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18/01/2008

Les territoires

Construire ensemble nos territoires

"Le terme «territoire» désigne l’ensemble des échelles géographiques appropriées (du local au global, en passant par les niveaux régional, national et supranational) qui servent de cadre de vie, de référence, d’activité et d’action de l’homme. Le territoire constitue, dans son sens général, le champ privilégié de la science géographique : il lui donne à la fois son unité et son statut. Traiter du territoire, c’est aussi tenir compte du rapport de la société à son espace et mettre en relief l’apport et la spécificité de la géographie.

Le territoire se fait progressivement avant l’habitant et avec lui. Mais il est surtout une construction continue, le résultat d’un long processus historique. Il demeure toujours à re-construire dans le sens d’une maîtrise accrue et d’une organisation spatiale plus efficace et viable pour les générations futures. Si les territoires sont des enjeux pour le présent, ils le sont surtout pour le futur.

La construction territoriale est de plus en plus une œuvre collective. En effet, le monde est devenu un village transformé par la diffusion des nouvelles technologies de la communication et de l’information (NTIC) d’un côté, et la mondialisation grandissante de l’autre. Dans ce contexte, un acteur, quels que soient son poids et sa légitimité, ne peut plus construire et organiser à lui seul le territoire, il le fait en collectivité."

Le lien

 

14/01/2008

Géographie, le Texas

Un chien, des chevaux mécaniques et du vent

Qu’est-ce qu’un pays plat ?

La sagesse locale donne la meilleure des réponses ; ne t’inquiète pas pour ton chien. Aucune chance de le perdre. Il peut s’enfuir où il veut, courir trois jours et trois nuits, jamais tu ne le perdras de vue.

Rien.

Le regard se porte un à un sur les quatre points cardinaux sans rencontrer le moindre relief. À peine un arbre salue-t-il de temps à autre. Les horizons sont nus. Il paraît qu’ils se succèdent ainsi jusqu’au Canada. Pourquoi pas jusqu’aux glaces de l’Arctique ?

Se pourrait-il que notre planète ait, sans nous en avertir, soudain cessé d’être ronde ? Heureusement, les camions, nous rappellent à la vérité scientifique. Là-bas, au loin, tout au bout des routes infiniment rectilignes, on en voit d’abord que les toits, une surface qui miroite. Peu à peu, comme ils s’approchent, ils sortent de terre. À peine passés, l’invisible courbure du sol les reprend, ils recommencent à s’enfoncer. Peut-être sont-ils timides et se cachent-ils ? Serait-ce pour cela qu’on ne voit rien de leur cargaison ?

Fin mars.

À l’infini, la terre est rouge. Et déserte : les plantations ne commenceront que début mai. Au milieu de ce vaste, si vaste vide, le voyageur le plus aguerri à toutes les solitudes sent monter en lui un besoin vital : un besoin de présence, de n’importe quelle présence. C’est dire s’il accueille avec soulagement, gaieté même, le troupeau de chevaux sombres qui paissent ça et là dans les champs. Un examen rapide lui apprend qu’il s’agit de machines et non d’animaux. Dans son cerveau, la petite ritournelle de la raison a beau ricaner : tu vois bien qu’il s’agit de pompes, aucun rapport avec la poésie ou la vie sauvage de la prairie, ce ne sont que de vulgaires pompes qui sucent du pétrole. Qu’importe. La compagnie de chevaux, même mécaniques, est bonne à prendre. Car le mouvement de ces faux chevaux a quelque chose de doux et de désespéré qui serre le cœur. Ils gémissent. Sans fin ils se penchent, se redressent et de nouveau inclinent la tête vers le sol. Salut et prière mille et mille fois répétés.

La seule autre présence rappelle les oiseaux. Ou plutôt ces imitations, ces hypertrophies d’oiseaux : les avions. Je sais bien que ce sont des engins d’irrigation, ces longs arceaux de ferraille montés sur roulettes et d’où pendouillent des tuyaux, mais je préfère tellement y voir des carcasses de dirigeables ou d’autres aéronefs qu’il me semble bientôt longer les vestiges d’un très ancien terrain d’aviation.

Plus encore que sur la mer, et battu par le même vent, le vide de ces hautes plaines du Texas appelle au secours l’imagination. On comprend que les populations locales soient si religieuses. Qui, Dieu excepté, peut peupler un tel désert ? Et puisque, selon les sources les mieux informées, Il habite le ciel, où trouver dans cette désespérante platitude meilleure référence en matière de verticalité ?

Les villages sont moins signalés que les fermes, Farm 67 Road croise Farm 72 Road. De cette intersection partent des chemins qui conduisent à d’autres fermes : la 202, c’est à droite ; la 208, à gauche.

Depuis des miles et des miles, je suis avec obstination la 303 Farm Road. Pourquoi ce choix alors que tant d’autres me tendent les bras ? Quelque chose me dit que telle est ma destination et qu’elle seule, et aucune de ses collègues, me livrera les secrets du coton texan.

Hélas, je n’atteindrai jamais la ferme 303.

Car soudain surgit à l’horizon une agglomération, je veux dire quelques bungalows à peine plus haut que la plaine :

WHITEFACE

indique un panneau qui ajoute à petites lettres timides et fraîchement repeintes :

435 habitants

Impressionnante précision qui appelle deux questions :

1. Un préposé peintre corrige-t-il le chiffre sitôt que bouge l’état civil ?

2. Où sont-ils ces 435 ?

Les voitures sont là, pick-up, quatre-quatre ou berlines, mais aucun Whitefacien, aucune Whitefacienne.

Whiteface d’où vient ce nom ?

Visage blanc, visage clair, visage pâle…

Est-ce un avertissement aux anciens habitants à peau rouge, est-ce une manière de leur faire comprendre qu’ils ne sont plus ici chez eux ?

J’avais mauvais esprit. La bonne réponse est fournie, entre deux gorgées de bière et quelques hoquets annexes, par l’adolescent qui tient la caisse de l’unique et minuscule supermarché. Spécialités : boissons sucrées, cartes postales représentant Jésus, clefs à bougies et gâteaux secs.

– Whiteface… ? C’est à cause des bêtes… les vaches si vous préférez… ici elles ont la tête blanche.

– Je n’ai vu aucune bête dans les champs.

– Je vous dis ce que disent les vieux… Les vieux se souviennent des animaux.

Erik Orsenna

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13/01/2008

Géographie

"Thème fédérateur du Congrès Tunis 2008, la construction territoriale mettra en relief la dimension opérationnelle de la géographie. En incitant les géographes à dépasser la seule analyse du territoire, la géographie confirmera son statut de science du projet social. Agir et participer à la construction ou plutôt à la re-construction des territoires constituent une dimension essentielle de la posture intellectuelle du géographe." 

 Le terme «territoire» désigne l’ensemble des échelles géographiques appropriées (du local au global, en passant par les niveaux régional, national et supranational) qui servent de cadre de vie, de référence, d’activité et d’action de l’homme. Le territoire constitue, dans son sens général, le champ privilégié de la science géographique : il lui donne à la fois son unité et son statut. Traiter du territoire, c’est aussi tenir compte du rapport de la société à son espace et mettre en relief l’apport et la spécificité de la géographie.

Le territoire se fait progressivement avant l’habitant et avec lui. Mais il est surtout une construction continue, le résultat d’un long processus historique. Il demeure toujours à re-construire dans le sens d’une maîtrise accrue et d’une organisation spatiale plus efficace et viable pour les générations futures. Si les territoires sont des enjeux pour le présent, ils le sont surtout pour le futur.

"La construction territoriale est de plus en plus une œuvre collective. En effet, le monde est devenu un village transformé par la diffusion des nouvelles technologies de la communication et de l’information (NTIC) d’un côté, et la mondialisation grandissante de l’autre. Dans ce contexte, un acteur, quels que soient son poids et sa légitimité, ne peut plus construire et organiser à lui seul le territoire, il le fait en collectivité.

Cette construction collective concerne les acteurs internes comme les acteurs extérieurs. Dans le monde actuel, la vie de chacun est déterminée de plus en plus par l’action de l’autre. La question de la gouvernance se pose tant à l’échelle locale qu’à l’échelle nationale et mondiale. Elle gagne alors en complexité et aboutit à des dérèglements et des interférences, qui se manifestent par exemple par l’ampleur des phénomènes spontanés et par l’émergence du droit d’ingérence."

Le lien.