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26/06/2011

Mon quart d'heure de philosophie approximative

Voltaire est né 44 ans après la mort de Descartes (qui mourut relativement jeune, à 54 ans). Il hérita vraisemblablement de son aîné, du concept de raison naturelle. À la naissance de Chateaubriand en 1768, Voltaire avait encore dix années à vivre. Ces derniers ont failli être contemporains étant donné la longévité de Voltaire.

Il s'agit seulement pour moi d'un rappel afin de clarifier l'enchaînement de choses politiques et historiques, en ce petit matin de cogitations sur la condition humaine. Les jacobins, dont la politique était caractérisée par le centralisme administratif républicain, bêtes noires de Chateaubriand qui perdit sa fratrie dans les évènements de la Terreur, étaient eux aussi adeptes de la raison naturelle. Une raison naturelle ou déisme, qui ne vint pas à bout de violences extrêmes, au contraire.

Comment dans une société donnée, respecter la diversité, la pluralité tout en évitant trop de cloisonnements, et créer une unité, au moins un équilibre,  qui permette l'organisation de choses viables pour tout un chacun, sachant que cela passe par le respect de la dignité de chacun ? 

Avant l'arrivée des Romains la Grande-Bretagne était composée de tribus qui se faisaient souvent la guerre. Tout est passé par un bain de sang, de boucheries successives avant qu'un peuple n'émerge.Quelques nombreux siècles plus tard, cela se passa à peu près ainsi avec la colonisation en Amérique du Sud et en d'autres contrées du monde.Il reste que les sociétés demeurent violentes.

La tolérance minimum, qui passe essentiellement par l'abandon de rapports de domination, pourrait seule aider les hommes à sortir de ce cycle infernal, que l'on soit déiste, homme de foi, ou athée, républicain ou pas. Voilà mon idée.

11:02 Publié dans Note | Lien permanent | Commentaires (0)

24/06/2011

-Histoire et poésie - ou - style classique, style moderne -

La colère est toujours injuste, c'est un peu le message de Fontanes, qui pratiquait la méditation en même temps que la mesure en poésie (le mètre pour, entre autre, la maîtrise de l'affect ?). Fontanes, ami que Chateaubriand n'a jamais trahi, même si lui, presque à contrecœur, n'a pas gardé  la forme classique de versification où il excellait et s'est dirigé vers la prose. Ciment de cette amitié indéfectible : tous deux se sentent une mission commune, une "vocation remémoratrice". Fontanes parti rejoindre Chateaubriand à Londres va même l'aider "à découvrir et mettre en œuvre cette vocation remémoratrice, mais sur l'instrument nouveau que le jeune poète en exil s'était inventé." Belle leçon de compréhension qui va même au-delà de la tolérance. En ce qui concerne Chateaubriand :"Dans les poèmes  comme La Mer ou Les Adieux, une violence émotionnelle et une fureur d'imagination inconnues de Fontanes semblent frapper à la porte de l'alexandrin et demander à la franchir pour se répandre avec plus de liberté." Fontanes ira jusqu'à jouer le rôle de conseiller littéraire auprès de son cadet, tout en restant de son côté fidèle au style classique.

 

après la courte synthèse d'un passage du livre de Marc Fumaroli, voici un extrait du même auteur : "La dissymétrie entre l'aîné et le cadet était en effet aussi patentes que leurs affinités. Pour Fontanes, l'arche de la mémoire était l'art des vers : cet art passait avant l'affectivité intime, bien que celle-ci fût appelée à circuler dans cette forme donnée et à y trouver son rythme juste et mémorable. Pour Chateaubriand c'est cela, et c'est tout autre chose : il a franchi un pas fatal à la suite de Rousseau. Et déjà dans le Génie du Christianisme la mémoire du royaume chrétien aboli qu'il s'agit de rendre aux Français amnésiques est un paysage affectif retrouvé par le poète dans ses émotions d'enfance. Cet art de mémoire fluide est moderne, et c'est bien dans cette modernité de la remémoration, autant que dans le passage du vers à la prose, que consiste sa "révolution littéraire". Elle n'atteindra son plein régime que dans son chef-d'œuvre posthume. Mais c'est une révolution à rebours de la révolution politique. Elle retourne le Rousseau musicien de la mémoire passionnée contre le Rousseau théoricien de la table rase et de la volonté générale, elle mobilise le Rousseau du Vicaire savoyard et sa religion du cœur contre le déisme de Voltaire et l'athéisme de D'Holbach.

Fontanes est assez fin et assez profond pour pressentir dès 1798, en germe dans l'Essai et les Natchez, toute la portée de ce retournement de Rousseau contre l'usage qu'en avaient fait les Jacobins, même si lui-même en était incapable, même s'il ne souhaitait surtout pas s'en montrer capable. Dès qu'il revit Fontanes à Londres, dès qu'il eut commencé à lui lire les Natchez, Chateaubriand sut de son côté que le nouveau Malherbe, son ami, l'aiderait à rendre acceptable au public français la révolution littéraire des Contre-Lumières dont il était porteur."Chateaubriand Poésie et Terreur (P. 171)

 

 

 

 

Bernard Noël

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