21/03/2009
Lectures
Librairie hier, où je me suis procuré, « Les grecs et nous » de Marcel Detienne, deux cent vingt pages à contre-courant des idées reçues d’après la post face. (J’en commence la lecture tout à l’heure) et Bibliothèque municipale où sans le chercher j‘ai trouvé « Contes Derviches » de Idries Shah. J’en ai déjà lu trois, dont un que j’ai mis en ligne hier soir. Comme vous le constaterez, c’est beaucoup plus que de la littérature ordinaire, il s’agit de poésie-enseignement. Avec ces deux bouquins, et mon entourage félin, impossible de m’ennuyer ce week-end. J’en espère de même pour vous.
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Le chat
I
Dans ma cervelle se promène,
Ainsi qu'en son appartement,
Un beau chat, fort, doux et charmant.
Quand il miaule, on l'entend à peine,
Tant son timbre est tendre et discret ;
Mais que sa voix s'apaise ou gronde,
Elle est toujours riche et profonde.
C'est là son charme et son secret.
Cette voix, qui perle et qui filtre
Dans mon fonds le plus ténébreux,
Me remplit comme un vers nombreux
Et me réjouit comme un philtre.
Elle endort les plus cruels maux
Et contient toutes les extases ;
Pour dire les plus longues phrases,
Elle n'a pas besoin de mots.
Non, il n'est pas d'archet qui morde
Sur mon coeur, parfait instrument,
Et fasse plus royalement
Chanter sa plus vibrante corde,
Que ta voix, chat mystérieux,
Chat séraphique, chat étrange,
En qui tout est, comme en un ange,
Aussi subtil qu'harmonieux !
II
De sa fourrure blonde et brune
Sort un parfum si doux, qu'un soir
J'en fus embaumé, pour l'avoir
Caressée une fois, rien qu'une.
C'est l'esprit familier du lieu ;
Il juge, il préside, il inspire
Toutes choses dans son empire ;
Peut-être est-il fée, est-il dieu ?
Quand mes yeux, vers ce chat que j'aime
Tirés comme par un aimant,
Se retournent docilement
Et que je regarde en moi-même,
Je vois avec étonnement
Le feu de ses prunelles pâles,
Clairs fanaux, vivantes opales
Qui me contemplent fixement.
http://wheatoncollege.edu/Academic/academicdept/French/Vi...
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