05/09/2008
Baudelaire
La servante au grand coeur dont vous étiez jalouse
La servante au grand coeur dont vous étiez jalouse,
Et qui dort son sommeil sous une humble pelouse,
Nous devrions pourtant lui porter quelques fleurs.
Les morts, les pauvres morts, ont de grandes douleurs,
Et quand Octobre souffle, émondeur des vieux arbres,
Son vent mélancolique à l'entour de leurs marbres,
Certe, ils doivent trouver les vivants bien ingrats,
A dormir, comme ils font, chaudement dans leurs draps,
Tandis que, dévorés de noires songeries,
Sans compagnon de lit, sans bonnes causeries,
Vieux squelettes gelés travaillés par le ver,
Ils sentent s'égoutter les neiges de l'hiver
Et le siècle couler, sans qu'amis ni famille
Remplacent les lambeaux qui pendent à leur grille.
Lorsque la bûche siffle et chante, si le soir,
Calme, dans le fauteuil, je la voyais s'asseoir,
Si, par une nuit bleue et froide de décembre,
Je la trouvais tapie en un coin de ma chambre,
Grave, et venant du fond de son lit éternel
Couver l'enfant grandi de son oeil maternel,
Que pourrais-je répondre à cette âme pieuse,
Voyant tomber des pleurs de sa paupière creuse ?
08:43 Publié dans Poésie | Lien permanent | Commentaires (0)
"Créer l'homme et lui donner l'être"
« La modification des .pensées par soi-même (qu'elle soit pensée ou non) correspond assez bien à ce que l'usage appelle réflexion ou activité intellectuelle ou raisonnement. Quand cette modification est pensée, elle devient jugement ce qui implique que chez un être conscient, les jugements sont inévitables). »
"Un humain qui serait entièrement contrôlé par son environnement, sans aucune possibilité de rétroaction (d'action sur lui-même) continuerait-il longtemps à être conscient ? Etr un être contrôlant totalement ses sensations, au point de ne pas connaître le monde extérieur ? (Contrôlabilité =possibilité d'action sur soi n'est pas un contrôle effectif permanent et total.)"
08:00 Publié dans Philosophie | Lien permanent | Commentaires (0)


