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01/09/2011

Comment la petite grenouille a perdu son fiancé

« Alors ? La vie est belle ? » demanda un crapaud à la grenouille arrivée à l’instant et dont il était amoureux.

"Vaste question ! Tant que je ne tombe pas sur un mangeur de grenouilles, je la trouve belle." répondit-elle joyeusement. Tous deux se mirent à rire en complices de vieille date et esquissèrent, en guise de bras de fer aux goinfres, une petite sarabande.

Un congénère qui avait vaguement entendu la conversation se porta à leur rencontre, trouva la demoiselle jolie, se sentit des aigreurs soudaines à l’encontre de son partenaire et déclara d’un ton mielleux :

« Crapaud, j’aimerais être à ta place ! »

La danse continuait mais le cœur n’y était plus, le rival inattendu avait quelque peu altéré l’ambiance en ce qui concernait le danseur, mais la grenouille se laissant flatter, voyait la vie de plus en plus en rose ce matin-là. 

« Je n’aime pas attendre. » insista le nouvel arrivant en ricanant de façon inquiétante.

« Alors passez votre chemin. »

Celui qu’on prenait à partie avait répondu à voix presque inaudible.

« Vous ne me répondez pas ? Je ne pense pourtant pas être de trop. »

L’importun insistait si grossièrement que la grenouille émue par tant d’attention à sa personne, finit par leur proposer le pique-nique qu’elle s’était initialement réservé dans l’espoir de les mettre d’accord. Elle sortit de sa besace quelques insectes, une petite couleuvre et l’une de ses semblables, qu’elle ne prisait pas particulièrement, tout ce monde se retrouva étourdi sur l’herbe. 

« Ah bon ! S’écria le premier prétendant. Les mangeurs de grenouilles te dégoûtent et tu consommes un des tiens ! Tu te trahis toi-même ! Adieu ! »

La grenouille s’éclipsa, déchirée d'un coup.

Sans rancune à l’encontre de son ami, elle mit du temps avant de se réconcilier avec la vie.   

31/08/2011

Honeyboy Edwards

14:11 Publié dans Musique | Lien permanent | Commentaires (0)

Loisir et innocence du plaisir

Un trop plein de frustrations accumulées risque de générer sinon la méchanceté du moins la tristesse. Ceux qui en sont atteints sont regardés comme des suspects, et pour cause. Encore faut-il se laisser des chances de retrouver la joie de vivre, à soi comme aux autres. Chacun pourrait éventuellement y mettre du sien à son niveau, au hasard des rencontres. Pensée basique qui était l'un des  thèmes du film Le chef de gare de Thomas Mc Carthy, mais pas aussi bien-pensante qu’elle n'en a l'air, soumise aux doctrines dominantes plutôt bien imbibées de cynisme ; pensée, plutôt basique comme poésie et aussi pragmatisme. À propos du film, un nain a-t-il la possibilité, par exemple, de faire du vélo ? En existe-t-il qui soient adaptés à son handicap ? sans les couleurs flashy ou autre inconvénient possible des bicyclettes conçues pour les enfants. Concernant le sport en général, pourquoi ne pas oser non plus les patins à roulettes ou autres activités, relaxantes à condition de se débarrasser des complexes.

Il faut bien reconnaître que dans le contexte actuel ces "complexes" ou réactions pudibondes nous protègent tous autant que nous sommes, plus qu’autre chose, notamment de la stigmatisation pour certains ou d‘une stigmatisation plus importante pour d'autres. Comme s’il en allait de notre dignité, à l'heure où s'accorder un peu de bon temps ne nous ferait pas de mal. Se balader sans problème en patins à roulettes à New-York, toute crainte d’être assimilée à Peter Pan ou à son homologue féminine la fée Clochette, envolée, c'est faisable, cette activité n'y étant pas vue comme infantile. Etre adulte ne devrait pas signifier de rester coincée au niveau des loisirs, « de peur de ».

I have a dream : que tous nous retrouvions l’innocence du plaisir, et n’en soyons que mieux responsable, ce genre d’adulte qui n’exige pas des personnes handicapées de l’être pour deux ou au contraire ne les cantonne pas dans le dérisoire constant, comme aux jeux du cirque.  

13:48 Publié dans Note | Lien permanent | Commentaires (0)