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30/01/2021

Retour dans la lande

Je poursuis mon chemin dans la lande, toujours plongée dans le roman de Barbey, intitulé L'ensorcelé, quand soudain La Blanche, cheval du fermier qui accompagne Barbey ploie sous la douleur d'une blessure invisible. Certes le sabot de la Blanche est déferré, mais aucune blessure à constater à la lueur de la lanterne à l'heure où le brouillard s'intensifie sur la lande et que le froid pique. L'esprit romanesque de tout adolescent qui se respecte est alors en éveil, d'autant plus que Barbey nous parle de la chouannerie qui n'était pas une ânerie pour Barbey, n'en déplaise à Victor Hugo qui préférait Napoléon.

 

Où l'on s'aperçoit que Barbey revendique un esprit de caste. Aujourd'hui nous avons les corporatismes, ce qui n'est pas beaucoup mieux.

 

Où l'on voit aussi que Barbey est très attaché à la terre comme le Wang Lung de Terre de Chine et de ce fait tout ce qui est étranger au terroir, voire vagabond est suspect. Barbey est donc en somme et à son corps défendant l'incarnation à mes yeux du paysan universel, avec ses charmes et ses maléfices. Maléfices dans le sens où le paysan lorsqu'une tuile lui tombe sur la tête pense qu'il est, dans cette région-ci, sous le coup du sort d'un berger errant. Barbey attribue l'origine des bergers errants aux Vikings : ils sont grands, avec des yeux gris, blonds... et méchants. Pour une fois que ce ne sont pas les Gitans qui trinquent, on ne va pas se plaindre. Le fermier se confie à son compagnon, (du même village que lui pratiquement), bien que l'un soit un notable, sans accent, et que l'autre parle le patois par moments, avec l'accent du coin. À noter que les barrières sociales tombent d'un coup car un honorable fermier fils de chouans et un autre chouan quoique propriétaire foncier ne peuvent pas se haïr, ne peuvent au contraire que  fraterniser.

 

L'ado qui sommeille en chacun de nous est charmé, mais bon, en en conclut malgré tout que le vagabond risque à tout moment de griller comme une saucisse sur un bûcher s'il est vu comme un jeteur de sort. On se réveille, du coup. Mais on a "l'effet "Wang Lung" en tant que lecteur : malgré leurs failles, ils sont attachants ces paysans. Du moins jusqu'ici. Je reprends mon voyage dans la Lande ce soir, après Colombo, "vagabond" à sa manière qui aurait dû ruser je pense en Normandie pour ne pas recevoir les foudres de fermiers,  suspicieux en diable dès lors que l'on évoque par sa tenue vestimentaire un bourlingueur.

 

 

18:24 Publié dans Note | Lien permanent | Commentaires (0)

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