a transportée. Comme si les acteurs étaient passés de l'autre côté du miroir. En transcendant leur rôle, ce trio de comédiens-poètes a rendu palpable une belle amitié. Un nain à la gravité légère, une mère endeuillée parfois un peu étourdie de chagrin mais sans aigreur aucune, un grand italien déguingandé, costaud et fragile tenancier de snack-bar ambulant, envahissant et discret à la fois, il y a symbiose et ouverture de leur part si bien qu'une jeune libraire ne va pas tarder à se rallier à eux. Les heurts,  les petites ruptures insupportables et la complicité qui prend le dessus. Aimable encore cette attirance partagée pour les chemins de fer. Revendiquent-ils un "droit de passage" pour ne déranger personne et se libérer du même coup  ?  Vous en saurez plus en cliquant ici :

http://videos.arte.tv/fr/videos/le_chef_de_gare_extrait_-...

 

08:41 Publié dans cinéma, Note | Lien permanent | Commentaires (0)

29/08/2011

Suite et fin du récit commencé hier (note précédente)

C’est bien connu il y a de l’eau dans le gaz entre la java et le jazz. Nous nous rendons compte que c’est aussi le cas, concernant ces trois personnes, et celle qui va suivre, entre la java et le rock ‘n roll. Un homme qui s’était installé sur le banc voisin après le départ du trio déçu, se lève et, arrivé à notre niveau, marque une pause pour nous livrer son commentaire : « Il font la gueule ! Avec la pluie il n’y a eu que trois mille personnes ! » Nous hochons la tête d’un air compatissant, la java d’humeur décidément mauvaise s’en va. En fait il y a encore beaucoup plus de monde que ne l’a affirmé monsieur Mauvais poil et les organisateurs sont ravis. Des bandes de ciel bleu s’affirment au détriment des nuages blancs, il se pourrait que le soleil revienne.

Nous voilà repartis place du beffroi. Monsieur Vigon vient juste de commencer sa prestation qui sera bonne. Les Rolling Domino’s sont à nouveau de la partie et le public est chaleureux ; ovation aussi à Monsieur Loison, organisateur en titre du festival. Entre deux chansons, Vigon le rocker, malgré tout, extériorise une certaine détresse. J’apprends qu’il a perdu sa fille de 25 ans, il y a peu. Le soleil a semblé s’évertuer à l’accompagner dès son apparition sur scène.   

08:54 Publié dans Note | Lien permanent | Commentaires (0)

par un dimanche après-midi

Cet après-midi, nous sommes allés au festival rock'n roll à pied, sous une petite pluie pas trop cinglante. Les rues de Béthune bien remplies me rappellent celles de Berck en pleine saison. Arrivés sur la place du beffroi, nous entendons The Rolling Domino’s, un groupe qui fait des reprises de Fats Domino. Concert de cuivres dont un soubassophone, une sorte de trompette géante que le musicien porte enroulée autour de l’épaule, l’évasement du grand entonnoir au-dessus de la tête. Il y a aussi piano, batterie et guitares. Tout un orchestre de virtuoses. Quelques morceaux plus tard, le chanteur annonce l’arrivée de Vigon dans l’heure suivante, et donne rendez-vous au public. Nous nous dirigeons en attendant vers le jardin des plantes.

Les bancs en fer, très ajourés, ont laissé glissé la pluie à travers leurs larges fentes. Nous sentons juste un peu d’humidité et de fraîcheur quand nous nous asseyons. La pluie tombe par intermittence ; bien assis, nous ouvrons et fermons nos parapluies respectifs selon les caprices du ciel. Un groupe de trois personnes sexagénaires, deux dames et un homme, passent devant nous. Tous trois sur leur 31, dans leur popelines crème pour les deux amies et un élégant caban pour le pygmalion.

—  Quel dommage ! Le concert d’accordéon est annulé ! Il est annulé le concert d’accordéon ? Finit par me demander une des femmes

—  Je ne sais pas, il y en a un autre sur la place.

Ils continuent leur chemin et s’arrêtent  quelques mètres plus loin.

La dame qui porte la petite casquette à carreaux en forme de ballon de rugby, après quelques conciliabules, se tourne à nouveau vers nous. "Quel dommage ! Ils ont annulé l’accordéon ! Vous savez si c’est annulé ?"

Je lui lance quelques paroles en l’air "je n’en sais rien, c’est probable." Ils se remettent à parler et décident de faire demi tour. La dame à la casquette stylée m'interpelle de nouveau en repassant devant nous :

— Vous m’avez dit que c’était annulé. Vous en êtes sûre ?

— Je le suppose seulement, à cause de la pluie peut-être. Mais il y a un autre concert sur la place.

— De la techno, très peu pour moi ! Me répond-elle

Le monsieur nous considère et déclare

— c’est vous qui faites pleuvoir avec vos parapluies.

Je note que le sien est fermé, il le tient comme une canne, c’est vrai qu’il ne pleut plus et que le nôtre est ouvert au-dessus de nos têtes. Nous avons dû louper un épisode du feuilleton météo.

Suite du récit des événements demain.

08:53 Publié dans Note | Lien permanent | Commentaires (0)