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24/12/2012

Abel Pollet

« C’est le 9 octobre 1873 que naquit à Vieux Berquin, alors simple hameau entre le Gorgue et Bailleul, Abel Pollet. Dix jours plus tard, la cloche de la petite église tintait allègrement. On célébrait le baptème du petit chérubin, et toute une famille du « Bas pays » flamand se trouvait à la fête. L’enfant n’allait d’ailleurs que « croître et embellir »… Premier au catéchisme, premier à la classe de la petite école de Strazeele, c’est à belles dents qu’il dévorait la vie! Il surprenait aussi ses maîtres par sa vivacité d’esprit, ses réparties « de grandes personnes », un certain penchant pour se mettre en avant ! Or, qui l’eut cru, c’est le jour de sa première communion qu’Abel allait commettre son premier vol!

Une mesquinerie… une bêtise… mais déjà l’ébauche chez un gosse au bord de l’adolescence, d’une certaine révolte contre son environnement! À la suite d’une discussion de cour d’école avec un autre élève de sa classe de catéchisme! Le fils du bijoutier.

C’est ainsi qu’il va le raconter aux juges :

— Roland m’avait dit que chez lui, cela allait être une grande fête! Il était jaloux de mes succès scolaires, et m’avait dit un jour : «  Ce n’est pas la peine d’être premier en classe et de ne pas avoir un rond en poche! Moi, il me suffira de reprendre l’affaire de mes parents, et l’argent continuera à affluer dans le tiroir-caisse! »

Réflexion puérile et cruelle…!

N’empêche, le lendemain, profitant du moment où tout le monde allait à la messe, Abel Pollet, Brassard de premier communiant flottant au vent, commettait son premier vol! Il faisait sauter avec un tournevis le fameux tiroir-caisse du bijoutier et y plongeait avidement les deux mains!

Six mois de maison de correction

Eucharistie, brassards et aubes blanches ou pas, une dame du village avait vu « le manège » du petit Pollet et l’avait dénoncé aux gendarmes! Il ne restait plus qu’à le « cueillir » à la sortie pour l’interroger, et découvrir dans ses poches, un peu de monnaie mais aussi une belle gourmette en or!

Il n’avait pas douze ans… mais déjà la République avait prévu pour lui ce que l’on appelait à l’époque « la maison de correction »! Les juges le condamnèrent à six mois de fréquentation de cette sorte de vie sous surveillance… Avec une tutelle volontaire, mais forcément sévère, de quelqu’un qui trouvait là une manière d’appoint dans son négoce ou son entreprise! Il était, dans le même temps, ce que l’on appelle maintenant « sous contrôle judiciaire »! Horaires, vêtements particuliers, pas de discussions et pas de choix, ils étaient loin pour le petit Abel, les lauriers du certificat d’études et de l’instruction civique!

"Son  tuteur" n’était autre qu’un marchand de bestiaux du Pas-de-Calais, du côté d’Hinges. Il l’avait pris comme commis… et la compagnie des animaux semblait lui plaire! De même, le chevilleur l’amenait d’un village à l’autre, afin d’acheter les bêtes… et il ne pouvait manquer d’être impressionné par les liasses de billets de banque, avec lesquelles jouait son patron, long sarrau noir sur pantalon de velours, chapeau de feutre et baguette à la main!

Bien sûr aidait-il souvent à conduire les bêtes à l’abattoir ? Quand ce n’était pas la mise à mort dans la clandestinité, afin d’échapper aux taxes et aux contrôles!

Ainsi, dira son avocat, Abel Pollet allait peu à peu apprendre à rester impassible devant le sang qui coule, et accepter comme monnaie courante la rudesse avec laquelle on se comporte parfois dans ce métier!

Facile, bien sûr, de trouver dans les pratiques bien particulières de la "cheville" et de la boucherie des ressorts psychologiques bien précis… Analyse d’expert? Toujours est-il que la sauvagerie avec laquelle Abel Pollet allait plus tard exécuter ses victimes montre qu’à cet âge, dans cette ambiance, il avait déjà du mal à faire un distinguo. »

Avenir de l’Artois, extrait de l'article de Jean Hemery

Je suis allée chez mes parents hier, ce fut un moment agréable ; ma mère m’a donné des tas de coupures de journaux. J’en ai lu quelques-unes ce matin, notamment celles concernant l’épopée tragique des frères Pollet. Ces criminels ont versé dans un sadisme qui a quelque chose à voir avec Orange Mécanique. Est-ce cette affaire judiciaire qui valut au bourreau venu de Paris pour exécuter la bande de meurtriers le surnom de bourreau de Béthune ? Ou s’agit-il d’un autre bourreau encore ? Demain je mettrai un extrait de l’article concernant l’histoire de la fabrication des briques du Nord, j’aime les nomades mais aussi les bâtisseurs de maisons et autres monuments… si leurs œuvres valent le coup d’œil bien entendu.

10:03 Publié dans Lecture | Lien permanent | Commentaires (0)

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