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18/01/2008

Les cadences infernales

« Des cadences infernales pouvant atteindre 12 à 16 heures par jour, à raison de six journées par semaine. La révolution industrielle n’a pas fait que des heureux. Avec le développement du capitalisme et la généralisation des techniques de mesure, le principe de rationalisation du temps entre progressivement dans les moeurs. Avec son cortège d’abus, marqué par la généralisation du contrôle du travail qui coïncide avec l’essor du mouvement ouvrier. Règlements intérieurs, discipline et contraintes s’opposent peu à peu à l’autonomie des salariés.Lesquels luttent désormais de pied ferme pour la défense de leurs droits et la mise en oeuvre de la semaine de 40 heures. »

Lien de l’article c’est ici

baeab58f50bb907f7e210e535186ad02.gif« Miette domine son auditoire, il le fascine, il est maître de ses effets, et son public, docile à subir l'impression, l'aime comme les foules se mettent à aimer. La mise en scène ne joue pas un grand rôle dans les exercices de Miette : une table recouverte d'un tapis traînant jusqu'à terre, afin, probablement, de cacher les dessous et les doubles fonds, quelques gobelets, des dés, des balles, des pompons, des muscades et diverses porcelaines. »

« Miette est mort en 1855 ; il n'eût pas pardonné, de son vivant, d'oublier madame Miette, qui s'associa à son sort pendant trente-cinq ans ; elle portait un immense chapeau de paille dont les bords de devant, très rabattus, lui cachaient le visage, et se livrait silencieusement au raccommodage des porcelaines, sans jamais s'étonner des lazzi de l'escamoteur, prenant toujours le même intérêt à ses exercices. Miette habitait rue Dauphine, n° 12, et recevait avec une certaine dignité tous les artistes, littérateurs et flâneurs qui, attirés par cette grande réputation, brûlaient du désir de voir l'escamoteur dans sa vie privée. »

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Chanson de François Béranger, c'est ici

07:25 Publié dans Histoire | Lien permanent | Commentaires (0)

17/01/2008

Hors champ

« Mais le danseur, interprété par Farouk Al Fishawi, artiste surpuissant et très séduisant dans la danse, n’est plus qu’un homme ordinaire quand le spectacle s’achève. Enflammée pendant toute la représentation, la star ne sait plus quoi penser de l’homme dans son habit ordinaire. La sublime alchimie du désir (de son désir violent) s’envole quand la musique s’arrête. Que va-t-elle faire de son chagrin ? »

4a9287c5520249de9b14cc17a5e58728.jpg"Retour à l’Opéra House pour la suite du programme. Grand débat sur le film américain Rendition où Meryll Streep joue le rôle d’une conseillère du président Bush pour la lutte anti terroriste. Le personnage peut se résumer en une partisane de la torture à outrance. Le film a choqué en Egypte. Mais il fournit matière à réflexion sur la manière dont la communauté arabo-musulmane est traitée aux Etats-Unis."

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Chanson de Piaf, c’est ici

 

20:45 Publié dans cinéma | Lien permanent | Commentaires (0)

La saxifrage

"La poésie qu’inventent les contemplations sort du silence que symbolise la ligne de points qui suit la date de la mort de Léopoldine. Si, comme l’explique la préface, le « tombeau » de l’enfant sépare « Autrefois » et « Aujourd’hui », cette seconde coupure, intérieure à « Aujourd’hui » est un second tombeau, celui de la poésie antérieure à l’exil. La poésie née de ce silence est une « sombre fleur de l’abîme » (« À celle qui est restée en France »). La métaphore est filée d’un bout à l’autre du recueil : » humble marguerite, éclose au bord d’un champ,/ Sur un mur gris », « petites fleurs d’or du mur qui se dégrade », « fleur des murailles », « âpre fleur des dunes », fleur « pâle » croissant « aux fentes du rocher », toutes ces fleurs n’en font symboliquement qu’une, la saxifrage. Cette plante, qui croît dans les fissures des rochers et des murs – jusqu’à selon l’étymologie, briser la roche – , définit la poésie comme acte de résistance : elle ne croît pas malgré l’aridité du sol, elle naît paradoxalement de cette aridité même, et tend ses forces contre elle.

La poésie éclôt sur l’abîme, désigné par la métaphore du « mur » ou des « murailles d’airain ». L’image biblique du mur d’airain s’applique, dans Les Contemplations, au ciel « insondable », mais aussi à la misère, où « tout est d’airain, tout est de fer », et à Paris, « cité de feu, de nuit, d’airain, de verre ». Le Second Empire (ou Paris) et la misère posent donc, dans l’ordre politique et dans l’ordre social, la question que la mort de l’enfant pose dans l’ordre métaphysique : celle de l’existence du mal. La poésie, « sombre fleur de l’abîme », croît dans les fissures des murailles terrestres – l’oppression politique et sociale – pour briser celle du « ciel d’airain » : celles-ci sont en effet le prolongement dans l’infini de celles-là. Il est remarquable que la saxifrage définisse, un siècle plus tard, la poésie d’une autre Résistance, celle de René Char confronté au nazisme : « Fureur et mystère tour à tour le séduisirent et le consumèrent. Puis vint l’année qui acheva son agonie de saxifrage".

Ludmila Charles-Wurtz

Si vous désirez voir une photo de Léopoldine Hugo, cliquez ici

Aurore

Oui, je suis le rêveur…

Oui, je suis le rêveur ; je suis le camarade

Des petites fleurs d’or du mur qui se dégrade,

Et l’interlocuteur des arbres et du vent.

Tout cela me connaît, voyez-vous. J’ai souvent,

En mai, quand de parfums les branches sont gonflées,

Des conversations avec les giroflées ;

Je reçois des conseils du lierre et du bleuet.

L’être mystérieux, que vous croyez muet,

Sur moi se penche, et vient avec ma plume écrire.

J’entends ce qu’entendit Rabelais ; je vois rire

Et pleurer ; et j’entends ce qu’Orphée entendit.

Ne vous étonnez pas de tout ce que me dit

La nature aux soupirs ineffables. Je cause

Avec toutes les voix de la métempsycose.

Avant de commencer le grand concert sacré,

Le moineau, le buisson, l’eau vive dans le pré,

La forêt, basse énorme, et l’aile et la corolle,

Tous ces doux instruments, m’adressent la parole ;

Je suis l’habitué de l’orchestre divin ;

Si je n’étais songeur, j’aurais été sylvain.

J’ai fini, grâce au calme en qui je me recueille,

À force de parler doucement à la feuille,

À la goutte de pluie, à la plume, au rayon,

Par descendre à ce point dans la création,

Cet abîme où frissonne un tremblement farouche,

Que je ne fais plus même envoler une mouche !

Le brin d’herbe, vibrant d’un éternel émoi,

S’apprivoise et devient familier avec moi,

Et, sans s’apercevoir que je suis là, les roses

Font avec les bourdons toutes sortes de choses ;

Quelquefois, à travers les doux rameaux bénis,

J’avance largement ma face sur les nids,

Et le petit oiseau, mère inquiète et sainte,

N’a pas plus peur de moi que nous n’aurions de crainte,

Nous, si l’œil du bon Dieu regardait dans nos trous ;

Le lys prude me voit approcher sans courroux,

Quand il s’ouvre au baiser du jour ; la violette

La plus pudique fait devant moi sa toilette ;

Je suis pour ces beautés l’ami discret et sûr ;

Et le frais papillon, libertin de l’azur,

Qui chiffonne gaîment une fleur demi-nue,

Si je viens à passer dans l’ombre, continue,

Et, si la fleur se veut cacher dans le gazon,

Il lui dit : « Es-tu bête ! Il est de la maison. »

Victor Hugo - Les Roches, août 1835.

 

12:30 Publié dans Poésie | Lien permanent | Commentaires (0)